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Long règne à not' bon roi - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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Long règne à not' bon roi [31e mai. 2005|11:52 pm]
RacReciR
[Humeur |ecstaticecstatic]
[Ecoute |Chapentier - Te Deum]

Vous sous-estimez l'adversaire, et le voilà qui a, somme toute, réussi une jolie carrière.
Premier Ministre 3 fois sous deux présidents qu'il a achevés, il est président-roi depuis 10 ans et a modifié la règle en cours de jeu pour avoir le droit d'y aller une troisième fois.

Il fera tout pour un troisième mandat.
Il a déjà réussi à se faire réélire ce qui était impensable et tient le cap en dépit des claques qu'il reçoit depuis 10 ans.

Pour quelqu'un qui est réputé avoir atteint son seuil d'incompétence, ce n'est pas mal.


J'ai donc décidé d'être gai ce soir. Pour fêter la bonne nouvelle !
Not' bon roi Jacques a désigné le nouveau Grand Chambellan : c'est le Marquis de Galouzeau.
Comme le veut l'usage, il a aussi fait pendre son prédécesseur, Mazarin, en place de Grève ce matin.
Le peuple est en liesse et accourt pour se rendre à la messe d'adoubement qui sera célébrée à la cathédrale de Reims demain.
Monsieur Charpentier y donnera son Te Deum.
Nous sommes aussi dispensés de Corvée pour le mois de juin.
Vive le roi ! Champagne pour tout le monde !

Voilà qui répond prestement à ces insolents européens qui avaient osé penser que nous souhaiterions déposer not' bon roi et instaurer la république.
Il n'en est pas question.
La votation à laquelle nous avons été conviés a confirmé la monarchie et le rejet des traités continentaux.
Non aux sarrasins ! Non aux cosaques ! Sus à l'infidèle.

Le Marquis, dans sa grande sagesse, a attiré à ses côtés le félon Ganelon et, pour le distraire, lui a confié la charge des affaires du royaume ainsi que la maréchaussée. Mieux vaut avoir le fourbe près de soi que complotant dans son dos ! La charge devrait achever de faire détester Ganelon des gueux. Celui-ci a en effet, un souci maladif de faire oublier sa basse extration et ses origines cosaques. Il affiche à l'intention des gueux la plus ferme des dispositions. Au programme, le rétablissement des châtiments corporels, le pilori, et la punition collective.
Que nul s'avise de critiquer not' bon roi. Le Marquis et sa cour sont là pour faire rempart de leur corps.

Le Marquis n'avait-t-il pas déjà, en son temps, conseillé à not' bon roi de dissoudre son assemblée afin d'être en mesure de se faire réélire et de battre définitivement son rival, le savant Cosinus ? Comment ? En le mettant au pouvoir !
Le roi François avait expérimenté cette méthode avec not' bon roi Jacques, alors Grand Chambellan.

Cosinus, le premier a être surpris par sa victoire inespérée, crut pendant trois années que le peuple célèbrerait son ardeur à la tâche, sa sagesse et sa modération.
C'était sans compter sans l'expérience de not' bon roi, habitué de ces cohabitations et rendu expert dans l'art de nuire à son adversaire, cloué dans ses fonctions et ses attributs.
Comme prévu et conseillé par le Marquis, la méthode du roi François fut éprouvée et le savant Cosinus balayé à la votation suivante.
Il avait cependant eu le temps de faire voter une nouvelle loi, réduisant le mandat du roi mais autorisant ce dernier à se représenter. Il était esssentiel  que ce fût l'adversaire qui proposât et votât cette loi.
Clouer la pièce maîtresse de l'adversaire est une tactique élémentaire au jeu d'échecs !

L'opposition, son champion balayé par la peur, appela le peuple au plébiscite dans un élan de patriotisme inédit.
Not' bon roi fut donc plébiscité.
Jamais roi nègre ne fut aussi bien élu !

Le bruit avait couru, un moment, que not'bon roi n'avait plus toute sa tête et avait commis l'erreur fatale en dissolvant une assemblée qui lui était toute dévouée.
C'était faire fi des talents florentins de notre monarque et du marquis. Après cinq années d'incurie et de débauche, il eût pu craindre que le peuple se rebellât et ne le reconduisît pas dans ses fonctions pour cinq autres glorieuses années.
Or cela était impensable. Le Marquis et not' bon roi préférèrent que le savant Cosinus payât de sa personne la jacquerie fomentée de toutes pièces. Les gazettes furent inondées de nouvelles relatant l'invasion de jeunes hordes agitées, blessant et pillant les bourgeois et les vieux. Immanquablement, cela déplut aux gueux.
Il leur déplut surtout que le savant ne fût pas magicien et ils lui préférèrent un roi débonnaire. Not' bon roi.

Et voici enfin le Marquis, chargé de sa dernière quête : conduire not' bon roi vers cinq années supplémentaires de règne éclairé.
La dernière votation a provoqué la débandande des troupes adverses, occupées à s'entre-tuer sur le dos de l'Europe qui n'en demandait pas tant.
Diviser l'opposition. C'est fait.
Il ne reste plus qu'à régler son compte à Ganelon. En deux ans de cohabitation, le Marquis et not' bon roi en devraient en venir à bout.
Dieu, que le royaume est beau.
Et vive not' bon roi Jacques. Long soit son règne !
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