?

Log in

No account? Create an account
La confiance se perd mais ne se gagne pas. - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
RacReciR

[ Amorçage | RiceRcaR ]
[ Réflexivité | moi je ]
[ Archives | Réminiscences ]
[ Piano | Radio blog ]
[ Youtube | Videos ]
[ Home | In Principiam... ]

La confiance se perd mais ne se gagne pas. [8e nov. 2016|02:41 pm]
RacReciR
[Tags|, , , , , , , ]

J’ai déjà traité de la question de confiance il y a quelques années dans le cadre du médecin-esclave et son royal patient. Ma conclusion de l'époque était manifestement optimiste et probablement fausse dans une grande majorité de cas :

“ Si le médecin(-esclave) détecte que la question (de confiance) est posée (après les premières interactions), il doit donc quitter la partie ou la gagner (la confiance ou la partie).”

Fort d’années d’expérience de plus, je reformulerais la conclusion ainsi :
“ Si le médecin-esclave détecte que la question de confiance est posée après les premières interactions, il doit impérativement quitter la partie.”

S'il est loisible et même recommandé de tester la confiance, il est en effet impossible de la (re)gagner. Tous les mots d'amitié et d'affection sont ambigus et suspects et les actes, aussi sincères soient-ils, laissent toujours possible l'interrogation quant à un cadeau empoisonné ou des calculs à long terme.
Et comme il n'y a pas d'autre façon de témoigner son amitié (et la confiance afférente) qu'en paroles et dans les actes, la partie est perdue avant même d'avoir commencé.

J’ai ainsi fait la connaissance récente d’un “ami” qui, en préambule à notre interaction, a fait part de son absence de confiance a priori dans ses relations interpersonnelles. Cet a priori étant le fruit de nombreuses trahisons vécues et commises dans son long parcours.

C’est, paradoxalement et je lui en sais gré, la seule interaction honnête, réellement amicale, qu’il m’ait manifestée. A la crétoise !
Et, forcément, quand on est habitué à tromper et se faire tromper, la question de confiance ne se pose plus. L’interaction n’est perçue que par le prisme exclusif de la prédation : on est soit prédateur soit la proie d’un prédateur.
Tous les mots échangés sont faux et ne servent qu’à endormir la méfiance de l’adversaire (c’est la perception exacte de l’ami) et les actes trompeurs puisque dictés par de sombres manigances (autre terme pour "manipulations").
Un jeu d’échec(s) où tous les coups sont permis. Pourvu que l’on gagne la partie. Coûte que coûte. En planifiant ses chausse-trappes plusieurs coups, plusieurs mois, à l’avance. Dès la première interaction en fait !
Il n’y a donc aucun noyau, aucune base sur laquelle pourrait se greffer une quelconque relation de confiance. Seul le rapport de force est connu, établi et respecté.
Un échec couru d'avance donc. Calculé.
... Cest ainsi que je me suis échiné à faire le bouche-à-bouche pendant de longs mois pour tenter de donner vie à une amitié mort-née, sans que je le susse !

La confiance est comme un vase de cristal. Transparente et fragile.
Elle est apportée à la relation a priori. La lumière d’une interaction exigeante mais honnête.
La relation est alors engagée sous des auspices bienveillants et lumineux.

La confiance ne se gagne pas. Elle ne peut que se perdre !
Une fois le vase brisé, il n’est pas possible de le réparer...à moins de fondre les débris et de fabriquer un nouveau vase.
Mais il faut le vouloir.
De part et d'autre.

“Certainement le tyran n'aime jamais, et n'est jamais aimé. L'amitié est un nom sacré, une chose sainte. Elle n'existe qu'entre gens de bien. Elle naît d'une mutuelle estime et s'entretient moins par les bienfaits que par l'honnêteté. Ce qui rend un ami sûr de l'autre, c'est la connaissance de son intégrité. Il en a pour garants son bon naturel, sa fidélité, sa constance.
Il ne peut y avoir d'amitié là où se trouvent la cruauté, la déloyauté, l'injustice. Entre méchants, lorsqu'ils s'assemblent, c'est un complot et non une société. Ils ne s'aiment pas mais se craignent. Ils ne sont pas amis, mais complices.”


Etienne de la Boétie : Discours de la servitude volontaire.
LienRépondre