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Croyance et posture [1er fév. 2007|07:17 pm]
RacReciR

Une amie a lancé une passionnante discussion sur les mobiles qui poussent les gens à pratiquer leur foi.
Si on considère que le désir d'argent ou de pouvoir sont un dieu, je pense ne pas me tromper en supposant que tout le monde est croyant et pratiquant.
La question soulevée était que la plupart des motivations sont dictées par des considérations "négatives".
C'est souvent par dépit que la plupart des croyants deviennent Chrétien, Musulman, Bouddhiste, athée, scientiste, financier, champignon ou maître du monde.
Je ne parle pas de la religion affichée, mais celle vécue et pratiquée tous les jours.
C'est ainsi que j'ai abjuré enfant le catholicisme qui est ma religion de naissance.
J'ai considéré rationnellement qu'il y avait un écart tel entre l'enseignement et la pratique que cela insultait mon intelligence.
On ne peut pas me seriner l'amour du prochain, la charité et lancer des croisades et des discours d'exlusion en tout genre, trucidant consciemment des millions de ses prochains.
N'étant pas convaincu par une autre religion, et par ignorance de certaines philosophies orientales dont je n'avais que les préjugés occidentaux, l'oriental que je suis s'est cantonné pendant des décennies dans un scepticisme ouvert.
Je ne suis pas croyant mais je ne demande qu'à être convaincu.
Et j'ai généralisé cette phrase à toutes mes pensées.
Ma brillante carrière universitaire et professionnelle sont là pour prouver que j'ai toujours assumé les choix en toute conscience.
Ne jamais rien faire pour des considérations négatives.
Sauf si c'est une question de vie ou de mort, et encore !
Je me suis toujours débrouillé pour prendre mes jambes à mon cou quand j'ai senti que la question de vie ou de mort pouvait se poser. A beaucoup de niveaux dont le sens premier.
J'ai aussi fait hara-kiri dans la plupart des postes que j'ai occupés parce que j'ai estimé que c'était le moyen le plus efficace pour faire avancer une idée à laquelle je croyais.
Attirer tellement l'attention sur un point qu'il ne soit plus possible de l'ignorer.
C'est ainsi que j'ai amené l'informatisation et la sensibilisation aux nouvelles technologies dans les différentes administrations que j'ai servies.
Mon souci n'a jamais été de faire de la techno pour faire de la techno.
Je n'en ai presque rien à faire.
L'informatique a été pour moi une leçon de logique, une école pour débusquer les erreurs de raisonnement, une façon de raisonner qui ne laisse pas de place à l'irrationnel (dans le sens commun).
J'aime bien aussi, et c'est une vanité, imaginer et construire des architectures virtuelles.
ce sont ces mêmes moteurs qui me poussent à travailler Bach au piano.
Ca ne veut pas dire que je pense tout comprendre.
J'entends tout discuter, ce n'est pas la même chose.
C'est ainsi que le moteur principal (le vrai pas celui affiché) qui m'a animé pendant toutes ces années d'informatisation forcenée était la propagation urbi et orbi de la connaissance.
Internet permet de se renseigner sur tout et en temps réel.
La plupart des contacts et des personnes que je connais et respecte le sont par ce canal.
Les religions ont toujours tout fait pour museler l'information et la contrôler.
Il en est de même pour la politique et beaucoup d'autres sujets.
Il faut que la connaissance soit accessible au plus grand nombre.
Que les gens préfèrent regarder du cul plutôt que de lire des textes scientifiques, de la philosophie ou que sais-je, ne me regarde pas.
Ils ont tous les moyens désormais de se renseigner.
De là à savoir !

Cela était possible tant que l'information nécessitait un support matériel, physique.
Si on peut brûler un bonhomme ou un bouquin alors on peut brûler l'idée.
Désormais, une idée peut continuer à se propager sans support matériel (ou presque).
Il est déjà difficile d'exercer une réelle censure en 2007.
Dans quelques années cela sera impossible.
Une intelligence humaine éduquée accédant à la noosphère dans quelques décennies disposera de toutes les informations pour reconnaître et détecter (comment) qu'elle est asservie.

Elle choisira peut-être de l'accepter mais elle pourra savoir qu'elle l'accepte.
Et elle se posera alors des questions pour trier les raisons vitales des superflues.

Cela était indispensable au vu de la rapidité de la dégradation de la biosphère.
Si des français coupent leur compteur entre 19h55 et 20h pour dire "stop", c'est parce que l'information a été relayée en temps réel et en masse. Tous les médias physiques et virtuels en ont parlé.
Mais ce n'est qu'un exemple parmi des millions possibles.

Je peux agir en n'étant pas convaincu du résultat mais je n'agis jamais si je suis convaincu du contraire.
La conviction que j'établis pour un sujet donné doit être régulièrement évaluée.
Je procède donc à ces évaluations aux cours de séances de "méditation" où je me dé-con-centre, souvent au piano (où je récite les inventions comme des mantras), devant un ordinateur ou au calme d'une pièce.

C'est ainsi que j'ai toujours refusé d'adopter une croyance transcendante par "dépit", par peur de mourir, de vivre, pour pallier les malheurs du quotidien, ...
Ce n'est pas une raison suffisante. Je dois y croire.
Il m'a donc fallu des années d'errance et de réflexion (ce n'est pas l'expression d'un quelconque regret, c'est le temps d'apprentissage qui s'est révélé nécessaire à l'animal que je suis) avant de pouvoir adhérer au Bouddhisme.
Je ne sais pas si le but qui y est décrit est vrai mais je peux adhérer à tout le chemin et je veux bien le croire jusqu'à preuve du contraire.
J'accepte aussi de ne pas comprendre.

Il faut donc faire confiance.
C'est la question du guide spirituel qui a longtemps marqué les limites de mon engagement personnel.
Quant à l'adhésion formelle à une sangha, c'est une question de timidité ou de crainte déplacée.
J'ai sans doute peur quelque part de me tromper encore une fois (et j'ai en tête ces images mortifères de personnes venant déverser leur amertume dans un pot commun).
Je sais qu'il n'y a plus de solution logiquement acceptable (à laquelle je puisse adhérer philosophiquement) hors celle-ci.
Et je sais le temps que j'ai perdu.
Ce méta-moteur qui a ainsi animé ma vie, positivement, peut donc adopter le Bouddhisme comme philosophie de vie.
C'est ce que je vis avec toutes les imperfections dues aux milliers de voiles que je peux avoir.
J'ai fini par trouver une voie philosophique où tout ce que j'ai compris me convaint.
Il me reste une infinité d'enseignements à comprendre et le temps est compté.
Je sais pouvoir avancer joyeusement.
Il en a toujours été ainsi.
Moi, je le sais.
J'aime apprendre même, surtout, si c'est difficile.
Et ça ne me dérange pas de me tromper.
Je prends rarement l'erreur personnellement.
C'est, paradoxalement, la raison qui pousse mon entourage à considérer que j'ai un ego démesuré.
Je ne vais pas, en plus de me tromper, pleurer sur mon sort. C'est une perte de temps sèche.
Le corps impose des contraintes physiques que je subis comme tout le monde.
Mes capacités cognitives sont limitées.

La limite principale est le moteur : je fais toujours confiance pour l'essentiel dans les relations que j'entretiens.
Il est donc inévitable que je me trompe.
Je me trompe quand je fais une erreur de calcul/intuition ou qu'on me trompe délibérément.
Il n'est donc pas question de changer de moteur, c'est lui qui détermine ma foi.

Il est aussi important d'apprendre à rapidement mesurer ces contraintes physiques (pour les annuler) si l'on veut comprendre quelque chose de transcendant.
Il faut donc accepter comme un postulat qu'on ne comprendra jamais tout simultanément.
Pas dans un monde physique, ce n'est pas possible.
Sauf en disposant d'un temps infini.
C'est de la logique pure.


Quant à mon adhésion effective au Bouddhisme, dans la pratique quotidienne j'entends, pas dans la technique, je l'ai accomplie virtuellement il y a des années de cela.
Je n'y avais pas mis de mot intérieurement.
Je n'étais pas assez humble pour l'admettre devant un miroir.
J'accepte désormais que la question du guide spirituel soit ouverte.
J'en ai compris la nécessité philosophique et logique.
Il est des voiles que seul un autre peut voir, décrire et déchirer.

C'est donc une quête positive dans laquelle je peux désormais m'investir.

J'accepte aussi d'avance de ne jamais trouver.
C'est comme le père noël, Il n'y a pas de terre promise.
Je sais que je ne ferai jamais de mal à personne.
Pas volontairement.
Par bêtise, par ignorance sans doute (et c'est le pire mal qu'on puisse faire).
Pas consciemment.

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