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Ut queant laxis/Resonare fibris/Mira gestorum/Famuli tuorum/Solve polluti/Labii reatum/Sancte Johann - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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Ut queant laxis/Resonare fibris/Mira gestorum/Famuli tuorum/Solve polluti/Labii reatum/Sancte Johann [5e juin. 2005|04:30 pm]
RacReciR
[Humeur |artisticartistic]
[Ecoute |Bach - Art de la Fugue]

A quand Gaveau ?Mon répertoire pianistique est encore limité.
Satie : les quatre premières gnossiennes. J'ai travaillé la cinquième. Les danses de travers sont en chantier.
Bach principalement : inventions 1 à 9, 14 ; sinfonias 1 & 2 ; concerto italien 1er (enfin presque)  et 2ème mouvement ; 2 ou 3 préludes  et une fugue du CBT. L'Aria et la première variation des Goldberg. J'apprends aussi les inventions 10, 11, 13 et 15 (avancement inégal). Il reste la 12ème (en La Majeur) que je n'ai pas abordée.

Cela fait une trentaine de morceaux à tout casser dont une vingtaine qui sont à peu près présentables.
Et pas un jour sans que je ne joue 2 à 3 heures au minimum.
J'ai même d'agréables souvenirs de w.e. entiers passés au piano, entrecoupés par des repas et des heures de sommeil brefs et vite avalés.

Je commence ainsi ma séance en déroulant les inventions : do majeur, do mineur, ré majeur, ...
Ce sont mes gammes.

Après sept ans de pratique, je commence à en maîtriser quelques unes.
L'avantage de les  travailler régulièrement est de permettre de  s'attacher à l'interprétation.
Ces inventions sont en effet des variations sur les gammes correspondantes qui offrent tout une palette technique : legato, portato, les trilles et ornements avec tous les doigts.
Par ailleurs, chacune de ces inventions développe un jeu particulier : gamme ascendante et descendante, tierces majeures et mineures,  mains conjointes, mains opposées, mains alternées conjointes et opposées, une main legato l'autre portato et vice-versa.
Le travail en vélocité peut aussi être développé.
Ce sont des inventions sans cesse renouvelées.
Il n' y a donc pas deux séances identiques et chacune est aussi riche d'enseignements que la précédente.
Au pire, quand je ne suis vraiment pas en forme, ces exercices servent à renforcer l'agilité des doigts.

N'ayant jamais accepté de pas avoir eu l'opportunité d'apprendre le piano jeune, je me suis rattrapé à l'avénement de l'ordinateur personnel. J'ai toujours favorisé l'agilité des doigts escomptant bien, un jour, en bénéficier.
A 16 ans, j'étais très en retard pour un apprentissage optimal du clavier. La plasticité du cerveau est déjà moins grande.
J'ai, cependant, rapidement utilisé mes dix doigts au clavier de l'ordinateur.
J'avais imaginé, adolescent, qu'il serait impossible d'acquérir cette agilité adulte. Il fallait que mon cerveau maîtrisât donc jeune la motricité des doigts. La technique est un outil indispensable à l'interprétation de la musique. Il faut l'acquérir aussi tôt que possible pour accéder à la musique.

Ce n'est qu'à 35 ans révolus, que j'ai pu mettre tout cela en oeuvre.
Encore fallait-il apprendre la musique.
J'avais sous-estimé l'ampleur de cet apprentissage.
J'imaginais que ma facilité naturelle à mémoriser et à apprendre rendrait cet enseignement ludique à défaut d'être simple.
Il n'en est rien.

La musique est un langage particulier. Il ne sert pas à communiquer des informations structurées telles les langues parlées.
La musique est le langage des émotions. C'est le seul langage des émotions.
Le cerveau n'est pas habitué à traiter ce langage de façon élaborée.
Il suffit de voir à quel point les humains sont incapables de communiquer entre eux en toute confiance.
La musique, quant à elle, transmet de l'émotion structurée.
Chez Bach, le temps est quadrillé tel un papier millimétré.
Et dans un seul millimètre carré de temps, Bach est capable de loger beaucoup plus d'une émotion.
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