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Plaisir du travail [10e aoû. 2004|12:46 am]
RacReciR
[Humeur |cheerfulcheerful]
[Ecoute |Bach - Inventions & Sinfonias]


Plaisir du travail


Lundi 4 octobre 2492


Je reviens au piano.
Encore un pas de franchi.
Je chante pendant le jeu.
Et le chant a plusieurs voies.
J'arrive à faire chanter chacune des voix des inventions de Bach séparément.
Je parviens aussi, parfois, à obtenir que l'ensemble forme un chant qui est plus que la juxtaposition de ses éléments.


Et j'entonne parfois ce chant de ma voix de fausset. Je m'exerce ainsi à introduire des voix supplémentaires.

C'est encore assez compliqué pour moi.


J'ai par ailleurs découvert que dans la plupart des inventions, ce sont les mêmes doigtés qui sont à utiliser lors des modulations (le chant qui varie de tonalité). Il ne faut pas hésiter à transposer le doigté des touches blanches aux noires et réciproquement.

Bach a écrit ces morceaux pour apprendre à son fils de 8 ans à jouer du clavier.

Il lui apprend les gestes élémentaires et la manière de les combiner ou de les jouer successivement.

L'apprentissage du piano commence à être constructif quand les automatismes de base sont acquis. Il devient alors possible
d'exécuter un morceau, même complexe, tout en ayant suffisamment de capacité de calcul encore mobilisable pour modifier l'interprétation en fonction de différents paramètres : émotion du moment, contexte, auditoire, etc.

L'air est connu par cœur (le cerveau), les doigts le connaissent aussi par cœur (tous les automatismes sont acquis), il devient alors possible de se concentrer sur le son qui est en train d'être produit. Se concentrer sur les ondes stationnaires en production et, de sommet en sommet, amener la résolution musicale - libération de l'oreille - en phase avec toutes les voix.

Cette tâche importante est extrêmement consommatrice en puissance de calcul. Elle nécessite d'interpréter finement et dynamiquement le contexte. Elle doit aussi exprimer des émotions en contrôlant le flux produit de façon à éviter l'emballement l'émotion produite est issue de/celle ressentie par l'interprète et alimente par définition cette émotion). Il devient alors complexe de maîtriser et d'équilibrer la boucle d'apprentissage qui, à signaler au passage, est en train d'être calculée en temps réel : après tout le pianiste en situation produit le morceau qu'il entend, lui, par les doigts, les oreilles et la tête (plus les pieds pour les pédales mais j'ai décidé – pour l'instant – de jouer Bach à l'ancienne, sans pédale. Ca impose d’être beaucoup plus précis dans le jeu et dans le toucher du clavier mais ça me vaut des discussions épiques avec ma professeur).

Je n'apprécie pas particulièrement ce son ample d'un piano conduit à grands coups de pédale. La subtilité des harmonies ne doit pas forcément s'accompagner d'un volume ou d'une amplitude sonores. La musique que je souhaite pratiquer, nécessite un apprentissage précis et méthodique.
Bach disait « travaillez autant que moi et vous aurez les mêmes résultats ». Il n' y a rien à ajouter.

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