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Auto-libération de la cage des (inter)Dépendances - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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Auto-libération de la cage des (inter)Dépendances [1er mai. 2009|09:28 am]
RacReciR



Billet de circonstance pour un 1er mai, fête du travail.
J'encourage vivement le farniente, le non-agir.

Tant que l'on n'a pas réalisé les deux non-soi, le non soi du "je" et le non soi des phénomènes, les liens d'interdépendances se créent et alimentent la Base.
La métaphore la plus commode que j'ai permet de voir cela comme une montgolfière avec sa nacelle par exemple (ce n'est qu'une métaphore avec toutes les limites inhérentes à l'exercice).
La non réalisation du non soi du "je" forme la croyance en l'existence intrinsèque de la montgolfière (toute la cohérence interne liée aux interdépendances qui créent le "moi").
La non réalisation du non soi des phénomènes forme tous les grappins qui clouent la nacelle au sol (en comptant les ancres jetées par la montgolfière elle-même, les liens tissés avec les autres, pour être bien sûre de ne pas être emportée par les courants d'air).
Il y a ainsi des millions et des millions de petits filins invisibles, formés des liens d'interdépendance entre le "soi" et les "autres" pendant toute la succession ininterrompue des vies - les dettes karmiques dues aux autres (des grappins qu'ils nous ont lancé et collé) et celles que les "autres" nous doivent (des grappins que nous avons accroché à leur nacelle).
Et l'on s'étonne que notre montgolfière personnelle ne soit pas en mesure de s'élever dans les airs !
Forcément, elle est positivement écrasée par le poids qui la lie à toutes les autres montgolfières ainsi qu'au sol.
Pas de libération personnelle possible dans ces conditions !

La première chose à faire est de prendre conscience de ces liens d'interdépendance.
C'est la méthode des sutras qui consiste à (voir d'abord puis) éviter de se faire mettre des grappins supplémentaires dessus (rejeter les 5 poisons) et tenter de couper, un par un, les grappins qui nous sont collés - soit en repayant la dette karmique, soit en la purifiant.
On peut imaginer, au vu des millions de noeuds, qu'il faudra un certain temps (infini en fait) pour en venir à bout.
Il est utile de réaliser qu'il y a des ensembles de grappins qui ont été tissés en cordelettes (les concepts) et qu'il est possible de "rembourser" en tranchant une cordelette plutôt que de dénouer fil par fil.
C'est aussi réaliser que toutes les cordes empêchent la montgolfière de s'élever dans les airs : il y a les grappins que les "autres" nous ont collés mais aussi ceux que nous leur avons mis.
Il faut donc non seulement se débarrasser des dettes que l'on doit aux "autres" mais aussi les affranchir des dettes qu'ils nous doivent.
C'est la pratique du renoncement.
On apprend à se détacher des 5 poisons.
Ce n'est pas parce que l'on aime les autres qu'il faut les mettre en cage et encore moins accepter que l'on vous mettre le grappin dessus !
La montgolfière peut donc s'élever dans les airs une fois que l'ensemble des liens ont été rompus.

Le dzogchen, c'est réaliser la vacuité directement.
C'est-à-dire être capable de réaliser la nature de la métaphore que je tresse ici.
Il n'y a pas de montgolfière, pas de nacelle.
Les liens d'interdépendance sont donc semblables à la corne du lapin ou au fils d'une femme stérile.
S'il n'y a pas de montgolfière, alors il n'y a pas de nacelle et encore moins de grappin qui y soit attaché.
C'est la croyance dans l'existence intrinsèque de la montgolfière (le déploiement de l'ignorance co-émergente) qui, peu à peu, grâce à l'ignorance conceptuelle, cristallise la croyance en l'existence d'une nacelle (la Base) et, de fil en aiguille, tresse l'ensemble des liens d'interdépendance.
Il faut voir que la nature de la Base est vide elle aussi. C'est un ensemble en osier tressé pour donner une illusion de "réel" solide.
Les cordes sont plus grosses et faites d'une matière plus consistante, l'osier, puisque c'est la cage qui va créer et enfermer notre ego. Elle est composée d'innombrables couches d'ignorance finement et amoureusement tressées depuis la nuit des temps.
C'est le cocon dans lequel nous nous planquons et que nous chérissons si amoureusement.
C'est moi, c'est (à) moi ! Rendez-moi ma cassette !

Etre dans l'Etat Naturel, c'est d'abord avoir pris conscience de l'illusion généralisée qui nous cloue au sol.
Croire que l'on est une montgolfière et donc croire que l'on est lié par des millions de filins (entrants et sortants) au sol et à tous les "autres" êtres.
Il suffit de réaliser la vacuité de la montgolfière pour qu'en un instant, toute l'illusion s'écroule (et ce n'est pas une métaphore).
Il n'y a plus de pantin pour revêtir ses magnifiques atours et être lié aux "autres".
Dans le pire des cas, les habits vidés de leurs occupants, tombent à terre (et on s'en fiche qu'une veste soit accrochée au paletot de quelqu'un d'"autre". Quand le "soi" n'existe plus, la question de l'"autre" est pure rhétorique. C'est d'ailleurs son problème - ce qui en fait un sujet de compassion -  s'il choisit de la porter en plus de tout ce qu'il a sur le dos, été comme hiver).
On tranche d'un seul coup tous les filins (entrants ET sortants) qui nous lient au sol.
L'illusion de la montgolfière peut donc enfin se dissoudre dans l'espace primordial.
C'est le corps d'arc-en-ciel.

Dans le meilleur des cas, on finit par réaliser effectivement la vacuité de la montgolfière elle-même.
Il n'y a donc rien et, en tous cas, pas besoin de quoi que se soit pour s'envoler.
Le "Rien" intérieur (le fils) se mélange naturellement au "Rien" extérieur (la mère).
Il n'y a jamais eu de différence en fait.
La baudruche du vase de jouvence a été dissoute par les rayons du soleil et l'air extérieur et intérieur, séparés par une membrane, se sont ré-unis.
Voilà.
Y a qu'à.

Puisse l'ensemble des êtres réaliser qu'ils sont tenus par leurs propres illusions.
Celles qui leur font croire en l'existence intrinsèque des "autres" et les y lient.
Celles qui leur font croire en l'existence intrinsèque d'un "soi" et les empêchent de se fondre dans l'espace (il n' y a pas de décor pour s'y fondre).
Les autres s'écroulent.
La montgolfière s'écroule.
La nacelle n'a jamais existé.
Le sol sur laquelle elle reposait s'est dérobé.
Il n'y a plus rien à quoi s'accrocher.
Il n'y a d'ailleurs personne pour vouloir s'accrocher à quoi que ce soit.

C'est la croyance en l'existence intrinsèque de la loi de cause à effet (ne pas avoir réalisé directement la clarté de la vacuité, la vacuité de la vacuité : l'interdépendance) qui crée le samsara.
Puisse chacun réaliser l'illusion de la cage dont il astique amoureusement les barreaux, un par un, depuis la nuit des temps.

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