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Préparation à la mort - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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Préparation à la mort [23e mar. 2008|11:40 am]
RacReciR
Il faut mourir; on ne meurt qu'une seule fois; rien n'est important comme la mort, parce que du moment de la mort dépend notre bonheur ou notre malheur éternel: autant de vérités dont tout le monde convient. Tout le monde sait également que la mort sera bonne ou mauvaise, suivant qu'on mène une bonne ou une mauvaise vie. Comment se fait-il néanmoins que les chrétiens vivent pour la plupart comme si on ne devait jamais mourir ou que ce fût indiffèrent de bien ou de mal mourir? On vit mal, parce qu'on ne pense pas à la mort. « Souviens-toi de tes fins dernières et jamais tu ne pécheras » (Ecclésiastique 7, 40). Il faut bien se persuader que le temps de la mort n'est pas le temps favorable pour se mettre en mesure d'assurer la grande affaire du salut éternel. C'est par avance que les personnes prudentes prennent, dans les affaires de ce monde, toutes les dispositions nécessaires pour s'assurer tel avantage, tel poste, tel alliance; et s'il s'agit de la santé du corps, elles recourent aussitôt aux remèdes prescrits. Que diriez-vous de celui qui, devant concourir pour une chaire de professeur, ne voudrait s'appliquer à l'étude avant l'ouverture du concours? Ne serait-ce pas une folie à un général d'attendre, pour se pourvoir de vivres et d'armes, qu'on vînt l'assiéger? Ne serait-ce pas une folie à un pilote de ne vouloir se procurer des ancres et des câbles qu'au moment de la tempête? Voilà de point en point ce que fait ce chrétien qui attend, pour régler les affaires de sa conscience, que la mort frappe à sa porte. « Quand tout à coup arrivera la mort comme une tempête, alors ils m'invoqueront et alors je ne les exaucerai pas et alors ils mangeront les fruits de leurs errements » (Proverbes 1, 27). Le temps de la mort est un temps de trouble et de confusion. Les pécheurs implorent alors le secours de Dieu; mais c'est uniquement par la crainte de l'enfer, dont ils se voient si proches, et sans songer vraiment à se convertir; aussi Dieu refuse-t-il de les exaucer. Au surplus, c'est justice qu'alors ils recueillent les résultats de leur mauvaise vie. « Ce que l'homme aura semé, il le recueillera » (Galates 6, 8). Hélas! Il ne suffit pas alors de recevoir les sacrements; il faut, en mourant, haïr le péché et aimer Dieu par-dessus toutes choses. Mais comment haïr ces plaisirs défendus qu'on a jusqu'alors tant aimés? Et comment aimer par-dessus toutes choses ce même Dieu, auquel on n'a pas cessé de préférer les créatures?

Le Seigneur traita de vierges folles, celles qui voulaient préparer leurs lampes à l'approche de l'Époux (cf. Matthieu 25, 112). Et de ce fait, tout le monde craint la mort subite, précisément parce qu'elle ne laisse pas à l'âme le temps de régler ses comptes. Tout le monde reconnaît que les saints furent de vrais sages, parce que, à l'arrivée de la mort, ils se trouvèrent tout prêts pour l'accueillir. Et nous, que faisons-nous? Voulons-nous courir le risque de ne nous préparer à bien mourir qu'au moment où la mort sera déjà là? Il faut faire maintenant ce qu'à la mort nous serons bien aise d'avoir fait. Oh! Quelle peine cause alors le souvenir du temps perdu et surtout du temps mal employé! Le temps, Dieu nous l'avait donné comme un moyen de salut; mais c'est fini et il n'y en a plus de temps. Avec quelle épouvante on s'entendra dire: « Désormais vous ne pourrez plus administrer mon bien » (Luc 16, 2). Non, il n'est plus temps de faire pénitence, de fréquenter les sacrements, d'assister aux sermons, de visiter Jésus Christ au Tabernacle, de méditer et de prier. Ce qui est fait est fait. Il vous faudrait alors plus de présence d'esprit, et plus de tranquillité, pour faire une confession convenable, pour résoudre certaines difficultés fort importantes et mettre ainsi votre conscience au repos. « Mais il n'y aura plus de temps » (Apocalypse 10, 6).

St Alphonse de Liguori Préparation à la mort
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