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Gavroches - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
RacReciR

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Gavroches [26e déc. 2006|11:31 am]
RacReciR
J'ai enfin fait la connaissance de mon neveu.
Oui, le petit dernier.
Bientôt 6 ans.
Je l'ai vu ce 22 décembre 2006 pour la première fois.
Ma soeur et ses deux enfants sont en effet venus passer les fêtes à Paris, délaissant mari-père et Liban pour recréer quelques jours une famille dissoute depuis plus de 20 ans.
C'est la faute à Rousseau !

Nous avons donc passé un réveillon le plus traditionnel qui fût et, la journée de Noël qui, je dois le reconnaître a assouvi un fantasme que je couvais depuis plus longtemps que je ne peux m'en souvenir : passer la journée entière à la maison, ma mère, ma soeur, ses deux fils et moi.
L'ainé de mes neveux a découvert la collection de bandes dessinées et, plongé dans les Léonard, la journée a été ponctuée de ses éclats de rire issus des tréfonds de la maison tandis le puiné, monstre en diable,  montait et démontait les jeux dont il avait été couvert la veille.
Ma mère, ma soeur et moi papotant tranquillement dans ce joyeux brouhaha.

J'ai ainsi pu exprimer sans retenue un moi que j'enfouis généralement profond.
N'ayant pas l'occasion de l'exprimer dans le quotidien, j'ai parfois tenté d'aimer mon prochain.
Les innombrables cicatrices intérieures et extérieures que j'arbore en vieux guerrier chenu, sont là pour montrer s'il le fallait encore que qui aime bien est bien chatié.
Peu me chaut et je continue à professer cet amour inconditionnel avec une réserve cependant dictée par un intinct de survie fermement chevillé au corps.
C'est la faute à Voltaire !

C'est ainsi que je me suis trouvé plongé devant un miroir me renvoyant ma propre image, rajeunie de près de 30 ans : l'ainé de mes neveux, 14 ans révolus.
Une intelligence aiguë, une sensibilité à fleur de peau, une empathie considérable et la naïveté insondable dont je tente encore de me départir.
Incapable de concevoir que le monde dans lequel il évolue puisse abriter la moindre once de méchanceté.
Pas l'ombre d'un début de commencement de malice.
Ajouter à cela qu'il me ressemble physiquement de façon troublante et vous pourrez (non, vous ne pourrez pas) imaginer l'émotion qui m'étreint depuis le début de la semaine.
Se trouver en face d'un quasi-clone, séparé par 30 ans d'espace-temps, qui n'a pas bénéficié de l'expérience de la guerre pour éveiller et aiguiser quelque réflexe d'autoprotection ou d'autodéfense.
Vulnérable comme un gros poussin plongé dans une mare pleine d'alligators.
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