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Rompre l'Arche du Temps - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
RacReciR

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Rompre l'Arche du Temps [10e sep. 2007|05:22 pm]
RacReciR
Pourquoi méditer ?
Après tout, c'est une question qui mérite d'être posée.
Vu le temps infini qu'il faut y consacrer pour sa pratique.
Pour rompre l'illusion, répond-on communément.
Très bien.
Donc, je m'assieds, je fais le vide dans mon esprit.
Je me fixe en un point.
J'arrête là toute pensée discursive.
J'élimine la pensée qui observe.
Et j'attends.
Que quelque chose rentre ou sorte.
Si la méditation est éveillée, c'est le hasard des rencontres et de la vie qui commande cette entrée/sortie.
Sinon, c'est boîte à malice du pratiquant qui s'entrouvre.
Et en sortent les éléments karmiques à purger.
Positifs ou négatifs.
Il y a plusieurs façon de vider la boîte.
Soit on prend tout ce qui rentre et tout ce qui sort.
On le laisse se dérouler et se libérer.
Contemplatif.
C'est le but ultime.
Mais pour y arriver, il faut absolument que la boîte soit vide.
Car le pratiquant est extrèmement vulnérable à ce moment-là.
Il est totalement ouvert.
C'est le moment où son ego est à son minimum absolu, à vif.
Et, à moins d'être éveillé, il n'est pas au bout du chemin.
Restent donc les voiles les plus subtils (du moment).
Il est dangereux de vouloir déchirer de tels voiles chez autrui sans de bonnes raisons.
On ne peut connaître avec certitude que le contenu de sa propre boîte. Le fond de celle des autres nous demeure caché jusqu'à l'éveil.
Pas tout de suite pour moi, mais je prétends encore comprendre et expliquer ce qui m'empoisonne et saisit des concepts.
Je fais mon possible pour que le bilan de ces saisies soit positif ou neutre pour vider et, en tous cas, éviter de remplir ma boîte.
Je sors parfois de gros paquets.
Dont je ne me doutais pas de l'existence.
C'est bien que par ennui, par désoeuvrement, je suis allé au fond pour aller les chercher.
Des parfums variés et subtils.
Longuement médités.
Il faut donc avoir reconnu son démon personnel, s'être assuré de sa présence et des liens qu'il entretient avec le reste de l'architecture.
S'il soutient encore un pan essentiel de son essence.
Des endroits qui doivent être purgés.
Il est aussi possible de purger la boîte par classe de problème.
En tranchant la racine de l'ignorance.
Ne pas se poser la question du lieu et du moment mais analyser le flux et se déterminer en fonction du gradient.
Il est toujours possible de procéder à une telle analyse.
Ceci est essentiel pour le pratiquant.
Regarder se vider la boîte à malice sans juger, sans intervenir, sans même montrer sa présence.
Puis généraliser un apprentissage à partir de l'échantillon libéré.
Il est souvent possible de généraliser.
C'est la paresse naturelle et la saisie subtile de l'ego qui veulent absolument se reposer sur des étiquettes.
Donc la tendance de classer périodiquement des objets insolites... dans la boîte à malice.
La libération ou éveil devrait intervenir si le pratiquant est capable de suspendre totalement son émanation.
Tout arrêter, simultanément.
Réaliser en parallèle sur toutes ses consciences, de la nature illusoire de la réalité de l'Arche du Temps.
Que c'est l'ego qui fait office de clé de voûte.
Ca vaut la peine de désceller cette pierre-là !
Tout se libère si on y arrive.
Le grand transfert.
Qu'il est possible de réaliser au moment de la mort.
C'est alors plus facile si l'on garde conscience.
C'est à dire qu'on se souvient que l'on est mort.
Réaliser alors que toutes les consciences sont absentes et qu'il n'en demeure pas moins une nature de l'esprit.
Désincarnée.
Qu'elle est connaissante et vide. Dans le sens spatio-temporel du terme.
L'ignorance consiste alors à interrompre la contemplation pour se saisir d'un élément du décor.
Il ne faut pas.
Pas sans précaution ni sans s'assurer que l'on pourra tout remettre en place ou laisser libérer.
Sinon l'esprit est pris dans le tourbillon et se trouve projeté dans la matrice.
C'est le sort de Dieux qui, pris dans leur contemplation, se saisissent à (ce qui sera) un moment d'un élément du décor et laissent leur créativité se libérer.
Il leur arrive d'être pris dans l'illusion qu'ils ont eux-même tissée.
De se laisser prendre au jeu et de saisir le concept d'ego.
C'est terminé.

Cela fait des millions de fois que ce processus se répète et, à chaque fois, ça recommence.
On est pris dans la roue de l'existence.
Parce qu'il y a un putain de bagage dans la boîte à malice qui force la saisie.
Une sirène ou un dragon.
Mortels tous les deux puisque l'issue de ces deux chemins est fatale.
Pensez à la puissance de la pulsion sexuelle.
Quelle chance y a-t-il alors, que sortant de la boîte à malice, sous des haillons trompeurs, un diable tentateur viennent vous séduire ?
Infinie.
Il faut alors être capable de se regarder dans les yeux et dire, convaincu, c'est moi que je regarde.
Incarner la deité courroucée appropriée et laisser la scène se libérer.
Eve.
Elle sortait de la côte d'Adam. C'était donc le même ego.

On doit régler nos dettes.
Rien n'interdit cependant de procéder à un inventaire ou alors de reconnaître d'avance toute erreur que l'on aurait pu commettre.
... dans cette vie-ci ou dans les précédentes.
Vous comprendrez donc qu'il n'est pas possible de compter ou de raisonner.
C'est au-delà.
C'est un chemin personnel, différent pour chacun d'entre nous.
Chacun doit vider sa propre boîte.
Il peut aider à vider celle des autres mais il faut être sûr de son coup et ne pas alourdir l'addition pour tout le monde.
Donc, en attendant d'être savant, on s'occupe de son propre cas.
Qui suis-je pour aller donner des conseils à qui que ce soit ?
Sauf si on me demande et que je peux expliquer en prenant le temps que la communication s'établisse.
Dire quelque chose à un moment donné ne garantit pas qu'il sera entendu tout de suite.
Cela peut mettre du temps.
Exiger de nombreuses répétitions ou des circonstances favorables.
On appelle ça des facteurs secondaires.
En fonction de l'évolution de chacun, il y a des choses qui font sens et d'autres qui ne sont même pas perçues.
Il est impératif de réaliser qu'il sera toujours impossible de tout percevoir.
C'est la meilleure façon de forcer l'ego à lâcher prise.
En lui faisant réaliser qu'il n'a pas d'autre choix, pour continuer à exister, qu'à se dissoudre dans le chaos primitif.
Revenir de là où il est sorti.
C'est peut-être l'inconnu au delà.
C'est cependant la garantie que forme, espace et temps soient subsumés (il faut 3 variables "indépendantes" pour générer du chaos).
L'alternative est, pendant le bardo de la mort, de saisir le premier prétexte venu pour faire un tour de manège de plus.
Et on recommence à zéro à chaque tour... sauf exception.

Chacun fait comme il veut, bien entendu.
Je ferai mon possible pour arrêter briser mon horloge personnelle.
Si ça fait des étincelles ou un arc en ciel, vous saurez que j'ai réussi.
Je n'ai pas idée du jour et de l'endroit.
Je sais que cela sera.
Cela me suffit.
C'est la lumière qui me guide.
Ne pas avoir le choix.
Lâcher l'ego, rompre l'arche du temps.
Elle est personnelle.
A chacun sa propre arche qu'il a amoureusement construite et entretenue lui même au fil du samsara.
Vous avez le droit (d'essayer) de retirer vos billes si le jeu ne vous plaît pas.
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