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La Tour de Babel [23e mai. 2006|12:31 pm]
RacReciR
[Humeur |accomplishedperpendiculaire]
[Ecoute |Bach - Singet Dem Herrn Ein Neues Lied - BWV 225]

Tour de Babel de BruegelLa célèbre Tour de Babel avait pour vocation de s'élever jusqu'à rejoindre le ciel pour permettre à ses architectes d'entamer une discussion avec le Créateur.
Forcément, pour les Hommes de ces temps bibliques, le cadre théorique de la Physique permettait de formuler la question en ces termes.
La Terre rectangulaire et plate, soutenue par quatre tortues géantes, autour de laquelle l'univers était en révolution, il était loisible et même légitime de construire une tour assez grande qui finirait bien un jour par atteindre le ciel.

Galilée, Copernic, Képler, Newton et consort sont depuis passés par là.
La Terre est désormais ronde et les tortues sont retournées provisoirement aux Galapagos.

Cela fait cependant près d'un siècle, depuis Einstein, que les physiciens, armés de leur loupe et de leur calculette, scrutent le ciel, la terre, les océans et l'univers en quête de l'antimatière.

Une récente dépêche de l'IN2P3 (l'institut national de la physique nucléaire et de la physique des particules) du CNRS m'a ainsi titillé : "Où est passée l’antimatière ? C’est à cette question que tentent de répondre deux collaborations internationales situées au laboratoire Fermilab, aux États-Unis, qui viennent de réaliser de nouvelles mesures des phénomènes extrêmement rapides se produisant lors de transformations entre matière et antimatière. En première mondiale, les expériences menées au Tevatron, l’accélérateur du laboratoire Fermilab, auxquelles participent des équipes du CNRS/IN2P3 et du CEA/DSM/Dapnia, ont permis d’observer avec une précision inégalée la transition de certaines particules subatomiques (les mésons Bs) en antiparticules (les mésons anti-Bs) et vice-versa. La mesure de la "fréquence de cette transition" est très attendue par la communauté scientifique. À la clé, il y a l’établissement d’un modèle théorique de l’Univers et une meilleure compréhension d’une des grandes énigmes de la science : la disparition de l’antimatière."

Cela me fait penser, en sus de la Babel biblique, à l'histoire de l'ivrogne qui persiste à chercher ses clés sous un réverbère (mes excuses anticipées à ceux que mon propos pourrait offenser, telle n'est pas mon intention, je tente juste une incursion dans un monde parallèle perpendiculaire).

Un exemple pour simplifier : un miroir extrêmement (in)fin(iment) .
J'en connais, que je ne dénoncerais pas, qui passent leur vie à contempler des miroirs.
L'observateur n'a aucun problème pour le voir s'il est disposé de face.
Il est alors possible de calculer, à distance, ses caractéristiques : longueur, largeur, luminosité, indice de réfraction, angle, taille de l'image, etc.
Supposons maintenant que ce même miroir soit disposé perpendiculairement, c'est-à-dire qu'il ne montre à l'observateur que sa tranche (ce qui est une figure de style).
S'il manque réellement d'épaisseur, l'observateur ne verra rien.
Un peu distrait par les lumières de la ville, il ne saura même pas qu'il y a là un miroir.
Le miroir, lui, sera bien disposé, perpendiculairement à l'observateur, le rendant (quasi) invisible.
Il sera toujours possible d'inférer sa présence en voyant l'interaction d'autres observateurs avec l'espace-temps où il se situe (ceux qui font un détour pour l'éviter ou ceux s'arrêtent pour s'y mirer, ceux qui le traversent, etc.).

L'espace dans lequel nous sommes compterait 11 dimensions (on ne va pas chipoter avec les théoriciens pour s'assurer qu'il n'y en a pas une de plus ou de moins).
Supposons maintenant que notre miroir (c'est d'antimatière dont il s'agit) soit disposé perpendiculairement dans plusieurs de ces 11 dimensions (ce qui en fait un anti-miroir).
Il est raisonnable de penser que les pauvres mortels que nous sommes n'auront aucun moyen de percevoir son existence pour envisager de mesurer ses caractéristiques intrinsèques.

Un univers exclusivement constitué d'antimatière serait disposé "ailleurs" dans l'espace à n dimensions et ne pourrait interagir avec nous sous peine d'annihilation totale puisque matière + anti-matière = un grand éclair d'énergie (E=mc2).
A fortiori s'il nous est invisible car perpendiculaire (et non pas parallèle) à la puissance n.
(On a démontré par ailleurs que, pour n > 2, le système est chaotique - ou fractal - et il est impossible de le calculer).

Il m'est avis que les chercheurs peuvent toujours réaliser les phénomènes les plus extraordinaires et les plus sophistiqués possibles, ils ne découvriront jamais rien ainsi concernant la localisation de l'antimatière.
Il n' y a aucun moyen de mesurer qu'elle n'a pas constitué un univers perpendiculaire au nôtre dans une ou plusieurs dimensions que nous n'avons aucun moyen d'appréhender.

Qu'un laboratoire puisse à grand renfort de milliards et d'accélérateurs à particules produire une antiparticule pendant 1/2700 milliardième de seconde et la voir se désintégrer est une prouesse qu'il faut applaudir.
Cette prouesse est cependant, et au mieux, aussi utile que si, ayant placé un miroir au bord d'un chemin vicinal, les scientifiques du monde entier étaient disposés à inférer les propriétés de l'univers à partir des différents objets qui s'y reflèteraient : "Tiens un phare jaune (un méson), un phare blanc (un boson), la belle bleue (un proton), un excès de vitesse (un neutrino)", etc.
Ils n'en ont pas fini de découvrir de nouvelles particules à ce compte-là !

Beaucoup d'énergie consommée.
A la poursuite de la flèche du temps.
Saouls sous un réverbère.

Il m'apparaît, à la réflexion, plus raisonnable d'étudier un contrepoint en s'évertuant à en découvrir les miroirs à partir des différentes harmoniques produites (même là où elles ne sont pas perçues).
Pas besoin de série de Fourier ni de transformation de Lorentz, la partition est proposée à la sagacité de chacun.
C'est juste pour se faire plaisir et cela ne construira jamais une anti-fugue.
N'est-ce pas mon ambition fondamentale ?
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