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Algorithme musical - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
RacReciR

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Algorithme musical [5e mar. 2006|05:33 pm]
RacReciR
[Humeur |tiredtired]

Ainsi, a-t-il fallu que je me démontre à moi-même que la musique de Bach était complètement algorithmique.
Ce n'est qu'après avoir analysé la 14e invention dans son moindre détail, que j'ai accepté complètement cette idée.
Une fois les gestes et l'algorithme retenus, la musique vient automatiquement.
L'écoute peut alors se concentrer sur les détails d'interprétation.
Quand le geste est parti, ça ne sert plus à rien de le retenir ou même d'y penser.
Il faut le laisser aller et, en fonction du son produit et de l'intention musicale, préparer et doser le geste suivant.
Bach a scénarisé son écriture.
Ses oeuvres signifient toujours quelque chose.
C'est à l'interprète de le découvrir et rien ne remplacera les heures d'analyse et de compréhension de la pensée créatrice.
J'ai pu constater à quel point cette pensée pouvait être complexe dans une invention à 2 voix ainsi que dans le ricercar à 3.
Il faut accepter que la construction de la musique est un algorithme.
Il illustre et dépeint un tableau musical particulier.
Jouer une même oeuvre au piano, à l'orgue ou au clavecin, ce que j'ai eu la chance de pouvoir faire, amène une écoute particulière et apprend moduler le son en fonction des différents instruments et de la pensée en cours.

Le sentiment religieux domine chez Bach.
Il faut donc avoir l'humilité qu'il prêche.
C'est compliqué mais c'est facile à comprendre si on entend bien les voix qui chantent.

J'ai assisté à la répétition de la 4è symphonie de Mahler il y a quelques jours.
J'avais montré mon analyse de l'invention de Bach au chef d'orchestre et celui-ci amusé par ma découverte m'avait invité le soir-même.
Il m'avait réservé une partition orchestrale complète et m'avait suggéré de suivre le contrepoint que développe Mahler dans cette symphonie.
Après quelques minutes de tâtonnements où je me suis laissé noyer dans les entrelacs  (une partition d'orchstre comporte jusqu'à une quinzaine de portées différentes), j'ai réalisé que je suivais parfaitement la symphonie.
J'avais, il y a des années, passé des heures entières à écouter l'ensemble des opéras de Wagner, partition sur les genoux. Des dizaines d'heures d'écoute attentive.
Je me souviens même être allé avec Plume(O.), ravi de cette corvée, écouter le Ring à Bruxelles avec, dans mes valises, 10 kg de partitions.
Le Ring en sus de sa Belgique natale. Nous avons failli avoir des mots.
J'ai dû mettre en avant l'expérience unique d'écouter 14 heures de Wagner en 4 jours.
Tournant les pages dans le noir avec une lampe-torche dont j'avais étouffé la lumière par un mouchoir de poche.

J'ai déjà consacré des WE entiers à cela. L'Or du Rhin à 8 h du matin. La Walkyrie à 10h30. Siegfried à 17heures et le Crépuscule des Dieux à 22 heures. Partition sur les genoux. Cherchant chacun des instruments qui chantait la mélodie de Wagner. C'est, avec Bach, ce que j'ai étudié de plus complexe.
Les études universitaires sont d'une fadeur insupportable comparées à l'étude de la musique.

J'ai donc constaté expérimentalement que, grosso modo, j'arrivais à suivre la plupart des instruments de l'orchestre : violons, altos, violoncelles, contrebasses, flûtes, hautbois, trompettes, clarinettes. Surtout cette clarinette basse qui, dans la quatrième de Mahler, chante un thème de Tristan. L'attente.
Je n'imaginais que cette attente serait si longue.
Une vingtaine d'années par la méthode que j'ai adoptée.

Séparer les champs de l'étude pour les réunir automatiquement.
Par consolidation.
J'ai finalement opté pour un clavicorde.
J'espère trouver le mien au salon de la musique.
A un prix raisonnable.
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