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ricercar à 3 - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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ricercar à 3 [3e aoû. 2005|04:51 pm]
RacReciR
[Humeur |busybusy]

Cela fait maintenant un peu plus d'un mois que je travaille en pointillés plus ou moins épais ce Ricercar à 3 de l'Offrande Musicale.
Je me suis assigné comme devoir de vacances cette fugue ainsi que les quelques inventions à deux voix que je trouve bancales et que je veux ajouter définitivement à mon maigre répertoire : 9, 10, 11 et 15.
J'alterne ainsi le déchiffrage et les répétitions au gré de mon humeur.

Tu peux imaginer, lecteur, à quel point je peux être motivé par cet apprentissage.
L'aboutissement d'un long, très long, cheminement personnel.
Depuis mon enfance.
La quête de mon Graal personnel que j'appréhende (dans tous les sens du terme).

Un Ricercar est une fugue complexe, abordant un thème "sérieux" et utilisant des notes longues dans son thème. C'est du moins une des définitions canoniques de l'époque baroque, celle que Bach a utilisée.
Celui-ci est, en l'occurrence, le premier des deux seuls Ricercare que Bach a composés.
En do mineur.
Je me suis préparé à ce ricercar en do mineur depuis sept ans en ayant particulièrement travaillé les inventions à deux et trois voix de cette tonalité.

Le second ricercar comporte, quant à lui, six voix et forme un des points culminants du génie et de la virtuosité de Bach. Je crains, hélas, que son accès me soit à jamais interdit tant la complexité de son interprétation exige le talent confirmé d'un clavieriste chevronné. Ce que je n'aurai sans doute pas le temps de devenir.

Je peine gaiement à avancer dans le ricercar à 3 mais pense, raisonnablement, être capable de venir à bout des 9 pages (185 mesures) que compte la partition. L'écriture contrapuntique est une écriture qui se rapporte aux mathématiques et j'ai, sans aucun mérite, des prédispositions naturelles à la comprendre.
J'ai ainsi entamé ce matin la quatrième page. Et, après le cinquième développement du thème royal, je ne cesse de m'émerveiller en découvrant ces notes que, pourtant, je croyais connaître depuis si longtemps.
Il n'en était rien. Cet expérience me rappelle - que Bach me pardonne - la lecture qu'enfant je faisais d'Astérix. Je comprenais plus ou moins l'histoire mais étais incapable de saisir la subtilité des calembours ou le comique des situations ou personnages relevant de l'histoire contemporaine.

Ce Ricercar est un peu pareil. Il débute simplement en exposant le thème royal en solo, main droite : do aigu, mi, sol, la, si, silence puis une suite chromatique descendante puis ascendante de 16 notes qui se terminent par un do qui ne résoud pas le chant et qui composent le thème que Frédéric II de Prusse aurait proposé au vieux Bach.
Huit mesures et demi.
Le premier chant débute aussitôt et, pendant qu'il se développe, à peine une mesure plus loin, la deuxième voix reprend le thème une quinte en dessous.
A la dix-huitième mesure la deuxième voix déploie son chant, différent du premier. Un contrepoint s'instaure pendant quatre mesures qui préparent l'oreille à l'entrée de la troisième voix qui démarre alors en do, à la basse.
Encore huit mesures plus tard, les trois voix ont été exposées, le chant des deux premières a tissé un large contrepoint et démarre le troisième chant ; une basse continue.

Les trois chants vont alors rivaliser de virtuosité pendant 15 mesures et en canon, chacune des voix va répondre dans sa tonalité à celle qui la précède dans un petit air qui, par génie du compositeur, est rendu commun aux trois chants.
Chacune des voix prenant alternativement le dessus avant que la modulation ramène au thème qui est entonné à la basse, une quarte en dessous du do originel, suivi cinq mesures plus tard par la deuxième voix qui le chante, tel un refrain, en do naturel.

J'en suis là.
A ma cinquième exposition.

J'en ai compté dix en tout ( 1 2 3 3 2 1 3 1 2 3 ).
Dix (X en chiffre romain) étant le signe de la croix dans la notation musicale de Bach.

Regis Iussu Cantio et Reliqua Canonica Arte Resoluta.

Frédéric II de Prusse imaginait sans doute que cette dédicace lui était destinée.
Bach avait manifestement un autre roi en tête et, flattant l'un, il adorait l'autre.
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