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un appendice n'est pas toujours caudal - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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un appendice n'est pas toujours caudal [6e nov. 2006|09:35 pm]
RacReciR

J'ai inscrit en bas à droite de la partition de la 11è invention, "3/11/06".

Il y avait noté, en haut à gauche, "begin 18/07/04"

Chez le gaucher que je suis, c'est le cerveau droit qui est calculateur, et le cerveau gauche, intuitif. Ils sont en interférence avec les enseignements pratiqués.

Le résultat de leur computation produit le réel qui m'entoure.

C'est l'intersection entre l'ondulaire et le corpusculaire.

La dualité réunie dans un même crâne, de travers.

Ne plus reconnaître sa gauche de sa droite.

Il regardait un tableau en attendant que les fleurs qui y étaient peintes fanent.

Laisser chacun de ces cerveaux agir à sa guise et découvrir le produit de ces interférences.

Procéder à la mesure a posteriori fait néanmoins basculer le système dans un état donné.

Pas forcément calculable mais déterminé.

Il n'est donc pas étonnant que certains agissements soient jugés incompréhensibles par l'observateur, pour fin et perspicace qu'il soit.

Il m'arrive souvent de jouer du piano en m'oubliant.

Je psalmodie, tel un rosaire, les mêmes morceaux en spirale depuis huit ans.

J'enrichis mon répertoire au fil de l'évolution de la technique et du développement de l'écoute.
Quelques centaines de répétitions pour les pièces les plus récentes, quelques milliers pour les premières.
Alors, forcément, au bout de quelques centaines de fois, l'esprit s'évade.
Je laisse la musique canaliser ma pensée, la conduire dans d'innombrables méandres et, parfois, j'y entends des voix qui me guident. Une histoire que j'ai contée en son temps.
Il a cependant fallu que le rosaire atteignît une taille critique.
14 inventions à 2 voix, 2 inventions à 3 voix, le Ricercar à 3 ainsi que 3 préludes et fugues (dont une fugue à 4 voix) ont formé masse critique.
Je peux jouer plusieurs heures en enchaînant les rêves les plus étranges avec les contrées les plus imaginaires.
Il m'arrive, de temps en temps, d'en relater certaines.
J'ai ainsi pu constater que mon entourage, fort accommodant et ouvert par ailleurs, a parfois tendance à me considérer comme étant limite border-line.
Celui qui a toujours une opinion saugrenue à proposer.
Des calculs complexes, longs et fastidieux, menés jusqu'à une étape bien déterminée.
Souvent bien au-delà de mes acceptions originelles.
Si ce n'est pas là affaire de magie. Rien que par la pensée... et le temps.
Très instructif au demeurant.

Je me souviens, enfant, avoir failli faire sauter le labo avec mes expériences farfelues.
Quelques semaines après m'être brûlé les mains en manipulant de l'acide sulfurique 40N.
Il m'est aussi arrivé de consacrer plus d'une dizaine d'années à bâtir une architecture particulière.
J'apprends aussi quand je ne commets pas d'erreur mais cela est moins remarquable, semble-t-il.
Aussi, ai-je imaginé qu'il serait possible d'enregistrer les émotions.
Il suffisait d'enregistrer le jeu et d'apprendre à en reconnaître les émotions d'oreille.
Etudier comment, traduites en musique, elles sont retraduites en émotions.
Est-ce que f ° f -1 = e (élément neutre) ?

Quels sont les points d'attraction ?
Les ayant vécues lors de l'enregistrement, il devrait être possible, avec de l'entraînement, de s'en souvenir.
C'est ainsi que j'ai abordé la musique.
Enregistrant des centaines d'heures de clavier et capable, pour partie, de revivre les moments.
Utiliser ces inventions pour remonter le temps.
Le projet d'enregistrement tenant compte que je serais plus avancé au moment de l'écoute qu'à celui de l'enregistrement.
Il fallait donc que la technique laissât les émotions s'exprimer d'abord.
Toute cognition extérieure ou tentative d'interprétation perturbant irrémédiablement ces capacités : capter mes propres émotions.
Vous comprendrez donc que je sois agoraphobe.
Lâché dans une multitude, je pourrais aisément me fondre dans le calcul intégral des flots qui m'entourent.
Bien utile pour développer l'écoute de la musique, moduler les émotions des concertistes (à condition d'avoir le son ET l'image) mais c'est un talent bien plus discutable dans une foule.

Ce que ne claironnent pas les scientifiques, tant ils ont peur des conséquences sur la motivation desdites foules, c'est que l'évolution de l'écosystème est chaotique.
C'est à dire, très précisément, que si on le déséquilibre, pour une raison ou une autre, l'équilibre suivant qui sera trouvé, au bout d'un temps indéterminé (ça peut être des centaines de milliers d'années) sera forcément différent de l'équilibre précédent.
L'écosystème ne possède pas de mémoire qui lui dise, il faut revenir à une température moyenne de x et une pluviosité de y.
Ou comment le rayonnement sidéral influe sur la dynamique de cet équilibre.
Si l'évolution du climat devient mesurable par l'homme, il y a des chances que l'équilibre précédent ait été rompu.
Quoi que nous fassions, le prochain équilibre sera ailleurs.
Il ne sera pas forcément globalement très différent (si on arrête l'emballement) mais de grandes modifications locales peuvent intervenir (à l'échelle de continents entiers).
Le pire, qui se profile néanmoins, est l'emballement de la 6e extinction.
Que tout s'écroule en quelques décennies, ce qui ne laisse pas le temps au vivant pour s'adapter.
Les organismes les plus complexes disparaîtront.
Nous pensons être au sommet de la complexité de la planète.
Une extinction, cela veut dire qu'il ne reste plus un seul exemplaire vivant d'une espèce.
Plus personne pour entendre Bach.
C'est un risque réel, manufacturé par l'homme (la parenthèse qui rend le discours possible)
Un bel exemple de réflexivité.

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