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RacReciR

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Compassion bien ordonnée ... [9e mai. 2007|11:44 am]
RacReciR
[Humeur |contemplativecontemplative]

pas de deuxJe suis allé écouter le 12è Gyalwang Drukpa.
J'ai ainsi découvert un homme de 43 ans à l'humour acéré, féru de mathématiques et de technologies de pointe.
Manifestement épuisé par sa journée.

Une conférence ayant la compassion pour objet et sujet.
Une démonstration par récurrence.
Pour qu'il y ait compassion, il faut au moins 2 personnes.
La compassion dans le couple (le pas de deux le plus difficile à régler) démontrant donc la méthode pour n=2.
Il y a deux façons d'aborder la vie en couple : la première, traditionnelle, consiste à pourrir la vie de son conjoint en cherchant les mille et une façons originales de l'asservir, d'aliéner son individualité et toutes ses libertés.
Passer sa vie à le harceler de demandes, de reproches, de critiques, le rabaisser, le rendre dépendant et que sais-je encore.
Il ne faut alors pas s'étonner que ce conjoint, ému par tant de sollicitude, mette à son tour sa débordante imagination en branle et s'ingénie à vous pourrir la vie en juste retour des choses.
Combien de couples ne sont-ils pas construits sur un schème semblable ?

La compassion, selon Sa Sainteté, consiste à déployer et mettre en oeuvre une technologie de pointe (ses propres termes).
Une technologie spirituelle, bien entendu.
L'intelligence et l'habileté des moyens.
Etre compatissant, c'est n'exiger qu'une seule chose de son conjoint : qu'il soit heureux.
Mettre son ego de côté, ne plus s'en soucier et déployer toute son intelligence pour atteindre un seul but : rendre l'autre heureux.
Avec toute l'habileté et le doigté nécessaires.
Non pas que l'on soit si petit et insignifiant qu'il faille considérer que l'on ne mérite aucune attention, bien au contraire.
Réaliser que l'ego est l'obstacle principal qui dénature et teinte la plupart de nos interactions.

Faites aux autres ce que vous voudriez que l'on vous fît.
Nous sommes l'objet le plus important mais c'est justement celui que, par ignorance, nous traitons le moins bien et, tant qu'à faire, le mettre de côté, l'ignorer, c'est déjà mieux le mieux traiter que de le desservir.
Ayant intelligemment rendu son conjoint heureux, il est raisonnable d'espérer que celui-ci soit alors, naturellement, en disposition de vous rendre la pareille.
C'est donc par ricochet, par effet de bord, que l'on obtient son bonheur en réalisant celui de l'autre.
Celui-là venant en supplément, comme la petite cuiller qui vous est offerte pour vous remercier de l'achat d'un service de table !
Puisque ça marche pour n=2, ça marche pour n=3 (la démonstration est triviale) d'où, par récurrence, la démonstration du théorème.

Et l'amour, bordel ?
L'amour, c'est la compassion en action.
Une fois la première définie, il devient alors possible de mieux comprendre et de mettre en oeuvre la deuxième.
Nul besoin d'ego ou d'attachement.
C'est juste la méthode la plus intelligente de réaliser son propre bonheur : être entouré de personnes dont on se soucie en permanence et dont on a garde, par la moindre de ses actions, d'aliéner la liberté.

Et c'est le seul miracle qui vaille la peine d'être mentionné.
Bien plus difficile à réaliser que tous les tours de passe-passe destinés à faire s'esbaudir le chaland !
Dans un monde que l'on veut bien se (com)plaire à imaginer illusoire, que peut bien valoir une illusion de plus que figurerait un miracle mondain tel que traverser un mur ou marcher sur l'eau ?
Sa Sainteté a, incidemment, raillé la vision compassée de la compassion (au niveau des humbles mortels). Celle du mouton qui, par faiblesse, par veulerie, se laisse marcher sur les pieds et remercie son bourreau.
Non, dans une première intention, cela n'est pas de la compassion. C'est l'attitude du plus faible qui, à défaut de pouvoir se venger des mauvais traitements reçus, montre bonne figure en ruminant de sombres pensées.

Le programme de la soirée prévoyait 3 parties : une conférence sur le miracle de la compassion, la transmission du mantra de la compassion et une offrande de Kathak.
L'auditorium où se donnait la conférence étant plein à craquer, le Drukpa a donné la transmission du mantra "Aum mani padme hum" vers 22h30 (après quelques questions dont la qualité lui a fait s'interroger à voix haute "me suis-je si mal fait comprendre que ça ?") puis, rappelant qu'il avait eu une journée épuisante, il ne pouvait cependant pas refuser la demande de bénédiction, assurant qu'il resterait le temps nécessaire pour satisfaire tous ceux qui la souhaitaient, tout en remerciant d'avance ceux qui jugeraient qu'ils pouvaient s'en dispenser et rentrer chez eux à cette heure tardive.

J'ai alors vu, incrédule, la foule se mettre en branle pour faire la queue et défiler devant Sa Sainteté qui a béni à tour de bras pénitent après l'autre tout en chantant le mantra en boucle.
J'ai compté, à vue de nez (que j'ai généreux), qu'il faudrait entre une et deux heures pour que la bénédiction fût terminée !
J'ai donc considéré que sa dernière phrase en était une et suis rentré chez moi méditer sur ses autres bonnes paroles.
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Comments:
(Deleted comment)
[User Picture]From: ricercar07
2007-05-17 06:47 am (UTC)
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