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Herméneutique : Ibn 'Arabi - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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Herméneutique : Ibn 'Arabi [3e oct. 2007|10:45 pm]
RacReciR
Qui a dit qu'on ne se baignait jamais deux fois dans le lit d'une même rivière ?
J'ai, à défaut de plonger dans le grand bain, accompli une grande boucle de mon existence et décidé de retater de l'Arabe (je suis pour l'instant incapable de mesurer précisément ma motivation).
J'ai donc acquis une demi-douzaine de livres (dont un dictionnaire et le Coran) présentés dans les deux langues : Arabe et sa traduction Française.
Ironie de l'histoire, la plupart de ces livres achetés à Paris sont édités à Beyouth.

Après un petit en cas de 40 hadiths d'Al Nawâwi, lus hier pour me remettre en jambe, j'ai entamé "Le livre des contemplations divines" d'Ibn 'Arabi : (que j'aurais intitulé "Le livre des contemplations saintes").
Le texte en Arabe se trouve à la fin (ou au début, ça dépend du sens de lecture) et le Français au début (et réciproquement).
A peine quelques pages laborieusement lues de droite à gauche (la mécanique de lecture a singulièrement rouillé en un quart de siècle), cependant que je dévorais la traduction de gauche à droite,  mon scepticisme s'est creusé.
La traduction garde bien le sens général mais perd le détail et la subtilité du texte, essentiels dans le cas d'oeuvres comme celle-ci.
Il y a des interprétations du texte qui sont ainsi lissées par la traduction littéraire proposée, au détriment de la précision du sens.
Fort heureusement, cette traduction est complétée d'un long commentaire qui m'a l'air bien tourné bien que son verbe semble dépasser mon entendement.

Je vous propose donc deux versions françaises du même paragraphe : la septième strophe qui entame le deuxième chapitre.
La première version est celle de l'éditeur (Sindbad, Actes Sud, Stéphane Ruspoli) et la seconde celle de votre serviteur.
J'ai utilisé un séparateur "/" pour signaler une synonymie en Arabe et mis entre (des tournures qui peuvent avoir sens ).

Chapitre 2
Contemplation de la lumière de la saisie par le lever de l'astre de l'acquiescement

7- Dieu me fit contempler la lumière de la saisie et le lever de l'astre de l'acquiescement. Il me dit : " La saisie est identique au délaissement. Mais tout ce qu'on délaisse ne peut être saisi". Il me dit : "Tu me trouves et cependant tu ne me saisis pas. Je te saisis et cependant je ne te trouve pas". Il me dit : "Je te trouve et je ne te saisis pas". Il me dit : "En fait la saisie est derrière toi, si elle était devant toi, nul ne pourrait se fourvoyer". Il me dit : "Je me manifeste dans la saisie et je me dissimule dans le délaissement". Puis Il me dit : "La saisie postule trois termes, et tout nombre sépare, de sorte qu'il n'y a point de saisie possible". Il me dit : "C'est moi-même qui saisis". Il me dit : "Regarde donc les minéraux et saisis leur louange, voilà leur manière de répondre : Oui !".

Chapitre 2
Vue/contemplation de la lumière de la saisie par le lever de l'étoile de la confession/reconnaissance

7- Dieu me montra (fit contempler) la Vérité/Justice (al haq) à la vue de la lumière de la saisie et à la montée de l'étoile de la reconnaissance, et Il me dit : " La saisie est identique au (est l'oeil du) délaissement, et tout ce qui est délaissé n'est pas saisi". Puis Il me dit : " tu me trouves mais tu ne me saisis pas, je te saisis et/mais je ne te trouve pas". Puis Il me dit : " Je te trouve et/mais je ne te saisis pas". Puis Il me dit : " En fait la saisie se fait derrière toi, si elle se faisait devant toi il n'y aurait personne qui resterait (litt: n'en resterait pas un*). Puis Il me dit : "J'apparus dans la saisie et je disparus dans le délaissement". Puis Il me dit : "La saisie est trois, et chaque nombre/décompte sépare de sorte qu'il n'y a pas de saisie". Puis Il me dit : "mon souffle/moi-même ai-je saisi ". Puis Il me dit : " Regarde le minéral** et saisis sa louange, car cela est son acquiescement".

* avec une triple ambiguité, le même mot ahad signifiant "un", "uni" et "dimanche" (premier jour de la semaine)
** fait référence à l'argile à partir de laquelle Dieu a créé Adam
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