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Pas de deux - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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Pas de deux [28e fév. 2006|05:24 pm]
RacReciR
Pas de deux de Forsyrthe

Mesurer pour agir.
J'avais prévu de ne rien faire de la journée.
J'ai
tenu cette promesse au delà de mes espérances.
Tenu en effet de prendre congé afin de surveiller le raccordement de mon installation électrique, au réseau enterrée.
Jusqu'ici, le câble alimentant le pavillon avait un humour aérien du plus bel effet qui, formant une magnifique guirlande, remontait de paquet de maisons en paquet de maisons jusqu'à survoler le jardin et venir se ficher, atour dans une poulie, monté au coin droit de la façade.
Je
n'avais plus vu pareille installation depuis mon enfance.
Les montagnes du Liban vers les années 1970 et leur écheveau de fils électriques partout tissés.
Ariane ma soeur...
Il a donc fallu que j'assistasse, la mine faussement contrite, à l'enterrement, en très proche banlieue parisienne.
L'événement aurait pu être triste, on n'enterre pas une fée tous les jours, et j'étais d'humeur radieuse.
Plaisantant avec l'équipe de techniciens qui avait transformé mon sous-sol en gadoue venue directement de leurs bottes charriant boues et alluvions depuis le jardin par l'effet d'un savant ballet d'allées et venues qui avait détrempé le paillasson aux premières minutes.
 Fort heureusement, j'avais en son temps anticipé que le sous-sol, donnant sur le jardin, serait inévitablement un endroit de passage en cas de travaux ou d'intempérie et qu'il était raisonnable d'y faire poser un revêtement de sol synthétique susceptible d'être lavé à grandes eaux (la pièce est équipée d'un regard qui s'échappe dans les tréfonds de la terre).
La dame assurant le ménage hebdomadaire, prévue pour l'après-midi, je pouvais donc vivre cet enterrement avec sérénité.
De toute façon, il faut en passer par là.
Nous serons tous enterrés un jour ou l'autre.
L'incinération d'une ligne à haute tension est en effet peu recommandée par les différentes croyances.
Cette redoutable épreuve s'étant terminée plus tôt que prévu, en fin de matinée, je me suis octroyé généreusement une demi-journée de farniente.
Je suis ainsi monté à la ville et y ai déambulé sous les éléments : froid, neige, soleil, pluie, grêle, ciel bleu azuréen suivis, en quelques minutes, du grain le plus noir et l'averse la plus perçante.
Les quatre saisons déclinées en quelques heures, une fête en mon honneur que j'ai dégustée avec délectation.
J'avais volontairement oublié le casque qui transforme mon téléphone en lecteur numérique et, délaissant Bach par la force des choses, me plongeai dans la foule bigarrée qui composait ce coin de Paris que j'arpentais.
Tout était musique. La pluie battant sur les vitres du train me menant au centre, le martèlement régulier du wagon (proférer wagon à la RATP, c'est évoquer la corde dans la maison du pendu) qui, pendant quelques secondes, longe l'autoroute congestionnée où l'on voit les véhicules, cul à cul à perte de vue, les lampes rouges de leurs freins illuminant le paysage d'une vague pourpre incandescente.
Les anges gardiens veillant chacun de mes pas j'ai, tel Achille (Talon), feint à mon habitude, de ne pas détecter l'aura de leur présence, rempli à ras bord d'une sérénité compacte et sans fissure.

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