?

Log in

No account? Create an account
Réflexions sur le gaspillage. - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
RacReciR

[ Amorçage | RiceRcaR ]
[ Réflexivité | moi je ]
[ Archives | Réminiscences ]
[ Piano | Radio blog ]
[ Youtube | Videos ]
[ Home | In Principiam... ]

Réflexions sur le gaspillage. [26e mai. 2002|08:21 pm]
RacReciR
Cette idée m’est venue d’un fait divers domestique.
Mon ami venait de prendre un shampoing, quelques minutes après s’être aspergé d’une lotion pour maintenir l’éclat du cheveu.Je le lui fis remarquer. Il me répondit qu’au moment où il avait mis la lotion, il ne pensait pas prendre un shampoing et que, décidant de prendre son bain (nous sommes dimanche), il s’est décidé aussi à prendre un shampoing.
D’où le gaspillage.
… de la lotion ou du shampoing.
J’ai vainement essayé de lui expliquer que ce n’était pas malin de gaspiller, je me suis heurté à une fin de non-revevoir : « Si je ne peux même pas être libre de gaspiller un peu de lotion capillaire, alors à quoi ça sert d’être libre ? ».
Et, effectivement, posée ainsi, la question est ridicule.
Nous sommes en France, en 2002, sommes parisiens, salariés, aisés, vivant dans un milieu social évolué, ayant des relations, des amis. Alors nous sommes libres.
Et cette liberté nous permet de nous moquer de gaspiller.
Car c’est ce qu’a fait mon ami. Il ne s’est pas moqué de gaspiller un peu de lotion capillaire. Il s’est moqué de l’idée même de gaspillage. Que le gaspillage puisse être un enjeu. Un sujet de réflexion.
Or cette lotion capillaire, elle ne présente aucun problème en elle-même.
La terre ne se portera pas plus mal ou mieux avec sa perte.
Le problème, c’est que mon ami, en refusant de réfléchir au gaspillage, a refusé de regarder les conditions humaines qui avaient prévalu à la création de cette lotion gaspillée.
C’est, au mieux, le fruit de travail d’un autre homme comme toi.
C’est sans doute le travail de quelqu’un de moins bien que toi… de moins chanceux.
Si tu peux te permettre de gaspiller un produit, il y a peu de chances que celui qui le fabrique et qui y passe 8 heures par jour, ait les moyens de le faire !
Et moins chanceux que toi, ça couvre toute la misère du monde.
Le spectre est très large.
Ca va depuis nos banlieues, au fond de l’Asie et de l’Amérique du Sud.
Là où ce que nous considérons comme grave et insupportable de misère, est la norme.
Là où ce qui leur est insupportable est une misère que nous ne pouvons même pas imaginer.
C’est le travail des enfants, c’est la guerre, la famine, la maladie, la dictature, l’illétrisme…
Alors regarde un peu autour de toi. Toutes ces choses elle existent !
Toutes ces misères que toi et moi, Français, ne pouvons même pas concevoir pour nous, ces misères il y a quelque part dans le monde, des gens qui les vivent.
Et, le degré d’évolution entre eux et nous est tel que toi, ta liberté est de gaspiller un peu de lotion capillaire et que la sienne, à lui, c’est peut-être la question de sa vie.
LienRépondre