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Contrepoint : lever les voiles - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
RacReciR

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Contrepoint : lever les voiles [25e aoû. 2006|08:36 pm]
RacReciR
[Humeur |blahblah]
[Ecoute |Bach - RiceRcaR à 3]

Comme prévu, la réponse a consisté en une volée de bois vert.
J'avais donc pris quelques libertés ces derniers temps en m'engageant sur un sentier périlleux.
Celui où chantent les sirènes de la politique.
Non, non, je n'ai pas décidé de tenter le siège de la Rochelle et me lancer dans une quelconque investiture pour obtenir je ne sais quel pouvoir.
Je n'ai aucune qualité pour l'exercice du pouvoir que je conçois, utopique, dans mon espace-temps.
Ce sont les échos des cris poussés au Moyen-Orient, auxquels je me suis violemment heurtés qui ont forcé une pause.
Heurté par les circonstances.
C'est pourquoi je m'en garde, quitte à passer pour  fou.
Un choc trop violent pourrait s'avérer fâcheux.

Il m'arrive ainsi, me promenant, d'aller trop loin et de trébucher malencontreusement sur un dormeur béatement enroulé dans sa servitude.
Souvent le fruit d'un oubli.
Parfois le choix exige un coût qu'il n'est pas en mesure de payer et, à défaut de pouvoir s'en acquitter, il a choisi d'oublier la possibilité même de ce choix.
Il l'a effacé du monde des possibles.
Les chaînes sont là depuis si longtemps qu'elles ont été intégrées au quotidien.
Il faut qu'un événement extérieur résonne et que la douleur (ou n'importe quelle autre émotion, joie, plaisir, peur, etc.) éveille les sens endormis.
Alors, tel un chien, il m'arrive parfois de m'oublier et m'ébrouer.
C'est le bruit de mes chaînes qui me fait immanquablement sursauter.
Cherchant à comprendre, je tends l'oreille.
C'est une façon d'apprendre qui me sied. Discrète.
Comparer son expérience à celle des autres et chercher l'erreur.
Comprendre les attendus d'une décision donnée qui serpente telle une fugue dont la voix principale reste longtemps voilée.
On peut cependant aller la chercher.
Cela force l'oreille à détecter la régularité et initie la transmission au cerveau frontal.
Celui qui gère la conscience de soi.

On peut aussi - luxure des riches - ne rien faire.
Il faut cependant un nombre incalculé de répétitions pour que le cerveau se lasse de la monotonie et les voix supplémentaires aléatoirement - spontanément - explorées.
Pareille musique, contrepoint, fractale, peut ainsi glisser sur un esprit profondément endormi.
La possibilité de ne jamais prendre conscience de la voix principale existe.
Une occurrence est un préalable pour l'entendre !

Le cerveau apprend en permanence et à tout âge.
C'est une voix supplémentaire à laquelle il faut s'ouvrir.
Les itérations successives vont donc lui préciser les singularités. Les points remarquables,  les inflexions.
Il n'en demeure pas moins qu'il perçoit, sub-conscient, la fugue dans son ensemble.
Les décors qui méritent d'être explorés.
Les altérations, les évolutions.
La cohérence du discours.
Le détail incongru.
Cette phrase qui dérange l'ordonnancement si précieusement mis en place lors des répétitions précédentes.

J'assume gaiement.
J'abuse aussi du subjonctif imparfait depuis le collège.
Cela fait rire qui y voit un mode désuet teinté de pédanterie.
Qui pourrait s'offusquer que je m'arrêtasse en chemin pour défaire mes chaînes ?
Il arrive ainsi que leur tintinnabulement évoque je ne sais quel écho dans un esprit voisin.
Echanger des informations cohérentes selon un canal fiable est le seul moyen de mesurer la vitesse et l’accélération relatives de nos espaces-temps.
C'est un message que je m'adresse pour me rappeler que le présent n'existe pas.
Gödel a démontré l'illusion du Temps à Einstein.
Le présent n'a jamais existé et n'existera jamais.

La démonstration est tombée dans l’oubli.
C'est la limite absolue de la mesure.

Suspendre le Temps, ne fût-ce qu'un instant, est donc un moment de choix. 
Le mot mordre n'ayant jamais mordu personne, il m'arrive donc de mordre la main qui maintient les chaînes.
Celle qui me toise tel un chien enragé.
Il en est qui se plaisent dans la douleur : c'est leur droit.
Il en est aussi qui prennent plaisir à infliger les souffrances.
Qui ne fait pas partie des premiers devrait fuir les seconds si cela est possible.
Parfois un vrai gymkhana.

Il en est des millions qui ne connaîtront pas pareille chance.
Il est des espaces-temps où le choix de fuir n'existe pas.
L'alternative est alors de se battre ou de mourir.
Les deux alternats sont, dans ce cas, aussi défendables l'un que l'autre.
Que feriez-vous si une fée vous transportait dans un pareil espace-temps, à la prochaine ligne, d'un coup de baguette maléfique ?

Le courage, quant à lui, ne se pare pas de mots.
C'est une qualité qui s'apprend.
Par la répétition des épreuves.
Et leur réussite.
Réussite n'est pas ici un jugement.
C'est la règle.
Celle qui permet de jouer son tour en acquittant le message de milliers de personnes confrontées à leur dernier choix.

Oui, je sais, il en est qui trichent.
Il y a ainsi nombre de joueurs qui n'ont, individuellement, aucune chance de réussir.
C'est joué d'avance.
Les dés sont pipés et il faudrait un arbitre à plein temps.
Dieu n'est qu'un mot mais c'est celui que brandissent tous les Tartuffe de l'univers.
Sous des milliers d'oripeaux souvent sanguinolents.
Il anime chacun selon son entendement.
Arrivé à une croisée des chemins, la vie peut vous contraindre de choisir d'aller à gauche ou à droite.
Confronté à un choix binaire, pile ou face offre une probabilité d'occurrence de 50%.
Sans indication du bon chemin et seul, c'est donc un moyen efficace de prendre une décision.
A condition de lancer la pièce.

Faites vos jeux, rien ne va plus !
J'entends, pour ceux que l'existence d'un dieu travaille, que l'Omniscience n'implique pas d'omnipotence.
Dieu serait exempté de la contrainte du choix.
Il est donc à gauche et à droite.
Il peut aussi être ailleurs.
Ou nulle part.

Pile ou face ? Une chance sur 2 la première fois.
Après, à condition de survivre au lancer, la probabilité est de 1 et un chemin connu.
C'est un jeu où l'on joue sa tête à chaque tour.

C’est donc un sport couru qui consiste à passer son tour et laisser son voisin prendre les risques.

Souffler n’est pas jouer.

C'est donc une situation à éviter.
Il en est de la musique ainsi que du calcul.
Il est possible de se tromper mais pas de tricher.
Il faut des mots pour cela.
C'est ainsi, assuré de ne heurter personne, qu'au détour d'une fugue je me suis oublié.
Une fugue pour conjurer un Temps de folie.
Elle contient ma violence.
C'est aussi un droit que je prends.
Ce n'est pas la même racine mais c'est le même fruit.
J'ai aussi calculé une probabilité qui converge : 58,72%.
J'ai cependant oublié ce que je mesurais.
L'harmonie des choeurs est ainsi à portée des voix qui s'élèvent.

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