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RacReciR

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musique des mots [20e oct. 2006|08:32 am]
RacReciR
[Humeur |busybusy]
[Ecoute |O Sole mio]

Pièges du pouvoir
L'exercice en est toxique.
Tout processus connaît un pourcentage d'erreur qui accompagne le déroulé de ses actions.
Si ce pourcentage est égal à zéro, nous avons affaire à un être omnipotent qui n'est pas concerné par le propos courant.
De là à en déduire qu'un réseau d'ordinateurs chantât une phrase...
De façon cohérente.
J'ai, en dépit d'un quart de siècle de pratique, beaucoup de mal à me jouer de cette limite.
Cela aide, en revanche, à développer l'écoute.
Elargir le spectre des nuances.
C'est ainsi que je compare la nature du chant à la sémantique de la phrase énoncée.
Les deux interprétations sont-elles en accord ?
Le contrepoint produit par les émotions - même socialement voilées - et l'énoncé de la phrase est éloquent.
C'est cette fugue qui est évaluée pour interpréter une relation.
Les phrases de Bach étalonnent ainsi mon écoute.
Celle-ci contredit la précédente.
Il arrive cependant que je me trompe.
Que le doigt fourche.
Régulièrement.

Je n'en ai jamais rencontré jusqu'ici.
Quelles que soient ses qualités et génie intrinsèques, chacun commettra donc un pourcentage d'erreur supérieur à zéro.
Quatre possibilités se présentent alors :
1 - il s'en rend compte de lui-même
2 - on le lui fait remarquer
3 - il ne s'en rend pas compte.
4 - l'erreur est fatale.

Dans les deux premiers cas, la possibilité d'apprendre de l'erreur existe.
Elle a été identifiée et, même si tous les détails ne sont pas compris, la prochaine occurrence sera traitée avec attention (bascule du cerveau postéro-antérieur au cerveau frontal).

C'est le troisième cas qui pose problème.
Le sujet croit de bonne foi être sur la bonne voie.
Le cerveau reste fourvoyé dans ses schémas précâblés.

C'est ainsi que dans les logiques arborescentes hiérarchiques, il devient de plus en plus malaisé pour le rang n+1 (le niveau en dessous) de signaler une erreur au rang n.
Le rang n parcourt alors une boucle postéro-antérieure dans un temps qui enfle et finit en kernel panic.
Son pouvoir exerce donc une énergie croissante pour que seules les plus graves perturbations soient diagnostiquées.
Pour économiser les moyens.
La communication entre n et n+2 devient, quant à elle, quasi-inexistante.
Le pourcentage d'erreurs a donc tendance à croître dans le temps.
Mécaniquement, par manque de pratique.
Des décisions de plus en plus complexes à prendre dans un temps de plus en plus réduit, une sous-arborescence de moins en moins vigilante, offrant de moins en moins de contradiction, finissent par inhiber la correction d'erreur et le feedback direct.
Plus d'apprentissage.

Il est toujours possible d'espérer que la correction soit effectuée par le niveau n-1.
Cela implique que l'erreur soit flagrante et cette correction est généralement peu souhaitée, au vu du pouvoir discrétionnaire que détient le niveau n-1 sur le niveau n.
Le danger croît exponentiellement avec le pouvoir.
Il est maximal pour n=1, racine de l'arbre.
C'est pour tenter de corriger cette dérive qu'il fut un temps où les rois gardaient précieusement à leur côté un fou, assuré d'une impunité totale.
Ce fou tendait un miroir au roi.
Il le voyait nu.
Il n'était donc pas inutile qu'il fût difforme.
Il y a néanmoins eu quelques fous qui furent occis.
La racine, qui détient le plus de pouvoir, se retrouve isolée et, rendue irrationnelle, invoque la transcendance.
L'arbre dévie alors par propagation d'erreurs.

Tautologie.
Le choix des mots expose les rouages intimes et construit une prosodie.
Le chant qui est induit, différent et répétitif.
La république, démocratique, est intervenue pour renverser cette logique.
Nous pouvons en mesurer la dérive.
Une peur à l'imaginative qui naît ?
Les mots composés, phrasés, entonnent un chant aux développements inattendus.
Le soleil et la mer qui bercent les rêves méditerranéens préfigurent un verger chromatique.
Le timbre et le chant qui continuent à détonner.
Je surprends souvent mon interlocuteur impénitent, protestant de sa foi, en silence.
Porté méridional, l'accent annonce une voix chantante.
Sa neutralité, opposée au spectre exposé, apparaît troublante.
L'ambitus y est plus grand.
Le verbe haut.
Cela va de soi.

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