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Propagation d'erreurs - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
RacReciR

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Propagation d'erreurs [5e mar. 2008|10:16 am]
RacReciR
miroir miroir...

C'était hier où je finissais de lire, dans le RER qui me ramenait au bercail, un récit qui me remplissait de confort et d'aise.
Trônant sur mon strapontin près de la porte, j'ai réalisé à un moment que mon voisin de gauche suivait mon texte des yeux puis, n'y voyant pas d'objection, n'y ai plus prêté attention.
Arrivé à bon port commun, ledit voisin et moi descendons de la rame et celui-ci d'engager la conversation : "Le livre que vous lisez semble intéressant ...".
Nous avons
alors échangé quelques badineries avant de nous séparer courtoisement à la sortie de la station.
Je me rendais cependant compte, tout au long de notre échange, que je contrôlais de la peur.
Et que cette peur voilait ma communication.
Oh, rien de catastrophique bien entendu mais de façon totalement irraisonnée et irrationnelle.
En dépendance de la simple interaction avec ce pauvre hère.
Je ne pense même pas que mon voisin ait pu s'en douter.
Je suis cependant resté coi de longues minutes, contemplant ma couardise.

Le problème principal de la communication est que celui auquel on pense, et parfois s'adresse, se sent souvent obligé de répondre.
C'est ballot mais c'est comme ça et c'est ce qui fonde les relations sociales et les amitiés.
Et c'est la graine de la pomme (biblique) de la discorde.
Celle qui saisit l'ignorance qui lui est exprimée, jetée à sa face.
Alors que, comme tout ce qui est exprimé, réifié, est vide (pour l'usage) puisqu'en dépendance de causes extrinsèques.
Et si on a l'impression qu'il y a quelque chose c'est qu'on s'est laissé berner par une illusion, germe qui va nourrir et entretenir l'ignorance qui a créé ce quelque chose.
La roue du samsâra en mouvement.
D'une efficacité qui n'est pas à démontrer.


Pour répondre, le locuteur doit se faire un modèle du contexte du propos et des circonstances dans lesquelles il a été tissé (mis sur le tapis).
Il faut ensuite que son expérience personnelle l'ait armé d'éléments pertinents qui vont lui permettre d'alimenter et de broder le sujet (en remettre une couche).
Rentre rapidement en jeu
une question de confiance dont la résolution va entraîner plus ou moins vite la solidification du quiproquo (ce propos étant du passé qui se mord la queue).
Celle accordée aux termes tenus.


Le discours peut-il être pris au premier degré (les anglo-saxons disent "at face value", on se dit ses quatre vérités en face) sans arrière pensée et sans aucune idée de duperie ?
Cela ne veut absolument pas dire que le locuteur ne se trompe pas.
Il se trompe résolument mais il l'ignore.
Il est simplement de bonne foi.
Si la communication n'établit pas rapidement la bonne foi des locuteurs c'est rapidement la guerre qui, d'interprétation abusive en interprétation suspicieuse, va induire un gap dans les différentes représentations mentales que se font les uns des autres.
Lequel gap se transforme en chiasme en l'absence de message d'acquittement (que nos amis anglais appelleraient "aknowledgment") : voici ma définition de "x" (l'objet du discours) et voici ce que je crois être la tienne.


Il est évident que, en l'absence de confiance réciproque, jamais personne ne s'aventurera à rentrer dans la danse. Le premier qui parle est en effet assuré de perdre la partie si sa confiance est mal placée.
Il n'est pas question de donner sa "vraie" définition de "x" et encore moins celle qu'il attribue à son interlocuteur.
Il exposerait trop aisément les éléments de son ignorance, mettant son ego à vif.


Il n'y a que face au grand silence que la communication peut être éventuellement établie, dans un temps incommensurable.
Les premières conversations que l'on se tient, ressemblent à celles d'un pigeon amoureux de sa propre image et roucoulant pour séduire la belle qui l'illusionne.
Et comme tout amour dépendant de causes extérieures, celles-ci viennent un jour à changer ou la lassitude s'installer et le pigeon d'en face paraît soudain racorni.
C'est toujours le même profil qui se présente, toujours la même lumière.
Il arrive quand même un moment, où un défaut point dans le magnifique ramage qui se présente à notre vue.


Tous les discours divisent.
Quel que soit le nombre de locuteurs, la mésentente est évidente dans le monde qui est perçu extérieur, où n>=2.
Il y a peu d'individus qui acceptent de la voir et de l'accepter dans leur monde intérieur, n=1.

Essaye en revanche de faire une division par 0.
C'est-à-dire dans un espace sans temps (où la diffusion de toute information est perçue simultanée).
Dans un plan où hier, aujourd'hui et demain n'ont pas de signification.
Ce n'est même pas une fugue inachevée mais une fugue in-entamée
C'est simplement inconcevable.
Il n'y a rien à dire pour n=0.

J'aurais dû virer toute couleur à ce billet.
Il est entendu que, fondamentalement, ce discours est à ma seule adresse.
Miroir, miroir, suis-je le plus beau ?

Le vide sidéral qui précède et qui suit a été écrit par RiceRcaR à l'intention de son miroir John.
Puisse-t-il () servir !

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