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Jusqu'où mène la télétransportation - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
RacReciR

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Jusqu'où mène la télétransportation [3e oct. 2008|01:36 pm]
RacReciR
Je me suis illustré depuis des décennies dans mon entreprise à vanter les mérites de la télétransportation.
Vous conviendrez que parler de la corde dans la maison du pendu est du plus mauvais genre.
Je travaille (sic) en effet dans une entreprise de transport en commun sise en région Île-de-France dont le credo est "on va entasser encore plus de gens dans le même nombre de mètres carrés".
Cela faisait sourire il y a une dizaine d'années où les encombrement étaient relativement raisonnables et tout le monde se gaussait de moi (jusqu'à fin 2005 compris) quand je soulignais le risque important que la conjoncture économique et le prix du baril de pétrole forcent les gens à utiliser les transports en commun.
Il suffit de prendre le métro ou le RER entre 7h30 et 9h30 pour comprendre qu'il n'y pas beaucoup de marge de manoeuvre pour doubler l'offre de transport.
Il eût fallu construire les infrastructures il y a plus de dix ans pour espérer que celles-ci soient en service aujourd'hui.
Or depuis le lancement de la ligne 14, rien.
Pas l'ombre d'une nouvelle ligne et des bus riquiqui en nombre et insuffisants en fréquence pour assurer une quelconque relève.
Et une franche rigolade quand j'évoque le télétravail qui, avec l'avènement des réseaux à haut-débit, rend la chose tout à fait réaliste pour une grande partie des cols-blancs (les esclaves des temps modernes) qui peuvent parfaitement se connecter depuis leur ordinateur domestique ou leur crackberry plutôt que de courir s'enchaîner à leur ordinateur de bureau.
Non môssieur ! Le travail se mesure à la quantité d'heures passées au bureau sous l'oeil du contremaître et il ferait beau voir que tu encourages l'oisiveté et d'autres vices moins avouables en laissant les gens trraîner chez eux en pantoufles devant leur ordinateur !
Heureusement, par ailleurs, que Velib a conquis un marché que mon entreprise de transport avait repoussé du pied avec mépris !
Mon propos est néanmoins la télétransportation dont le télétravail n'est qu'une forme abatardie.

Je m'étais intéressé enfant à la question.
Sans doute en découvrant les magnifiques tubes à téléporter de Star Trek.
Et une question m'avait longtemps taraudé l'esprit (en tant que sujet putatif au télétransport) : comment peut-on être certain que la personne qui est à l'arrivée est bien la même que celle du départ ?
La machine à télétransporter désintègre en effet (d'une façon ou d'une autre) l'ensemble des atomes du corps à partir de l'origine et les reconstitue à la destination.
Je ne vais pas aborder les sueurs froides que je me suis payées à l'idée d'une panne, d'une occupation du corps par un esprit étranger ou d'un scénario inspiré de 'la mouche".

Supposons que le sujet sorte intact (en apparence) du voyage.
Qu'est-ce qui me garantit que c'est toujours moi à l'autre bout ?
J'avais en effet imaginé un scénario de panne amusant : celui où le désintégreur d'origine tombe en panne et où l'on se retrouve avec deux olibrius au prix d'un.
Un téléporté et un sur place au point de départ.

Lequel est le bon ?
Comment traiter la question administrative qui ne va pas manquer de se poser : "Ah mon bon monsieur, il n'est pas prévu dans les textes que vous vous dédoubliez. Il va falloir en abattre un des deux."
J'imagine que le singe qui est à l'autre bout du tuyau serait aussi enthousiaste que moi à l'idée que l'un d'entre nous deux doive être "effacé" pour palier le bug d'une machine.
Par ailleurs, lequel d'entre nous deux est le "bon" moi ?
Quelles vont être nos relations futures ?
Qui va donner les croquettes au chat ?
Qui va se mettre au lit avec O. le soir ?
Je veux bien, en revanche, céder mes droits au travail sans réserve mais, ayant une vague idée des sentiments de mon alter ego à ce sujet, j'imagine qu'il va falloir faire fifty-fifty.
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