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vaincre l'auto-apitoiement - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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vaincre l'auto-apitoiement [17e mai. 2007|02:39 pm]
RacReciR
ArtefactC'est un processus récurrent, l'auto-apitoiement, dont j'ai pris conscience enfant grâce à l'exemple quasi-quotidien que nous donnait notre mère, mater dolorosa perpétuelle, souvent en sanglots pour attirer la compassion de son entourage (ma soeur et moi en l'occurrence) sur tous les malheurs du monde qui la frappaient si injustement.
J'ai donc pu analyser, avec toute une palette d'émotions personnelles, ce magnifique paravent et tous ses décors qui permet de se draper dans une dignité si pitoyable et de (se) croire incarner un grand rôle de tragédien(ne) grec(que).
Il m'a ensuite fallu de nombreuses années pour réaliser que, par mimétisme, par éducation, j'avais acquis une tendance naturelle à cet auto-apitoiement.
"Ce n'est pas ma faute !", "Je n'y suis pour rien", "Qu'ai-je fait pour mériter celà" et autre calembredaine.
C'est sans doute grâce à Olivier que j'ai pu me débarrasser d'une partie importante de ce travers : "Arrête. On dirait ta mère !".
Radical.

Il n'en demeure pas, néanmoins, quelques racines que j'ai pu déceler ces derniers mois, accompagnant la fin de vie de ma mère.
Je me suis trouvé, en effet, plusieurs fois la gorge nouée en pensant à elle, en l'accompagnant chez un médecin, en allant à l'hôpital, en me préparant à sa mort prochaine, etc.
Jusqu'au moment où j'ai réalisé que c'était des émotions égoïstes.
C'est sur mon propre sort que je larmoyais.
Je me projette dans le regard de ma mère et adopte son point de vue et sa façon de vivre et, forcément, sous cet angle-là, c'est à pleurer (ce qu'elle fait si bien).
Il a cependant fallu moult itérations où je me suis surpris l'oeil embué : "Et pourquoi pleurniches-tu ? Est-ce pour ta mère ou pour toi ?". Et, à chaque fois, j'ai dû me résoudre à conclure que ma mère n'était qu'incidente dans cet état d'émotion primitive.
Inutile de dire que j'avais déjà pu retrouver et (tenté d'extirper) ce type de comportement égotique dans une pléiade d'autres circonstances où je me trouvais faire la roue ou brailler tel un paon pour travestir mes lâchetés.
 
Il reste ce pincement au coeur, qui me saisit et que j'évite de faire paraître, quand je la vois se ratatinant de semaine en semaine.
Comment éviter de penser que cela peut arriver à tout un chacun ?
J'ai ainsi pu constater qu'il lui arrivait, épisodiquement, de ne pas se souvenir de faits écoulés lors de la dernière heure et c'est assez terrifiant à constater.
Je pourrais mettre cela sur le compte de son apathie légendaire mais je sais à quel point sa pathologie (une double carence rénale et hépatique) entraîne des symptomes de démence et de sénilité.
Ca peut donc arriver à n'importe qui, quelles qu'aient été ses compétences cognitives antérieures.

Je ne veux pas finir ainsi.
Comme une lampe tempête dont le carburant s'assèche.
La flamme vacille, diminue lentement puis étincelle et éblouit son entourage avant de s'atténuer.
Il arrive ainsi qu'un dernier retour de flamme annonce une longue nuit noire en proie aux éléments.
Pourvu qu'un rai de lumière éclaire ses pas et qu'elle n'ait pas peur.
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