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Corps, Parole, Esprit. [18e oct. 2007|03:47 pm]
RacReciR
C'est avec le coeur que l'on voit (un ange)Sangha, Dharma, Bouddha.
Ce sont les trois joyaux, sujets-objets du Refuge.
Le désir du Refuge naît de la prise de conscience de la peur.
Quelle peur ?
Celle de ne pas être en mesure de mettre un terme à sa souffrance et à celles des autres.

La société civilisée et moderne qui nous entoure a érigé le bonheur matériel comme remède paliatif à la souffrance.
Une fabrique de voiles, entièrement automatisée qui, couche après couche, fait perdre de vue l'essentiel.
Jusqu'à l'enfouir, l'oublier.
Vous êtes malheureux, malade, avez perdu un être cher, êtes affamé, ... ?
Il ne vous plus qu'à travailler davantage, dans les conditions qui seront accessibles à votre situation, pour acquérir des objets qui vous distrairont et que l'on vous fera miroiter à l'horizon, fuyant.
Le Veau d'or ou le miroir aux alouettes.
Les publicités (et pas que la télé) qui font briller les yeux et expliquent aux éberlués comment la possession de ce hochet les rendra heureux.
...Avant de recommencer.
Travailler plus pour gagner plus.
C'est l'Enfer de Dante.
Le samsara alimenté par des centrales nucléaires (et le nirvana par des éoliennes) !
Le monstre qui, pour se nourrir, dévore le fruit de ses entrailles.
Sisyphe et Prométhée se regardant impuissants en complétant leur ronde.
...
Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, n'est-il pas ?

La Science, instrumentalisée (par essence), s'attache à déterminer, expliquer et théoriser des faits globaux perçus par le biais de prismes individuels.
Elle comporte le vers du paradoxe de la généralisation d'une expérience personnelle passée au tamis d'outils communs.
... Et vise à construire un pont qui traverse la distance infinie qui sépare ses deux rives (en partant de chaque rive et en rêvant que la con-jonction se fasse au milieu - de nulle part).
La distance étant infinie, la quête est éternelle.
Les causes de souffrance et de malheur extérieures sont ainsi infinies.
La Science conçoit donc parfois des cautères pour masquer la souffrance.
On a beau vivre en France au XXIè siècle dans des conditions qui font rêver plus de 99% des habitants de la planète, nous n'en sommes pas moins les premiers consommateurs de calmants et d'anti-dépresseurs (fruits de la susdite Quête).
Il y a donc un léger hiatus.
Et nous formons bien la partie émergée de cet iceberg dont plus de 99% est sous la ligne de flottaison.

Le bonheur est un état d'esprit.
La libération de l'éveil est, elle, au-delà de l'esprit.
Il faut d'abord dompter cet esprit avant de penser s'en affranchir.
Ce bonheur ne peut donc être décrété par la satisfaction d'un quelconque ensemble de besoins artificiellement entretenus et assouvis par des facteurs extérieurs.
Une fois les causes de la souffrances réalisées, la peur salutaire peut enfin s'installer.
Quelle peur ?
Celle de ne pas être en mesure d'alléger la souffrance et ses causes (la sienne, celle de ses proches, celle des autres) par ses propres moyens.
Il ne suffit pas d'avoir détecté ou compris le mécanisme d'un gigantesque engrenage pour être en mesure de l'enrayer.

La Dharma est l'enseignement qui ouvre le chemin qui mène à la libération (Namo Dharmaya).
Les processus de la souffrance y sont décrits.
Leur enchaînement aussi.
La roue qu'ils forment y est montrée, minutieusement, dans ses infimes détails.
Le Chemin pour en sortir aussi.
C'est un chemin individuel mais balisé.
Une reconstruction, une déconstruction de soi.
Une re-vue de tous ces mécanismes qui nous asservissent depuis la nuit des temps à un point tel que nous croyons, illusionnés, de bonne foi, en être maîtres.
C'est ce qu'a rappelé hier Chepadorje Rinpoche en préliminaire à la cérémonie du Refuge qu'il a accordée (étant entendu que toute mauvaise interprétation de ses propos serait mienne).

Le Refuge est, étymologiquement, l'endroit où l'on se rend pour se soustraire au danger et où l'on pense être protégé.
C'est donc, dans un premier temps, nécessaire, un refuge extérieur.
Une planche de salut, le radeau de la Méduse.
C'est l'exemple de ceux qui ont réussi à s'en sortir - les Bouddhas - l'enseignement d'un Lama qualifié et la protection du groupe partageant les mêmes valeurs - la sangha - le corps du maître (Namo Sanghaya).
Ce n'est que dans un second temps que ces objets de refuge peuvent être relativisés.
L'enseignement est intimement intégré au quotidien, ses fruits ayant eu les conditions, le temps et l'espace de germer, voir le jour et mûrir.
Le refuge est alors interne, identifié au pratiquant.
C'est le même processus que le Guru Yoga qui, d'externe, finit par être internalisé.

Aide-toi et le ciel t'aidera
.
Le refuge est (en) soi-même.
C'est un moi purifié de ses fantômes, de ses hystéries colériques, de ses compulsions morbides, de la compétitivité, de la jalousie et de l'envie qui le poussent à toujours désirer davantage et toujours souffrir de n'y point parvenir.
C'est surtout, un moi qui, peu à peu, prend conscience de l'étendue de son Ignorance.
La pire des ignorances est l'Ignorance.
Celle d'abord qui s'attache à se projeter dans la conjonction de ses agrégats (corps+esprit).
C'est aussi ignorer que l'on ignore.
Se tromper de bonne foi.
Quand on se trompe et qu'un facteur "interne" ou "externe" signale l'erreur en tant que telle, il est toujours loisible d'imaginer qu'un processus d'introspection pourra, éventuellement, déterminer les causes de l'erreur et en permettre de tirer des leçons bénéfiques pour la suite.
Comment voulez-vous corriger un travers si, de bonne foi, vous l'avez (ou le voyez) revêtu de la parure d'une désirable qualité ?

De l'importance des préliminaires.
Ce n'est pas tant la répétition de 100.000 invocations ou incantations(magiques) qui, miraculeusement, donne quitus des turpitudes et ouvre la porte des mérites et de la sagesse.
Il n'y a pas de passeport pour atteindre les rives de l'éveil puisqu'il n'y a pas de port.
Il ne faut cependant pas sous-estimer ou mépriser la portée de la parole, ni sa répétition.
La meilleure pédagogie est celle qui parle à celui auquel elle s'adresse.
Toutes les pédagogies, tous les apprentissages se basent donc sur la répétition du message.
Sur les infinies (et infimes) variations et adaptations d'un même message aux différentes circonstances pour mettre en exergue un exemple, le faire comprendre, et en intégrer l'enseignement.
L'énergie véhiculée par un mantra, répété des milliards de fois par des millions de personnes pendant des centaines d'années avec une concentration et une détermination inébranlables, est ainsi un courant porteur. Mais le dire ne sert à rien car rien ne portera qui ne pratique pas, d'autant que ce n'est qu'un lit - essentiel - mais non un but en soi.

Les préliminaires doivent être longuement expérimentés pour rentrer dans l'expérience du pratiquant.
100.000 fois disent les textes. Un nombre considérable.
Ce n'est, bien entendu, pas le nombre qui compte.
C'est le temps de la réflexion qui compte.
Une seule fois serait, théoriquement, suffisante.
C'est néanmoins le temps/l'intensité consacrés à chacune des différentes pratiques préliminaires (l'addition des 100.000 temps) qui, raisonnablement, garantit que le pratiquant a suffisamment médité sur l'objet de sa pratique.
Qu'il l'a comprise, intégrée.
Qu'il s'y confond et devient le sujet et l'objet.

Les trois joyaux sont alors intériorisés.
C'est la représentation individuelle, incarnée, qui est le support, le chemin (long et laborieux) vers l'identification puis l'abandon de la souffrance, de ses causes... et même au delà.
Impermanence.
Confession.
Purification.
Refuge et Guru Yoga.
Esprit d'éveil.

Ce sont les préliminaires.

C'est une chance insigne, dans une existence humaine, de croiser le chemin d'un Lama et d'avoir l'occasion de s'en montrer digne (Namo Gurubay)
C'est lui qui dispense la parole, qui corrige les erreurs, qui montre l'exemple par ses actions et sa posture.
C'est lui aussi qui incarne le Bouddha (Namo Bouddhaya).
Il n'y a pas un Bouddha. Bouddha n'est qu'un mot, une suite de lettres, qui sert à désigner un être éveillé.
Chacun de ces éveillés possède son identité.
Il est un et unique.
Différent des autres éveillés et idempotent.
Le Lama, dernier maillon d'une chaîne ininterrompue, véhicule par son corps, sa parole et son esprit la transmission des pouvoirs cumulés de tous les Bouddhas de sa lignée.
Il n'est pas le dépositaire, il en est le Véhicule.
C'est lui qui consacre une partie importante de son existence à dispenser, transmettre sous différents aspects,  l'enseignement des trois joyaux.
Le respect et la valeur qu'on lui accorde reflètent ceux que l'on s'accorde à soi-même.
Le Lama incarne donc l'essence du Refuge.

Ré-capitulaire
.
"Celui que Dieu a illuminé Le voit en toute chose" (Ibn el Arabi).
Il reste en effet une longue route à parcourir une fois ces premiers pas accomplis et, le refuge atteint, la présence d'un guide y est une bénédiction supplémentaire.
C'est pourquoi il faut le couvrir d'or et se prosterner devant le Bouddha-en-soi qu'il incarne.
Il est tel le soleil ou le miroir qui, imperturbable, sans jugement, dissipera les voiles de l'Ignorance.
Il faut donc respecter et chérir la distance qui sépare d'un maître.
C'est cette distance qui, ontologiquement, met en mesure de discerner puis de voir son propre reflet.
Dévoilé.
"Vous avez demandé le refuge, je vous accompagnerai" a-t-il dit.
C'est avec son aide que l'on met en terre la graine d'éveil que chacun cache jalousement dans son coffre depuis la nuit des Temps.
C'est d'abord le maître intérieur qui est dégagé de sa gangue (les préliminaires) avant d'être invité à parcourir sa Voie.
Rien dans l'Univers ne saurait être plus précieux - Rinpoche.
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Comments:
From: flo75
2007-10-20 02:21 am (UTC)
"Chacun de ces éveillés possède son identité."
Qu'est-ce qui peut constituer l'identité d'une personne qui n'aurait plus de karma ? La question est d'importance.
(Répondre) (Thread)
[User Picture]From: ricercar07
2007-10-20 08:04 am (UTC)
La Nature de son Esprit, je suppose.
Ca me semblait évident à l'écriture (je vais y "réfléchir" à nouveau).
(Répondre) (Thread)
From: flo75
2007-10-20 08:12 pm (UTC)
La nature de l'esprit est la même pour tout le monde (je ne dis pas qu'elle est commune, mais qu'elle est la même). Ce n'est donc pas ce qui est semblable qui peut définir une identité.
(Répondre) (Parent) (Thread)
[User Picture]From: ricercar07
2007-10-21 08:34 am (UTC)
La Voie qu'il ont parcourue jusqu'à l'éveil les différencie (pour nous en tous cas). Je "vois" un Bouddha comme un trou noir : il déstructure l'espace-temps qui l'entoure.
(Répondre) (Parent) (Thread)
From: flo75
2007-10-22 02:43 am (UTC)
"La Voie qu'il ont parcourue jusqu'à l'éveil les différencie"
Il me semble qu'on peut encore trouver autre chose de plus actuel, si on réfléchit bien.
(Répondre) (Thread)
From: porteedisparate
2007-10-22 09:54 am (UTC)
Je dirais qu'eux mêmes n'ont pas d'identité, mais que c'est notre propre karma qui les cristallisent, d'autant que Mère Meera dit que " Chaque individu aura une façon unique de voir l'avatar" mais je ne sais pas si c'est satisfaisant.

D'ailleurs dans les livres de Mère Meera, on trouve ces phrases, qui me semblent avoir un rapport avec le sujet: "Les avatars n'ont pas de bon ou mauvais karma.Il n'y a pas de karma pour eux. Ils sont au-delà du karma. Le karma n'existe que pour les humains".
et
"Q:Comment est-il possible que les avatars tombent malades ? Ils n'ont surement pas de karma personnel!
MM: Si, les avatars ont bien un karma particulier. Comme ils sont dans le monde, ils ont des corps faits de la même matière que les autres. Les corps sont soumis aux lois de la nature, avec leur inévitable souffrance."

Enfin c'est assez confus.
(Répondre) (Parent) (Thread)
From: flo75
2007-10-22 04:33 pm (UTC)
Tu pourrais comparer avec ce que dit le lopön par exemple pour te faire une idée de ce qui est vrai et faux là-dedans.
Quoi qu'il en soit, la réponse qui se dégage finalement est que leur "identité" est la situation dans laquelle ils sont appelés.
(Répondre) (Parent) (Thread)
[User Picture]From: ricercar07
2007-10-22 09:55 am (UTC)
Tu veux parler de leur mode d'(inter-)action qui signe ?
(Répondre) (Parent) (Thread)