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Sol lucet omnibus - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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Sol lucet omnibus [9e nov. 2016|12:10 am]
RacReciR
On a peu de chances d’être déçu ou trahi en ourdissant les plans qui mènent au pire. Le pire est tellement plus rassurant !

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est une thérapie brève, validée scientifiquement, qui vise à remplacer les idées négatives et les comportements inadaptés par des pensées et des réactions en adéquation avec la réalité.

La principale difficulté n’est cependant pas dans la thérapie qui a fait ses preuves. C’est d’amener celui qui pourrait en bénéficier à accepter qu’il peut changer et pour le meilleur.
L’habitude du pire fait en effet tellement partie de l’ordinaire qu’une peur panique s’installe généralement chez le sujet à l’idée qu’il est possible de vivre autrement et mieux. La peur de l'inconnu !

Comment en effet convaincre un être cabossé par une longue série de déconvenues qu’il est l’acteur des malheurs qui émaillent sa vie ? Et que les autres ne font que lui donner la réplique dans un scénario qu'il a lui-même écrit !
Qu’il ne dépend donc que de lui d’y mettre un terme “ici et maintenant” et reconnaître que ses idées négatives et comportements inadaptés sont la principale source du mal qu’il s’inflige (et, accessoirement, inflige à ceux qui lui sont chers, qu’il entraîne dans le cercle vicieux dans lequel il s’est enfermé).

Il est impossible d’imaginer le coût personnel qu’implique cette reconnaissance. Comment ? En plus d’avoir été victime des innombrables épisodes malheureux de sa vie, on en serait l’acteur et l’instigateur ? Cela nécessite un sacré courage ! Auquel il faut ensuite ajouter la volonté de s’en sortir.
Deux écueils auxquels sont confrontées la plupart des personnes dont le bien-être relèverait d’une TCC. Le moteur morbide fonctionne en effet depuis de si nombreuses années avec une efficacité si redoutable et si bien rodée, les idées négatives sont tellement enracinées dans le quotidien que la panique est la réponse-réflexe à l’idée d’en être brutalement privé.

Il ne servirait donc à rien de forcer le sevrage, à supposer que cela fût possible. Encore moins d'extorquer une promesse de soin ! Ce n’est que par une prise de conscience personnelle qu’un terme peut être mis à cette addiction, car c'en est une comme les autres (à la différence de l'amitié ou de l'amour qui forcent le respect).

Il faut d’abord se regarder dans un miroir, voir ces verres fumés qui colorent tout de noir, les enlever (ou se faire aider pour les enlever, c'est l'objet de la TCC) puis accepter de contempler le bleu du ciel et laisser filer le petit nuage qui pourrait menacer de porter de l’ombre à la lumière et qui finira par s'en aller de lui-même.

De la volonté. Et du courage.

Sol lucet omnibus (le soleil luit partout).
Ce n’est pas dans les bas-fonds qu’on a une chance de le réaliser.
Il faut accepter de se découvrir et risquer (un peu) sa peau.
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