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Primum vivere, deinde philosophari - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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Primum vivere, deinde philosophari [20e oct. 2016|12:38 am]
RacReciR
[Où suis-je ? |noosphère]

Primum vivere, deinde philosophari.
Il faut être vivant pour philosopher.

Une évidence qui mérite d'être manifestement rappelée.

J'ai eu une récente discussion avec un ami sur un point de philosophie.
Oui, je m'intéresse à la question.
L'amour de la sagesse.

Sans doute !
Pour penser, expérimenter cet amour de la sagesse, vivre la philosophie, il faut un corps.
C'est le véhicule indispensable de la pensée. C'est là où elle prend forme.
Un corps attaqué par la maladie engendre forcément des pensées de malade !

SI on a la chance de naître humain, de bénéficier d'un esprit capable de philosopher,
ALORS ce corps doit être respecté.

L'esprit, lui, n'en a cure mais il faut d'abord que le corps et la pensée le réalisent.
Et pour cela il faut du temps.
Le temps de pratiquer, le temps de se poser pour réfléchir, le temps de contempler l'autre, le temps d'écrire ces mots, le temps de les lire et relire pour corriger ces mille défauts qui se glissent entre les lignes et qui pourraient parasiter le discours.
Il est impossible de trouver ces temps en enfer ou chez les esprits avides mais ceci fera l'objet d'une autre discussion avec mon ami imaginaire.
Oui, vous vous doutez bien qu'aucun être humain raisonnable ne pourrait être aussi peu respectueux d'autrui ainsi que de lui même.

J'ai ainsi soutenu que la moindre des attentions à laquelle pouvait prétendre un ami est la garantie de la préservation de son intégrité physique.
Ne jamais nuire.
Et mon ami de rétorquer que la question des restrictions de la liberté de l'un ne pouvait être le prix du respect de l'intégrité de l'autre.

Ben si !

Tout le monde sait qu'on n'agresse pas ses invités. On ne menace pas non plus de le faire.
Quand on invite chez soi, on s'engage à partager un moment de vie. Littéralement (et étymologiquement).
Il est donc de la responsabilité de l'hôte de garantir la sécurité de ses invités, les considérer comme sacrés.

Cette règle de politesse logique élémentaire dans un cadre civilisé n'est pas une restriction de liberté. Sinon ce n'est pas la peine de dire «tu es mon ami». Quelle que soit la forme réelle que prendrait cette «amitié».

A fortiori quand l'amitié prétend partager des sentiments. L'invitation - la promesse de moments de vie communs - se place alors résolument en dehors de l'espace et du temps.
C'est le coeur qui parle.

"Exiger" que son ami-partenaire s'abstienne d'être le vecteur volontaire de nuisances et  autres maladies relève donc de la tautologie. D'autant que l'état de santé initial de chacun est connu de tous.

Si les amis-partenaires ont des rapports intimes, il n'est donc pas pensable que cette intimité soit étendue sans protection à d'autres partenaires hasardeux dont la capacité de nuisance (et l'état de santé) serait inconnue par essence.
Prendre les dispositions ad hoc pour protéger un ami, n'est pas ainsi une atteinte à sa chère liberté ou son inaliénable libre-arbitre !

Ben oui.
Tu ne tueras point.
Tu ne voleras point, etc.
Ce sont de réelles restrictions apportées aux libertés individuelles.
Qui doivent être librement consenties.
Entre personnes qui discuteraient de philosophie par exemple.
Vous vous imagineriez Socrate et Platon en venir aux mains pour marquer un poingt coûte que coûte ?

Il faut donc se rendre à l'évidence : quand l'intégrité physique d'un des partenaires est mise en jeu à cause de l'autre, il est de facto ravalé au rang d'objet dont on disposerait sous un motif prétexte fallacieux (son libre-arbitre ou autre droit pseudo-sacré, synonymes d'un égoïsme forcené).
Vous comprenez donc que je préférasse rester devant un clavier et un écran que de jouer la potiche au cadavre exquis sur un canapé !

Un ami vous veut du bien. Il peut certes l'accomplir maladroitement, exprimer des regrets et s'excuser quand il réalise sa maladresse. Mais il ne peut en aucun cas vous considérer comme un objet.

Un nouveau mot : réifier.
C'est le verbe qui veut dire « objectifier ».

On ne veut pas le bien d'un objet. On en dispose. C'est-à-dire qu'on le jette quand on n'en a plus besoin.

Tout le monde sait qu'un ami n'est pas un objet, fût-il très précieux (c'est le sens de « rinpoché » en tibétain).
Un ami se respecte. Dans tous les sens !
Coûte que coûte.

Je vous entretiendrai une autre fois d'autres points de philosophie, tels la confiance, le partage et autre calembredaine.
Primum vivere...
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