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contrafactualité [13e nov. 2005|02:17 pm]
RacReciR
[Ecoute |Bach - Ricercar à 3]

À la fin du XIXe siècle, les physiciens ont remarqué que lorsque l'on éclaire un métal avec une lumière, celui-ci peut émettre des électrons. Leur énergie dépend de la fréquence de la lumière incidente, et leur nombre dépend de l'intensité lumineuse, ce qui est difficilement compréhensible au sein du modèle ondulatoire de la lumière. Si la lumière incidente a une fréquence en dessous d'un certain seuil, rien ne se passe.

Einstein proposa en 1905 un article expliquant ce phénomène. Les photons sont porteurs de l'énergie E = hν et de l'impulsion \vec{p}=\hbar\vec{k}. Les électrons absorbant les photons acquièrent cette énergie ; si elle est suffisante, les électrons peuvent alors sortir du métal. Les électrons émis ont alors l'énergie : hν − Eseuil.

Remplacer physicien par méta-physicien, métal par cerveau, lumière par observation, électron par pensée.

... les méta-physiciens ont remarqué que lorsque l'on éclaire un cerveau avec une observation, celui-ci peut émettre des pensées. Leur énergie dépend de la fréquence de l'observation incidente, et leur nombre dépend de l'intensité de la pensée, ce qui est difficilement compréhensible au sein du modèle ondulatoire de la pensée. Si l'observation incidente a une fréquence en dessous d'un certain seuil, rien ne se passe.
Les photons sont porteurs de l'énergie E = hν et de l'impulsion \vec{p}=\hbar\vec{k}. Les pensées absorbant les photons acquièrent cette énergie ; si elle est suffisante, les pensées peuvent alors sortir du cerveau. Les pensées émises ont alors l'énergie : hν − Eseuil.

A quoi donc peuvent servir les rêves chez des animaux intelligents ?
Il apparaît (je vais éviter les calembours douteux) que le développement du cerveaux frontal qui culmine chez homo sapiens, dote l'animal d'une capacité de simuler des scénarios fictifs de plus en plus élaborés.
Ainsi, il nous arrive aisément de reconstruire les événements d'une journée, d'en modifier quelques éléments que nous aurions aimés se dérouler autrement, et rejouer dans notre tête la journée en tenant compte de ces modifications. Cela peut se passer éveillé.
Le rêve généralise ce processus en sélectionnant aléatoirement, inconsciemment en tout cas, les éléments du scénario.
C'est le moment où le cerveau fait l'hypothèse que sa sécurité est assurée et qu'il n'est pas en danger. Il peut donc laisser libre cours à sa fantaisie. Tous les événements, même les plus anodins, d'une journée peuvent alors être utilisés pour forger un rêve qui va mettre en relation des choses et des personnes normalement impossibles ou dangereuses que le cerveau refuserait, par réflexe d'auto-conservation, d'envisager dans le réel.
Le cerveau frontal dispose de cette capacité à synchroniser une partie des activités des deux hémisphères. C'est lui qui orchestre le fonctionnement de l'ensemble, lui qui élabore les théories (le scénario) qui va ensuite être confronté à l'expérimentation, le réel.
C'est donc en quelque sorte là que naît la pensée.
Que le cerveau frontal soit situé au dessus des yeux n'est pas un hasard. Les yeux sont les capteurs essentiels au cours du développement (philogenèse) et la solution la plus économe a été d'optimiser le temps de transfert de l'information jusqu'au centre de traitement et de décision.
Je suppose que d'autres solutions moins économiques ont été balayées au cours de l'évolution.
C'est le seul endroit où le cerveau sait qu'il est en train de construire une théorie basée sur l'ensemble des observations enregistrées ou apprises.
C'est donc le garant de la cohérence (dans son sens Gödelien) de l'ensemble.
Le cerveau est l'interface avec l'extérieur du système, analysant les signaux transmis par tous les capteurs éparpillés à la surface du corps pour produire la pensée suivante et l'éventuelle action qui est liée à la précédente.
Cette interface sait que si elle est un moment cohérente alors est forcément incomplète.
Elle doit donc produire des plans pour explorer la terra incognita qui l'entoure ou choisit de rester en terrain familier.
Les cycles de cohérence et de complétude se suivent ainsi à différents intervalles.
Etudier la courbe ainsi tracée.
Pour la plupart des animaux, les rêves sont aléatoires, c'est-à-dire guidés par les événements importants de la partie éveillée, pas forcément consciente, de la journée.
Le cerveau dispose automatiquement des mesures et observations perçues en plus de celles qui ont été nécessaires pour la réalisation de la journée, avant sa mise au repos.
Il peut donc initier le processus de rêve et générer des scénarios qui tiennent compte de ces mesures.
Avec un peu d'entraînement et de la discipline, il est possible d'introduire de la cohérence dans les rêves. Apprendre à initier l'impulsion et l'orienter vers un autre sujet, le problème à résoudre ou la méditation en cours.
Il ne faut pas s'attendre aux débuts à de grandes modifications ou à la possibilité de conduire des rêves éveillé, cela requiert un entraînement beaucoup plus régulier. Mais s'endormir en se concentrant sur une question particulière qui mériterait d'être vue sous un autre jour est efficace.
Il faut aussi apprendre à  persévérer afin d'en augmenter l'appréhension et rendre ainsi les scénarios plus cohérents entre eux.
C'est le cerveau frontal qui a rendu la méta-physique quantique possible chez homo sapiens.
C'est ce qui permet d'imaginer la contrafactualité : des événements qui auraient pu se produire, mais qui ne se sont pas produits et qui influent sur les résultats de l'expérience.
Nous en constatons les effets tous les jours dans notre quotidien et l'explication physique du phénomène est dûment démontrée par la science.
Il faut apprendre, de façon discrète, à être acteur de ses rêves.
Nous organisons notre quotidien matériel collectif, reflets d'un passé déterminé, avec un ordre méritoire, en laissant le futur se construire à partir d'un chaos que nous appréhendons avec des épuisettes.
C'est sans doute la limite de l'expérimentation.
Cela mérite cependant d'être souligné.
Vous avez compris que je suis en terra incognita.
J'échafaude donc des hypothèses.
Un rêve éveillé.
Un ange qui passe.
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