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A l'italienne / Reading a score in landscape format - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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A l'italienne / Reading a score in landscape format [1er déc. 2005|11:02 am]
RacReciR
[Humeur |creativecreative]
[Ecoute |Bach - Invention en Do Majeur]

Musical notation as we know it today was invented by Guido d'Arezzo, an Italian monk, nearly thousand years ago in 1028. Arezzo systematized the principle of lines to transcribe musical notations, and set the use of the four-line staff. Thus, notes were positioned exactly on and between the lines and no longer written in the text margin. Henceforth set in place, the notes could be readily visualized by the singer or the instrumentalist and then identified. The extension of the staff from 4 to 5 lines followed the evolution of the play on the keyboard. Hence, the fifth line came to be fixed during the time of Bach (1685-1750), who expanded playing with the use of the thumb.
Hypothesis : originally (with reference to Arezzo) a score was read in landscape format, i.e. a score that is used today to read and learn music at home or at school, as we have for centuries, was positioned at a 90° angle. Gutenberg’s invention of typeset (circa 1410) may have been the cause of this error in historical interpretation.
Thus when placed in landscape format, the score forms an exact bijection with the keyboard: see Figure 1 for a depiction. By adding two ledger lines, on either side, the range of the four octaves of a harpsichord is represented. The score is read from top to bottom or from bottom to top when a mirror is used, and then visualisation, followed by kinaesthetic memorisation induced by the act of seeing, initiates positively the cerebral processes, which will activate the fingers. From that point on, the eye focuses on a precise visual range corresponding to the mirror image of the keyboard represented on the score. The musician’s brain can thus physically anticipate how the score is to be played out without having to mentally rotate the score back at a 90° angle, since it has now become unnecessary. Half notes and quarter notes, as well as the key signature, precisely identify each note and its value. Connecting notes staves materialize the movements the hands will make for playing. Upon reading horizontally the notes, the musician thus recognizes and anticipates the movements that will correspond to those that his fingers will then accomplish in a fraction of a second later on the keyboard.
It is like a magnetic tape or a barcode before its time (in 1028!). One just needs to look at an Italian (landscape) score to be convinced.

Partition à l'italienne

Ainsi, un jour récent, pestant contre moi-même, lisant péniblement, note après note ma partition, j'ai renversé la feuille d'un geste rageur.
Je l'ai tournée d'un quart de tour à droite.
Et là, par magie, apparut la musique.
J'avais sous les yeux la partition, disposée à l'italienne.
Et je voyais soudainement ce deuxième clavier qui se dérobait à mon regard depuis si longtemps.
Tracées, sous mes yeux, deux séries de cinq lignes représentant, stylisés, les dix doigts de la main.
Les tâches blanches et noires indiquant quel doigt devait jouer quelle note.
Il suffisait de lire de haut en bas.
Les barres de liaisons montrant ainsi la disposition requise pour que la main joue.
La dynamique de la musique apparaît.
La portée des lignes couvre, en ajoutant les deux lignes de part et d'autre qui mènent aux Do grave et aigu, les quatre octaves du clavier pour lequel cette notation a été inventée.
Cette notation a, bien entendu, été inventée par un droitier.
J'ai ainsi dû imprimer la version miroir de la partition pour, tournant la feuille à droite, moi aussi, je puisse la lire de bas en haut cependant.
Forcément, la partition est un miroir du clavier. Regardant l'un, on voit l'autre renversé.
Avantage supplémentaire. Le champ de vue nécessaire pour la lecture se rétrécit.
Il se concentre.
Ce sont les mains qui avancent sur le clavier.
Une sorte de bande magnétique avant l'heure.
Lire permet de programmer totalement l'automate qui joue au clavier.
La partition ainsi disposée, il est beaucoup plus facile d'imaginer simultanément les notes lues et les notes jouées puisqu'il devient possible de confondre les deux représentations mentales sans craindre de se tromper.
Et c'est là où la notation devient efficace.
La bijection est réelle.
L'amure indique la correspondance exacte entre les lignes et le clavier.
Elle fixe les repères.
Le jeu deveint alors absolu.
La lecture libère le joueur du stress de la mémoire.
Retenir la musique fait partie de l'apprentissage.
Il n'en demeure pas moins, quelle que soit la maîtrise d'une oeuvre, qu'il peut arriver un moment où la mémoire flanche.
Il faut être capable de lire la partition en jouant.
C'est la seule façon qui garantisse l'automatisation du jeu.
Confondre totalement les deux actions.
Nous lisons bien plus vite que nos mains bougent.
Si le regard accomplit un geste qui, kinestésiquement, anticipe celui que les mains vont effectuer quelques centièmes de seconde plus tard, cela devrait permet d'accélérer le temps de réponse.
Cela réduit l'anticipation.
Les mains ont vu ce qu'il fallait jouer.
De façon inconsciente.
Le conscient ne fonctionne pas à ces vitesses-là.
L'inconscient si.
Plume(O.) a fait des expériences où l'on mesurait la vitesse de réaction. Le sujet devait appuyer le plus rapidement sur un bouton, si l'image et le son correspondaient au même objet.
Si l'image était projetée quelques centièmes de secondes avant la vraie exposition, les temps de réponse sont diminués.
L'inconscient prépare le corps à une détente qu'il confirme si l'image est répétée.
Il n'y a pas de raisons qu'il n'en soit pas ainsi pour le piano.
Lire en avance sur la musique devrait fluidifier significativement le jeu.
Il ne me reste plus maintenant qu'à  inhiber les apprentissages de lecture verticale qui sont enseignées, à mon avis à tort, contre une lecture horizontale, plus naturelle et conforme au jeu.

Entendre encore la note passée. Vivre la note présente. Les yeux et les doigts attirés par la note future.
Il suffit de lire. C'est écrit.
Vous pourrez le constater vous-même. Prenez une partition et lisez-là.
A l'italienne !
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