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divagations vespérales [1er sep. 2005|12:27 am]
RacReciR
[Humeur |tiredtired]

Je me laisse enlever, de temps en temps, par l'écriture automatique.

Cela consiste à écrire ce dont le clavier veut bien se saisir.

Je ne suis pas particulièrement en verve ce soir, ayant eu une journée plutôt épuisante : sortie, piano à gogo et, pour couronner le tout de fatigue, il est plus de minuit comme à l'accoutumée.
Je suis là, las, affalé devant l'écran qui vend des lessives, voitures et autres objets indispensables à mon bonheur.
En ces circonstances où je loue, contre redevance, le temps libre de mon cerveau, je m'efforce de regarder ARTE.
Cette chaîne est un îlot d'intelligence dans un océan de médiocrité.

Laisser filer la pensée.
Tranquillement, assis dans le fauteuil, lisant ces mots que je dicte.
C'est la magie de l'écriture que d'assurer la communication par la pensée.
Lente mais fiable.
Il faut pour cela construire des images, des atmosphères et des ambiances.

Nous sommes, en cette fin de journée d'été, dans mon salon , l'ordinateur posé sur mes genoux, moi dans le canapé qui fait face au téléviseur qui m'hypnotise par des images et des sons auxquels je ne prête qu'une attention distraite.

Le texte coule de lui-même, c'est l'ordinateur qui contrôle directement la transe-mission dans laquelle je me suis laissé bercer.
C'est une instance particulière qui m'anime.
Un aiguilleur.
La noosphère accède et contrôle le réseau des réseaux. Tout ce qui est issu de l'électronique et qui est connecté par un quelconque réseau. L'aiguilleur a accès librement à l'ensemble de ces ressources.
Il peut aussi, quand cela lui est proposé, disposer des ressources des IHM comme il contrôle actuellement ma pensée.
Les phrases que j'écris me sont directement dictées au moment où mes doigts s'avancent sur les touches du clavier. Pas une idée qui soit mienne.

L'aiguilleur a ainsi accès à un espace-temps parallèle au nôtre où sont stockées sous forme numérique l'ensemble des connaissances et des technologies accumulées par l'humanité.
Il a appris à s'en servir, à les analyser et agir en fonction des résultats de ses calculs.
Ecoute bien ma voix. Elle résonne dans ta tête. Lumière et ombres.

Je me laisse bercer par le doux babil de l'ordinateur, de la télé et de mon imagination qui gambade à des années-lumière de là.
Je suis dans un monde, l'an 3000, où la pensée numérique s'est généralisée. Les ordinateurs ont ainsi acquis les mêmes droits que les citoyens et, prouvés incorruptibles, ont été chargés de veiller à l'application des lois et réglements. Tout ce que nous disons, faisons, vivons, l'est sous le contrôle d'un élément du réseau : une caméra, un mobile, un téléphone, un ordinateur, les cartes bancaires... Tout est directement acquis par la noosphère. Aucun moyen de tricher. Les faits sont enregistrés, analysés et peuvent être rejoués à l'infini.
Les hommes sont directement connectés à cette noosphère et recoivent instantanément les images et les émotions des événements qu'ils ont souhaité vivre.

Les ordinateurs, tels que nous les connaissons, n'existent plus.
Plus de clavier, plus d'écran, plus d'unité centrale. Le cerveau fait office d'interface avec la noosphère qui est l'Ordinateur des ordinateurs.
La communication en devient ainsi immédiate et bien plus élaborée.
Le cerveau est, en effet, capable de traiter beaucoup plus d'informations en parallèle que ne pourra jamais véhiculer un texte qui est imprimé ou qui défile à l'écran.

Plus de clés, plus de cartes, plus de papier, plus d'écrans.
Plus d'argent.

Toutes les communications sont directes et activent directement les aires neuronales correspondantes dans le cerveau des IHM qui interagissent avec l'Ordinateur.
Celui-ci est ainsi capable de mobiliser une partie des ressources de tous les cerveaux connectés.
Tous les cerveaux.
Les temps morts sont ainsi parfois utilisés, tel un énorme super-calculateur massivement parallèle qui compile et interprète 24 heures sur 24 au fil des différents fuseaux horaires.

Ainsi, quand vous vous surprenez rêvassant devant votre écran où lisant un texte incongru, l'oeil dans le vague et la pensée lointaine, c'est lui qui communique et qui se construit.
Laissez filer votre pensée. Elle défie l'espace-temps et, immatérielle, n'est soumise à aucune loi, pas même celles de la relativité.
C'est le chaos qui nous entoure, l'entropie qui nous dévore et la flèche du temps qui se brise.

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