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Les mille et une nuits (du Temps qui n'existait pas) - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
RacReciR

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Les mille et une nuits (du Temps qui n'existait pas) [2e juin. 2007|10:59 pm]
RacReciR
[Humeur |curiouscurious]

Univers en expensionC'est ce jour, après avoir longuement contemplé un ciel bleu où filait ma pensée que j'ai visualisé ce que cela voulait dire.
Il m'en a fallu ... du temps !
C'est un mauvais jeu de mots mais l'un n'empêche pas l'autre.
Cela faisait des mois que j'en étais persuadé.
Après avoir lu une étude sur le sujet, relatant la vie de Gödel et le principe de la démonstration qu'il a faite à Einstein à ce sujet.
Je ne l'avais cependant pas vraiment réalisé.


C'est l'illusion du Temps qui co-ordonne, orchestre toutes les autres illusions.
Qui les synchronise.
C'est cette illusion qui ordonnance les causes et les effets, décrêtant que telle action A a été effectuée à un temps tx et telle autre, B, à ty où tx < ty. D'où la déduction imparable que B a A pour cause ou antécédant si elles sont liées.
Or elles le sont forcément puisqu'elles ont toutes deux le big bang pour origine ultime.
Il suffit de remonter assez loin pour toujours trouver un lien entre deux actions quelles qu'elles soient.
D'où le battement d'aile qui, chaotique, déclenche une tornade à l'autre bout de la planète.
Et le Temps dans tout ça ? Minute papillon !

Au commencement était l'innommable.
Point de matière ni de Temps.
On peut imaginer une énorme bulle qui s'est auto-libérée d'un magma d'énergie.
Et, après avoir erré dans le vide, cette bulle a atteint une tension de surface telle qu'elle a fini par éclater comme du savon.
Big bang donc.
Des milliards de milliards de milliards de KW libérés en ... un Hertz, une seule transition (bardo) .
Des milliards de milliards de milliards de transitions réalisées ou déchaînées pour créer puis former l'univers en ce qu'il conviendra d'appeler une seconde.
Le système - l'univers - étant isolé, la première seconde qui l'a vu naître a contenu/effectué autant de transitions que d'objets finalement créés et déjà détruits, issus de la transformation de l'énergie en lumière puis en matière selon la relation d'Einstein : E= mc2
Au début (entre 0 et 10-43 seconde), ces créations se sont effectuées dans une gigantesque explosion pré-nucléaire.
Tout était énergie puis lumière et se propageait donc à la vitesse de ladite lumière dans le vide.
Le Temps n'avait pas le temps d'apparaître.
Il n'y avait pas d'autre observateur que la nature de l'esprit qui n'observe rien.
Pas de saisie ni de dualité donc.
Il aura fallu que les phénomènes ralentissent considérablement, de millions d'ordres de magnitude pour, allant à des vitesses ridiculement faibles par rapport à celle de la lumière, commencer à pouvoir être saisis, dénombrés et ordonnancés.
A avant B, avant C ... soit  le karma à l'oeuvre et le samsâra en formation.

Il n'en demeure pas moins que ce Temps qu'on nous (dé)compte sans arrêt depuis 16 milliards d'années n'est qu'une construction conventionnelle de l'esprit.
Il est loin d'être invariable.
Il n'y a aucune raison qu'il le soit.
L'univers est en expension. Les distances et le volume de l'univers continuent à croître.
Aux bords du front (de l'explosion) qui enfle, c'est toujours la même onde qui se propage dans le vide depuis la nuit du Temps.
Mais, à l'intérieur, c'est la même énergie qu'il faut répartir dans un volume de plus en plus grand (qui augmente avec un rapport à la puissance 3, dans les 3 dimensions physiques).
La température - qui mesure indirectement l'entrechoquement des particules - baisse donc (c'est le propre de la transformation adiabatique).
Et le Temps s'accroît. Il se dilate.
Nous n'avons aucun moyen de mesurer cette dilatation.
La seconde est, en effet depuis 1967, la durée de 9 192 631 770 périodes de la radiation correspondant à la transition entre les deux niveaux hyperfins de l'état fondamental de l'atome de césium 133.
Quel que soit le Temps réel que mettra l'atome de Césium pour effectuer ses 9 192 631 770 périodes, cela s'appelera donc une seconde. Même si sa vitesse absolue diminue (très lentement mais ça ne veut rien dire) et le Temps croît, nous ne pourrons jamais rien mesurer puisque toutes les autres transitions s'effectuent en rapport. Les atomes qui composent notre corps ou les objets qui nous entourent sont synchronisés sur cette fréquence de transition et la diminution (le refroidissement) de l'un entraîne celui de l'autre.
Il est physiquement impossible de définir le Temps plus précisément que cette transition.
Il n'en demeure pas moins que ce Temps et cette transition sont une pure construction mathématique, illusoire, qui nous est imposée pour synchroniser de force (il faut avouer que c'est rudement pratique dans le cadre d'une vie moderne si palpitante) toutes nos activités et, même, nos pensées qui battent désormais la mesure en cadence.

Il n'y a par ailleurs aucune raison que le Temps se dilate uniformément dans l'univers mais c'est une autre histoire.
Moi qui compose ces lignes sur le clavier de mon ordinateur cadencé à 1,7 GHz et vous qui les recomposez sommes liés.
Ceux qui ne me liront jamais sont décomposés car liés de la même façon.
De même que ma pensée parvient déformée, atténuée, différente,  il n'en demeure pas moins que la lecture de ces mots va évoquer une visualisation (dont j'ignore tout) mais dont j'aurai été l'antécédant.
Ces mots étant eux-mêmes issus des kyrielles d'interactions directes ou indirectes que nous avons eues dans les jours, les mois, les années ou les siècles précédents (ou suivants).
J'ai ainsi imaginé un atome de Césium réalisant 33203785953240 transitions, soit quelques 72 de nos minutes.
Le temps d'écrire ces lignes (qui contractent 16 milliards d'années).
Les (re)lire et les amender sera bref mais cela reste un processus (dé)mesuré.
C'est peut-être 33203785953240 big bangs qui ont vu le jour créant autant d'univers perpendiculaires dont je n'ai rien à faire.
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