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Ingénieur et musicien - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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Ingénieur et musicien [13e mar. 2005|11:55 pm]
RacReciR
[Humeur |mischievousmischievous]
[Ecoute |Bach - Suites pour violoncelle]

"Il n'y a pas d'école Satie. Le Satisme ne saurait exister. On m'y trouverait hostile. En art, il ne faut pas d'esclavage".
Satie E.
 

J'ai décidé d'accepter de porter deux étiquettes que, tout compte fait, je revendique : ingénieur et musicien.
Plume (O.) m'a offert, pour étrennes deux plaques émaillées qui portent ces deux mots.

Il était le seul qui pût me faire un tel cadeau qui m'étiquette et que je considère comme un résumé approximatif mais correct.

J'ai donc cherché l'endroit où je les apposerais et, après des semaines de réflexion (j'avais mon idée depuis le début), optai pour l'affût de cheminée.

Le piano est en effet disposé de telle sorte, que lorsque je suis assis sur le fauteuil en forme de croche, à pattes en roses, qui me fait office de tabouret, je suis de l'autre côté de la cheminée qui, d'un tacite commun accord, nous sert d'endroit où déposer les objets dont nous ne savons que faire.
Vous pouvez aisément imaginer cette cheminée encombrée d'un joyeux bric à brac.

J'ai donc voulu coller ces deux plaques le long de la paroi de la cheminée qui me contemple lorsque, armé de colle et de ma plaque, je me rappelai que la cheminée avait été repeinte – mal – d'un enduit qui en tuait le charme et rendait, accessoirement, l'apposition d'une quelconque plaque impossible. La cheminée est en pierre et le peintre, dans sa diarrhée, l'avait badigeonnée de blanc.

Plume(O.) et moi avions constaté le désastre à notre arrivée mais le mal était fait et le déménagement en cours.
Nous savions par ailleurs tous les deux que nous n'allions plus rien demander aux ouvriers dont le zèle et la compétence nous avaient refroidis pour une vie entière et dont nous attendions le départ définitif avec une inquiétude et une impatience non feintes. Il nous incombait donc la tâche de décaper la cheminée.
Reculant tous les deux devant cet effort et l'inévitable poussière qui l'accompagnerait, nous avons provisoirement décidé de cacher le désastre en consacrant la cheminée et, par contagion, ses alentours immédiats comme méta-rangement, c'est à dire l'endroit où l'on range les objets que l'on ne sait pas où ranger (oui, je suis incorrigible).
Ceci est sensé être provisoire. Cela ne fait qu'un an que ça dure.

Et me voici, sous couvert de coller Ingénieur, échangeant la colle et la plaque contre l'éponge et le bac d'eau chaude et frotte, frotte. Je n'eus de cesse que de décaper, rageur,  toute la cheminée et d'ôter une première et importante couche de blanc. Il faudra cependant d'autres itérations, la pierre étant poreuse a néanmoins absorbé la couleur. Heureusement que la peinture était de mauvaise qualité et appliquée très diluée.

Une heure plus tard, j'avais réussi à récupérer la couleur d'origine (sable) au prix de l'organisation d'un joyeux bordel dans le salon : il avait fallu en effet, pour décaper la cheminée, en vider le contenu et les alentours ainsi que le dessus. Tous ces objets insolites avaient donc dû trouver une place provisoire à un autre endroit, à proximité, attendant la fin du chantier et un hypothétique retour.

Nous en sommes là : ingénieur est collé et la plaque est maintenue, le temps du séchage, par un manche à balai dont une extrémité appuie, délicatement mais fermement, sur Ingénieur et l'autre calée par une pile de livres d'art, tout droit sortis de la cheminée.

Le fauteuil en croche finit de tout maintenir en place.

Il est bien entendu qu'il fallut de longues heures pour établir le calcul de l'angle que devait impérativement avoir le manche à balai, ainsi que la force nécessaires pour que le dispositif échafaudé fût rendu efficace.

Il sera toujours temps de coller la plaque musicien dans quelques jours.

J'ai hâte que Plume (O.) rentre pour entendre son commentaire qualifiant la complexité de la réalisation d'une idée a priori  simple à énoncer et à réaliser : coller une plaque sur une cheminée peut nécessiter des talents d'ingénieur (il est aussi possible de rester le doigt appuyé sur la plaque pendant tout le temps nécessaire à la prise de la colle. J'ai, pour des raisons évidentes, refusé d'aller plus avant que d'envisager cette hypothèse).

J'avais débuté mon dimanche en allant chez ma mère remplacer les ampoules défectueuses (dont une vicieuse ampoule de frigo). Pendant que j'étais là, je me suis aussi chargé de démonter le vide-ordures, bouché par un sac de journaux, expédié par la femme de ménage pourtant dûment chapitrée à ce sujet.

Je vais enfin, la nuit tombée, pouvoir me remettre au piano. C'est l'avantage d'habiter un pavillon avec un grand jardin... et une cheminée.

Ah oui ! Penser à ne pas bouger la chaise pendant le jeu !

La plaque, en séchant s'est légèrement inclinée selon mes calculs. Le but est qu'elle apparaisse droite en fonction de la position - inclinée -  que j'occupe devant le piano. Oh, pas grand chose. Un ou deux millimètres, bien visibles.
Après tout, c'est tout de même moi l'ingénieur !

Il va falloir mériter la plaque écrivain. Pour les prochaines étrennes ?

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