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La puissance de l'infini - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
RacReciR

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La puissance de l'infini [8e oct. 2006|06:22 pm]
RacReciR
[Humeur |awakeawake]
[Ecoute |Bach - Ricercar à 6]

Il aura fallu tout ce temps pour finir de (me) formaliser ce qui me pendait au nez.
C'est le contrepoint de mon état d'empathe.
L'éponge à émotions que je suis se laisse envahir, et parfois bousculer, par les horloges déréglées de son entourage.
Oh, je ne parle pas de mon entourage domestique.
Les horloges de Plume(O.) et d'Hercule(E.) ronronnent tels des métronomes.
C'est le cadre professionnel qui m'offre les plus grandes opportunités d'apprentissage.
Un cadre où les comportements sont totalement stéréotypés.
Des rôles incarnés avec précision.
La pensée circulaire d'un gigantesque cerveau reptilien.
L'imagination que je déploie, en dépit de tous mes efforts pour me fondre dans la masse, continue ainsi à détonner après 17 ans passés dans les différentes administrations que j'ai loyalement servies.
Il m'est arrivé de pleurnicher au sujet de ma situation, ce n'étaient qu'enfantillages de ma part.
J'ai réalisé ne pas envier celle de la plupart de mes collègues.
Pas un instant.
Les plus heureux sont ceux qui contemplent, rêveurs et le sourire aux lèvres, les quelques mois qui les séparent d'une retraite.
C'est, généralement, l'occasion de bâtir des projets.
Un début de singularité.
J'ai donc la chance de mener existence dans un environnement privilégié où je peux librement laisser libre cours à mon imagination, près de 8 heures quotidiennes supplémentaires, en faisant voeu de silence.
Un monastère.
Voeu que le méridional que je suis respecte avec un bonheur incertain qui me vaut de mérités et réguliers foudres de guerre.
Un de mes collègues, qui a décidé de me paterner en dépit des 5 ans qui nous séparent, m'a ainsi expliqué le plus sérieusement du monde qu'il fallait "avoir un pas d'avance" et qu'au delà, le risque dune balle dans le dos devenait trop grand.
Il a donc entrepris de m'apprendre l'esprit grégaire.
C'est passionnant.

Il m'est cependant arrivé d'être à des années-lumière de là.
Un ovni, ai-je entendu dire dans des vies antérieures.
Il a donc fallu apprendre à ralentir l'horloge interne.
Mise en hibernation tous les jours ouvrés, entrecoupée de quelques éclairs d'activité lucide.
Une sieste de 10 minutes dans le train qui me ramène à ma gentilhommière.
Ce temps est généralement suffisant pour compiler, analyser et classer l'essentiel des 8 heures écoulées.
L'horloge redémarre en même temps que s'ouvre la grille du jardin.
Ne pas montrer qu'une pensée circule et tout ira bien.
La perspective quotidienne de ces heures infinies.
L'interface entre ces dizaines de mondes virtuels qui m'habitent la journée et ce monde physique où s'agitent mes doigts.
Souvent un clavier : piano, ordinateur et, dans une moindre mesure, le clavicorde que je réserve pour étalonner l'horloge quantique.
C'est en effet au clavicorde que naît l'aléatoire le plus chaotique.
Les harmoniques les plus folles, fruits de la sévérité et de la douceur des idées.
Le coût en est optimal.
Il permet d'économiser les fonctions cognitives élevées au profit du cerveau reptilien qui assure la survie et a peu besoin de se reposer, tout en apprenant à synchroniser les deux hémisphères.
Il devient ainsi aisé, après 8 heures de méditation multi-synchrones quotidiennes exécutées pendant des années, de solliciter largement les fonctions cognitives les plus complexes.
Réaliser la puissance de l'infini.
La puissance exprime le Rapport du Travail au Temps.
C'est le rapport qui sépare l'Homme du singe, tout simplement.

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