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RacReciR

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La malédiction de l'enregistrement numérique [14e déc. 2005|11:52 pm]
RacReciR
Je peste contre cette musique en boîte qu'on nous inflige depuis l'invention de la haute fidélité et qui a comme effet direct de stériliser la musique.
Je l'ai déjà écrit.
Je m'en moque.
Je suis en colère.
Comment ose-t-on proposer au grand public de la musique dont l'échantillonnage écrête tout ce qui dépasse 44 Khz ?
Sous prétexte que l'oreille ne perçoit que la plage 20-20.000 Hz.
Nous entendons dans cette plage.
Les harmoniques de l'instrument débordent, elles, largement ce spectre de perception.
Quiconque a comparé le son d'un vrai piano au meilleur enregistrement peut constater la différence.
Elle en devient effarante dans le cas d'un orchestre.

C'est la différence entre mort et vivant.
Dans le premier cas, l'instrument, la musique pulse et projette des ondes sonores dans toute la pièce.
Ces ondes sont réfléchies sur les murs, plafonds, meubles, auditeurs et reviennent ainsi texturées à l'oreille du musicien.
Dans le second cas, ce sont au mieux une bonne paire d'enceintes et un bon amplificateur qui diffusent un son stéréophonique dont l'échantillonnage supprime à la source les trains d'ondes qui auraient dû réfléchir.

Les harmoniques ainsi construites sont très apauvries.
La victoire du CD et du numérique sur les procédés analogiques (vinyle) est une vraie régression dans la restitution des interprétations musicales.
Le vinyle s'usait mais reproduisait une copie exacte du moment capturé, puisque reflet mécanique de l'onde musicale (un sylet qui grave la cire en fonction des fréquences reçues).
Ce procédé, qui a atteint un haut degré de technicité, est bien plus riche en informations que n'importe quel procédé numérique.
Il le sera toujours.

On ne peut pas rendre toutes les fréquences dans un mode numérique où la discrétisation du réel est un axiome.
Il y aura toujours des trous.
Une oreille exercée les perçoit.
Encore faut-il qu'elle dispose d'un échantillon sonore qui lui permette de procéder à la comparaison.
L'oreille fonctionne en effet selon un processus différentiel et c'est le rapport des fréquences qui détermine la hauteur des sons perçus.
La différence entre 20KHz et 44Khz correspond donc à un doublement (44/20).
Un peu plus d'une octave.
Le numérique supprime tout au-delà d'une octave de la dernière note, 20.000 Hz, qu'entend l'oreille.
C'est sans doute une des raisons qui contribue au désintérêt du public pour la musique dite classique.
Les industries du disque et la société de consommation ont imposé une régression notable de la qualité de la musique enregistrée en échange d'un support dit inaltérable et d'un format réduit.
La qualité est effectivement réduite au prorata de la taille du support.

Il est désormais possible de rendre le support beaucoup moins sensible aux altérations et, surtout, de graver et de lire les microsillons grâce à un faisceau laser.
Celui-ci amplifie aisément le signal analogique qu'il lit ou écrit (la profondeur et la largeur des sillons) et peut dont initier un bien meilleur respect de l'instant capturé.
Il devrait, accessoirement, aussi graver des sillons plus étroits et contribuer à réduire la taille du support.

Sauf que la mode est au numérique.
Et la vitesse des processeurs limite les possibilités de l'échantillonnage.
Alors que la lumière du laser, analogique, reste fidèle à l'original.
Les industriels ont décidé de formater les oreilles des consommateurs, en les privant des possibilités induites par les progrès technologiques.
Sous prétexte que, compressé ça tient moins de place - ce qui est vrai, on nous fait avaler que c'est de qualité comparable - ce qui est un mensonge éhonté.
Ironie de la situation, l'industrie du disque cherche par tous les moyens à assurer sa survie dans un monde numérique où la copie est toujours possible.
Il lui suffirait pourtant de produire de la musique analogique pour régler la question.
Capturer  l'émotion du moment, fût-il éphémère, s'accommode difficilement d'une discrétisation.
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