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Vae victis ! - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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Vae victis ! [30e déc. 2006|11:16 am]
RacReciR
[Humeur |blankblank]

Gibet de potenceOyez braves gens, le tyran a été pendu haut et court ce matin à l'aube !
Un dictateur sanguinaire a été "exécuté" à 6 heures ce matin.
A quelques heures des fêtes de l'Aïd et de la Saint-Sylvestre, concélébrées partout dans le monde.
On a pendu les droits de l'homme : haut et court.
La barbarie a donc répondu à la barbarie.
L'humanité attend avec impatience que photos et films viennent égayer cette fin d'année mémorable.
La noosphère va bruisser des fuites savamment distillées qui, étrennes morbides, seront échangées sous cape.
Cet homme, le pendu, était responsable de la mort de millions de personnes.
Il a aussi, surtout, été un précieux instrument de la déstabilisation du Moyen-Orient, maintenu enfoncé dans un âge médiéval pour permettre aux conquistadores de piller l'Or noir dont dépend notre si belle civilisation.
Il était finalement devenu encombrant et, pas question qu'une série de procès lui donnassent l'occasion de rappeler toutes ses amitiés devenues honteuses, il fallait donc s'en débarrasser.
Quel dommage que les jeux du Cirque aient été abolis.
C'eût fait un joli spectable diffusé en direct-live.
Justice est donc faite.

Arrivé au pouvoir par la grâce d'un coup d'état, il a manifesté tout au long de son long règne, 1979 à 2003, une violence et une inhumanité remarquables, n'hésitant pas à massacrer ami comme ennemis tant il craignait son entourage.
Ecraser impitoyablement tout ce qui se trouvait sur son passage.
Manipulé par les puissances occidentales, américains en tête, il a été utilisé pendant plus d'une décennie pour tenter de museler la révolution iranienne, nourrie et partie de Neaufle-le-Château, France.

Grand ami qui, en échange de pétrole et d'argent sonnant et trébuchant, alla même jusqu'à se faire construire une centrale nucléaire, Osirak, bombardée par les israéliens à quelques semaines de son inauguration, aux aurores de la guerre Iraq-Iran.
La décision de doter l'Irak de technologies nucléaires ayant été prise par le Premier Ministre français de l'époque, Jacques Chirac, le réacteur a été ironiquement surnommé Ô Chirac par les Israéliens et une partie de la presse francophone.
Il fut un temps que gardent les archives de l'INA où notre grand phare de la pensée affirmait urbi et orbi que ce brave homme était son ami personnel et celui de la France.
Dis-moi qui tu fréquentes...

C'est la révolution iranienne qui lui a permis de donner la pleine mesure de sa sauvagerie.
Les Etats-Unis, humilié par la prise d'otage de leurs ressortissants dans leur ambassade à Téhéran et leurs alliés européens, affolés à l'idée de ce grand pays, l'Iran, qui tendait les bras aux barbus ont donc poussé l'Iraq à attaquer l'Iran qui ne demandait rien à personne.
S'ensuivirent près de 10 ans de guerre et plus d'un million de morts de part et d'autre : armes chimiques, enfants-soldats et autres joyeusetés.
Ces mêmes armes qu'il n'a pas hésité à utiliser contre ses propres concitoyens dans les montagnes kurdes.
Il fallut qu'il franchît la ligne jaune en 1991, envahissant le Koweit (et s'appropriant son pétrole) pour que, soudain, l'ami devînt infréquentable et la première guerre du golfe exécutée.
Suivie de plus de 20 années de sanctions internationales qui ont vu des centaines de millier d'irakiens, des enfants surtout, mourir de faim, de maladie, dans la violence pour se terminer en 2003, par un feu d'artifice géant, filmé en mondovision, dont un bouquet nauséabond vient d'être tiré entre la dinde et les cotillons, à 6 heures du matin, en catimini.
Mettant un  point final et un terme à l'action de la justice.

Paix aux hommes de bonne volonté !

L'histoire est écrite par les vainqueurs.
Cette exécution barbare, adoubée par la communauté internationale qui s'est magnifiquement lavée les mains en affirmant du bout des lèvres son opposition à la peine de mort, Ponce Pilate de Pacotille, en est une démonstration éclatante.
C'est ainsi que s'administre la justice en ce début de troisième millénaire.
Les millions de morts ne connaîtront donc pas la justice, fût-elle à titre posthume, au nom de l'Histoire.
Personne ne saura jamais quelles ont été les réelles motivations mercantiles qui ont conduit à la mort des millions de personnes, irakiens, iraniens, kurdes, américains, britanniques,...
Les livres d'histoire ne retiendront que la version officielle de cette dernière guerre des Gaules.
Récit dicté par César-Bush qu'ânonneront ad aeternam nos chères têtes multicolores, en coeur.
Vae victis ... et bon réveillon !
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