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fourbu - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
RacReciR

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fourbu [12e juin. 2007|11:05 am]
RacReciR
Petite sieste hier en rentrant du bagne.
J'ai rêvé qu'un homme en noir avec un attaché-case frappait à la porte : "Bonjour, je suis la mort".
Je me suis bien entendu réveillé en sursaut et ai appelé ma mère.
Celle-ci, que j'avais emmenée au restau ce we et qui était plutôt en forme, était très fatiguée.
Elle a répété plusieurs fois certains éléments de discours de son monologue et la conversation qui, d'habitude dure 10 minutes, s'est étalée sur 25.

Ce matin donc, je me suis réveillé à 5h00, avec un sentiment d'oppression que j'ai, vaille que vaille, évacué par la pensée.
8h. Sa gardienne m'appelle. Elle a été prévenue par les voisins d'en face qui la voyaient debout en train de s'aggripper aux meubles.
Elle a manifestement passé une nuit d'inconscience et était en train de grelotter.
Appel à la famille, à la clinique, à l'ambulance....
Elle est arrivée à la clinique pour être dialysée et mise en observation vers 11h.
Je vais y aller dans quelques minutes pour mesurer son état.
Top chrono.

A la clinique donc depuis 11h30. J'ai dû tout faire une fois que ma tante l'avait accompagnée.
Prévenir le médecin, demander des antalgiques, monter m'assurer que la chambre était faite.
Appeler le brancardier.
La monter dans sa chambre.
La tenir pendant 3 h.
L'écouter en train de babiller,  me tenir des discours idiots.
Demander une perf.
Passer des heures à l'empêcher de l'arracher.
Exiger une dialyse.
Exiger tout de suite.
Faire appeler le brancardier.
Attendre une demi-heure.
La voir en train de dérailler.
Aller vérifier que la machine est apprêtée.
La descendre en dialyse... et puis rebelote.
Agitée comme un ludion, cognition d'un colimaçon, ...du grand n'importe quoi.

Et une apparence de normalité : répondant aux questions, n'importe quoi mais répondre.
"Donne moi le bras. Je veux me lever. Pourquoi tu es méchant avec moi ? Libère-moi s'il te plaît. Je vais pleurer. Maman. Mon chéri, je te donne du souci. "

J'écris d'ailleurs cependant que je l'empêche de sortir du lit et d'arracher tous les tuyaux de dialyse.
Et ses jambes qui vont dans tous les sens. En train de geindre , de gémir, de râler... au vrai sens du terme pour une fois.

"Pardon, excusez-moi, je n'en peux plus."
Ce sont ses mots, pas les miens.

Elle en est réduite d'ailleurs à un vocabulaire de 40-50 mots et une mémoire de 20 secondes.
Beaucoup moins qu'un perroquet en somme.

J'ai passe la journée auprès d'elle pour l'empêcher de dérailler. Elle n'a pas arrêté de gigoter une seule seconde.
Quitté à 19h quand le somnifère qu'on lui a administré a enfin fait son effet.
Je suis fourbu, mort de fatigue, pire qu'un marathon.

Demain est un autre jour.

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