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Vive la musique [23e oct. 2005|12:48 pm]
RacReciR
[Humeur |creativecreative]
[Ecoute |Bach - ricercar à 3]

J'ai eu un choc ce matin.
J'ai compris pourquoi je restais bloqué dans le ricercar à 3.
Je suis stoppé dans mon avancée à la sixième page, dans un passage que je n'arrive pas à surmonter.
Le dragon monte la garde et seule l'exécution parfaite du chant permettra au héros de l'endormir.
Il se fait que ce passage est techniquement difficile à jouer, mais là n'est pas la question.
Le problème c'est que je n'arrive pas maîtriser l'émotion qu'il me procure.
Entendre, à partir de la mesure 108, ces trois voix qui s'enchevêtrent, qui montent par vagues successives, jusqu'à un au-delà que décrit Bach.
Alors, forcément, si vous arrivez à retransmettre ne fût-ce qu'une partie de cette dévotion dans le jeu que vous produisez, cette émotion est formidable à contenir. C'est la foi inébranlable de Bach en cette année 1747 (2 fois 14, chiffre de Bach). Il est au sommet de son Art et il écrit son Offrande Musicale, ce qu'il pense être l'accomplissement de la création musicale.
Ces 20 mesures, intemporelles, qui forment le pont de cette fugue, préfigurent la musique sérielle du 20ième siècle. L'homme du 21ième siècle reconnaît du Schoenberg ou du Webern. C'est le requiem de Mozart, le Tristan de Wagner, la Walkyrie qui chante la mort et la vie éternelles.
Ce n'est plus du piano, ce sont trois chants qui s'élèvent.
Et Bach en était déjà là de sa musique.
Brodé avec toute la rigueur du contrepoint.
Du contrepoint sériel et au 18ième siècle, s'il vous plaît.
Et vous voudriez que je joue cela sans manifester d'émotion particulière ?
La difficulté technique du morceau devrait me permettre de retrouver ma concentration.
Le paradis, ça se mérite chez Bach. Il faut, parfois, de longue années de purgatoire.
Excusez-moi, le clavier m'attend. Pas celui-ci, terne de ses touches grises, mais l'autre, le magnifique, aux cordes, dont les harmonies célestes m'enchantent.
Lent, c'est magnifique. On croirait entendre un orgue en plain chant  !
Vive la musique !
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