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musique des mots [29e oct. 2005|05:33 pm]
RacReciR
Au commencement, paraît-il, était le verbe.
Pourquoi le verbe ?
Au commencement était la musique.
Comment écrire ?
Je compte. Les mots, les syllabes, les phrases, les objets, les sons.
Tout est musique. Tout est calcul aussi.
Je compte en permanence.
C'est ainsi que j'apprends un morceau de musique. Je fabrique un algorithme personnel qui me permet de jouer. Cet algorithme reflète, bien entendu, la compréhension que j'ai de l'oeuvre à un moment donné.
Il est important d'actualiser régulièrement les algorithmes d'exécution afin d'être sûr de faire bénéficier l'ensemble du répertoire, des nouvelles connaissances acquises.
Le processus d'apprentissage est donc lent mais permet d'articuler l'exécution en autant d'exercices qui démontrent et illustrent tel ou tel concept ou théorème, objet de l'étude du moment.
C'est ainsi que j'écris.
Je compte mes pas, le nombre de reverbères, les dalles irrégulières qui pavent l'allée de mon jardin, les marches qui mènent au métro, le nombre de fenêtres, que sais-je encore ? 1, 2, 3, 4, 5 ... C'est parti.
Ce processus est totalement automatisé. Il m'est intrinsèque.
Cela ne veut aucunement dire que le résultat du calcul m'intéresse d'une quelconque manière.
Je compte et, parfois inconsciemment, le rapport de certains nombres entres eux ou des régularités insolites focalise mon attention. Une harmonie particulière se dégage et, telle une sirène, m'attire sur son chemin.
Aussi est-il normal qu'exprimant mes émotions ou pensées par les différents moyens mis à ma disposition, cela transparaisse. C'est un réel plaisir quasi-charnel que de construire une phrase complexe et baroque afin d'exprimer parfois deux idées qui se télescopent. Il m'arrive même d'ajouter une troisième voix, plus personnelle, où le propos ne s'adresse qu'à moi-même.
Le discours est bien entendu étroitement imbriqué dans mes récits et divagations diverses et, comme tout écrivain qui se respecte, j'écris d'abord pour moi-même. Les textes qui jaillissent, parfois, dans le métro, d'une traite. Ce stylo envolé, parti à la poursuite de je ne sais quelle idée, sur un morceau d'enveloppe que, miraculeusement, Plume(O.) recelait dans son sac, providentiel bazar pour une fois.
Ecrire est musique. C'est la musique des mots. Les phrases doivent chanter. Je me les chante à moi-même.  Parfois, un petit air m'accompagne, fugace. Il rythme ma plume et accompagne le flot.
Un chapelet que j'égrène au hasard de la quête.
Que ne donnerais-je pour être capable de transcrire la musique que j'écoute !?
La parole et l'écrit maladroits  portent sinistrement les émotions et pensées qui s'expriment en musique.
C'est ainsi qu'il m'arrive d'apporter mille petites corrections, à un articulet qui souvent me déplaît ou dont je découvre les imperfections, au hasard de relectures. L'esprit, paresseux, n'aime pas les phrases trop longues. J'en raffole.

J'aurais dû consacrer l'enveloppe et le temps qui étaient à ma disposition à la réalisation d'un avion ou d'un origami.
J'ai préféré un autre thème (air du temps).
Une occasion supplémentaire de fuguer.
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