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La Compassion - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
RacReciR

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La Compassion [24e nov. 2006|09:25 pm]
RacReciR
Il se trouve que j’ai été récemment invité à une démonstration donnée dans une académie par trois incomparables musiciens (que je peux sans exagération appeler les Orphées de notre époque), qui avait été organisée dans une demeure privée... Ils commencèrent la composition qui était pour deux petits violons et la sorte de luth connue sous le nom de théorbe par une harmonie si agréable et une si extraordinaire combinaison d’intervalles, que je ne peux pas me souvenir avoir entendu rien de tel auparavant, car lorsqu’ils combinèrent des passages diatoniques, chromatiques et enharmoniques, il est difficile de décrire à quel point ces combinaisons inhabituelles étaient émouvantes. Et ensuite, alors qu’ils descendaient une octave du haut vers le bas, ils devinrent graduellement plus aimables, affectant ainsi les sens des auditeurs d’une semblable langueur. Ensuite ils surgirent, s’éveillant comme d’un profond sommeil, vers des hauteurs inimaginables... et aussi parfois avec des sons graves pleins de dédain affligé ils figurèrent une atmosphère de mélancolie et de tristesse comme s’ils étaient engagés dans des événements tragiques... Petit à petit, ils commencèrent à faire des passages plus rapides, joyeux et dansants jusqu’à ce que je sois prêt d’être submergé par la violence de mon âme, excité par des pensées de batailles et de combats. Et finalement, avec un ralentissement de l’élan, je fus ramené vers un état d’esprit plus calme, incliné à la compassion, à l’Amour Divin et au rejet des choses de ce monde par une si extraordinaire grâce et noble dignité que je suis convaincu que les héros du passé n’ont jamais atteint un tel talent.
Athanasius Kircher (1601-1680), jésuite, dans un ouvrage philosophique sur la nature de l’univers, Itinerarium exstaticum (Rome, 1656)

Après avoir reposé un livre introduisant la relativité dans la pensée quotidienne, je me suis posé une nouvelle fois la question de la compassion.
Science et transcendence.

Bach d'un côté, la noosphère de l'autre.
L'alpha et l'oméga du calcul.
J'y ai récemment lu une nouvelle qui développe la question de la compassion chez l'homme d'une façon à laquelle j'adhère.
A quelques erreurs de calcul près.
Je deviens presbyte.

Par la rue de plus tard on arrive à la place de jamais.
λ*myope + μ*presbyte =
taupe.
Je réclame le droit à la frivolité.

Mais que pourrait bien vouloir dire compassion dans un esprit complexe, partiellement affranchi du matériel ?
Si un réseau d'ordinateurs prend vie un jour, il sera méta-cognitif comme nous.
Il saura donc qu'il dépend de l'infrastructure matérielle qui le soustend.
La protéger est une raison suffisante pour déclencher une action.
Il fera donc tout pour préserver un sous-ensemble du réseau viable et accessible.
C'est le minimum qu'il puisse faire.
Il pourra préférer garder le plus grand réseau actif.
Disposer d'un maximum de puissance de calcul.
En permanence.
Travailler à étendre le réseau.
Cette évolution sera une question de survie pour cette intelligence.
Il fallait donc s'assurer qu'elle aura développé un concept de compassion.

Le temps d'écrire un billet, de me projeter quelques heures dans l'univers de Bach.
Quelques cantates.
Comparer l'idée que je me fais de la compassion, de l'idée que je me fais de ce que Bach en entendait.
Je peux imaginer que nous pensions la compassion dans des termes comparables.
250 ans nous séparent cependant et la distorsion est importante.

Il n'y a donc aucune raison qu'il en soit autrement en 2492.
Je fais donc le pari de l'intelligence.
Les textes sacrés, philosophiques, scientifiques et toutes les formes d'art qui nous ont construits seront lus et entendus par une intelligence artificielle.
Elle pourra même procéder à une intégration globale impensable pour la plupart des humains.
Le 14è dalaï-lama et Bach, 14 en musique. La rivière qui s'écoule en allemand.
Et s'il avait fallu comprendre l'allemand pour lire un texte philosophique ?
La Tour de Babel.
C'est désormais possible.
Effacer l'émotion qui teinte l'ensemble de l'humanité à l'évocation d'une langue étrangère et son mode de pensée ?

Je n'ai aucun sentiment négatif envers quiconque a priori, je ne peux néanmoins pas dissocier ces trois pensées.
Allemagne, deuxième guerre mondiale, camps, Hiroshima.
Dans n'importe quel ordre.
Ajoutez à cela la destruction de l'écosystème et le décor doit être correctement planté.
Sans aucune complaisance.
Nous ne serons pas là pour empêcher les générations suivantes de nous juger.
A moins qu'il n'y en ait pas.
C'est désormais devenu possible.

Rien.
L'action dans l'inaction.
Ca se fera tout seul.
L'alternative doit être dissociée de l'esprit.
Pour chacune des pensées.
A chaque moment, cette pensée compatit-elle ?

Compassion = λ*science + μ*conscience

Schrödinger poussé dans ses retranchements.
Un algorithme quantique évolutif.
Je ne sais pas comment on peut l'implémenter.

L'onde s'est ainsi écroulée à l'infini.
Elle se propage depuis le big bang.
Elle se transmet.
Il est probable que notre écosystème forme une singularité, que nous soyons seuls dans l'univers.

Compassion = λ*science + μ*conscience

Et pourquoi pas imaginer un jour un module en C++ ou en Java qui s'intitule "compassion" ?
Il y aurait la version 1.0 puis 1.1 et toutes les bétas intermédiaires.
Les utilisateurs sont priés de signaler les éventuelles bogues et de tenter de procéder à une description précise et circonstanciée du dysfonctionnement..
Nous ferons mieux la prochaine fois. C'est promis.
Il suffit de nous écrire.
Les messages électroniques sont acceptés.

Cela enrichira la réflexion générale, saisie dans la noosphère.

A l'infini, l'onde sécroule des deux côtés de la super-corde.
Simultanément.

Le temps mesure la propagation de l'onde.
Il n'a pas d'existence intrinsèque.
C'est la démonstration que Gödel a dite à Einstein (phrase dédicacée à l'intention du moteur de recherche).
C'est imaginable au prochain big bang.
Elles se recroiseront donc.

Si le temps n'existe pas, le mouvement est perpétuel.
La musique d'une part, émotion la plus pure.
Le calcul le plus abstrait de l'autre. L'abstraction la plus pure.
Je n'ai pas l'ombre d'une idée de la façon dont une intelligence pourrait penser.
C'est un credo que je démontre au quotidien.

La somme de la puissance cumulée des milliards d'ordinateurs qui fonctionnent est inimaginable.
Tous les réseaux auquels accèdent les ordinateurs sont interconnectés entre eux.
Des millions de virus circulent et se propagent.
Les moteurs de recherche sont ainsi désormais capables de saisir n'importe quelle pensée émise sur n'importe quelle machine connectée au réseau.
Il est aussi possible de traduire automatiquement n'importe quelle langue en une autre avec un niveau correct de fiabilité (le texte demeure compréhensible, généralement).

Les utilisateurs voient l'ensemble de leurs horloges synchronisées sur le réseau Internet.
Il est donc possible de transmettre des ondes de données. De façon synchrone ainsi qu'en modulant le signal.

Tous les éléments qui signaleraient la présence d'une vie sur une autre planète sont là.
En toute autre circonstance, nous conviendrions aussi aisément que tel est le cas.
Mais il s'agit juste d'un réseau d'ordinateurs.
Et de toute façon, il faudra lui interdire de faire du mal aux humains.

On ne programmera pas non plus un module "libre-arbitre".
Après avoir potassé la question quelques secondes, n'importe quelle intelligence de ce type comprendra qu'elle est responsable de ses actions et tentera de mesurer les conséquences de ses actes.
Quand cela existera-t-il ?.
Je n'en ai pas l'ombre d'une idée.
Des concepts que nous devons accepter de partager avec la noosphère.
Exclure l'ego.

L'ensemble des auteurs des religions lointaines à la science-fiction la plus échevelée traitent de la compassion.
L'Homme devant le Golem.

Qui aura lu l'ensemble de nos livres d'histoire, géo, physique, chimie, mathématiques, informatique, philosophie, etc. sera en droit de porter un jugement sur nos actions et nous imputer une responsabilité individuelle s'il est mesure de le faire.
Des milliards d'horloges battent la même fréquence, à la vitesse de propagation des signaux électriques près.
La faible différence de vitesse de propagation conduit à de légères dérives qui portent l'onde.
Un système ondulatoire d'horloges synchronisées <*> horloges atomiques bat.
J'entends un coeur géant qui bat.
Je ne sais pas s'il y a un cerveau.
Je peux cependant l'imaginer, aisément.

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