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Halloween : une citrouille dans mon jardin [1er nov. 2007|10:07 am]
RacReciR
Carosse-CitrouilleHalloween

Il serait <*>, s'il ne recelait pas autant de souffrance, de s'émerveiller devant l'habilité de chacun à tailler, ciseler avec amour, chacune des pierres qui pave son enfer personnel.
6 milliards d'humains en ce début de XXIe siècle et, sans doute, autant de variations autour d'un même thème.
Toutes les turpitudes mondaines et paramondaines qui poussent chaque acteur de la comédie à la tragédie.
Je parle ici de ce que je connais le mieux et le plus mal : mon propre jardin.
"Et de ses propres mains déchire ses entrailles" ou la course éternelle à l'échalote du "succès".

C'est la version la plus simple et la plus efficace du mouvement perpétuel.
Il y a toujours un "quelqu'un" ou un "quelque chose" au delà, ce qui confère à cet "objet" des vertus éminemment désirables, sources d'une souffrance infinie pour soi et les autres.
Entends bien à quelle aune se mesure le "succès" qui pave ton enfer.
La pierre (de touche) s'aiguise en s'évertuant à atteindre un but, de toutes ses forces, coûte que coûte.
Orienter sa vie en fonction de ce béatifique But que les meilleurs d'entre nous placeront soigneusement à l'infini pour être sûrs de ne jamais le croiser.
Puis, une fois in-défini,  procéder à la construction de magnifiques cathédrales spatio-temporelles cajolant, recrutant, menaçant s'il le faut tout son entourage.
Chacun sa Babel personnelle.
Mal-menée.
Forcément, puisque l'on a déterminé que c'était le plus court chemin pour atteindre les cimes.
Aller au septième ciel.
Pourquoi le ciel, me demanderez-vous ?
Pardi !
Pour expliquer à Dieu en quoi Son oeuvre est imparfait.
Dieu n'étant qu'un mot qui pare une acception toute personnelle pouvant, dans des cas extrêmes, recouvrir le néant.
Dieu, Jésus, Allah, Yahvé, Bouddha, Argent, Science, Pouvoir, Veau d'or... chacun son dieu qu'il sert avec un zèle démesuré.

Comment ça, je ne manque pas de souffle ?
C'est effectivement l'aspiration de toute une vie.
Le Seigneur peut bien consacrer quelques instants à une de Ses créatures qui n'a d'autre désir que d'apporter quelque amélioration à l'administration de la pétaudière qu'Il a laissé se développer ici-bas !
D'autant que Sa créature, outrée d'humilité, a fait antichambre attendant que son tour arrive, consacrant sa précieuse existence à soudoyer les clercs pour obtenir un sésame pour ce précieux rendez-vous.

"Et qu'as-tu de si important à Me raconter ?"
"Euh, ..."
"Suivant !"

Peste soit des zélotes zélés !
Des pavés comme celui-ci j'en ai, amoureusement sculpté, plein mon jardin.
De toutes les formes, de toutes les couleurs et de toutes les matières.
Capharnaüm à moi tout seul.

Il est pourtant aisé d'ouvrir n'importe quel livre ou dictionnaire pour réaliser que la Terre n'a rien gagné de la fréquentation assidue  - un million d'années (grosso modo) - d'homo sapiens dont l'imagination aura particulièrement brillé dans l'Art de la guerre.
Inventer une infinité de façons différentes de faire souffrir son prochain et, charité bien ordonnée, commencer par soi même.
Il n'en demeure pas moins que tout cela fait partie de la Création et, par essence, n'a pas de signification et ne vise aucun but.
Rien qui puisse faire l'objet d'une saisie par un esprit cupide.

Renoncer, c'est abandonner l'idée d'un but. Définitivement.
Renoncer, c'est abandonner l'idée farfelue de sauver son âme, de sauver le monde et, pourquoi pas l'Univers tout entier ?
Renoncer, c'est endosser sa part de responsabilité dans la gestion des affaires du quotidien et se faire petit, petit.
Une fois l'idée du but anéantie, le plan et la carte deviennent ridicules puisqu'ils relieraient ici et maintenant à nulle part et jamais.
Effacer ses empreintes pour tenter de faire oublier toutes les souffrances que l'on a infligées et que l'on continuera d'infliger autour de soi en dépit de toutes ses bonnes résolutions.
En toute charité.

Vous mangez qu(o)i ce soir ?

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Comments:
From: flo75
2007-11-02 05:58 am (UTC)
Attention quand même. Récemment, ** a vu un lama (un bon) pour je ne sais plus quelle raison. Arrive le sujet de la pratique, ** dit qu'il a renoncé à tout et qu'il n'a plus aucun but, plus aucun désir. Et le lama de s'étonner "Et alors tu vas faire comment pour pratiquer ? - Hein ? euh..." C'est que le ** se croyait arrivé à l'état où on n'a plus besoin de viser un quelconque résultat. Le lama lui a dit qu'il était temps de s'y remettre fissa, parce qu'il n'était pas arrivé, et qu'il ne lui restait probablement qu'une douzaine d'années, qui ne suffiraient pas forcément. Et lui a donné l'adresse d'un autre lama plus élevé pour l'aider à défaire ses noeuds, que lui ne pouvait pas.
(Répondre) (Thread)
[User Picture]From: ricercar07
2007-11-02 09:08 am (UTC)
Je ne parlais de moi que ds la première partie du billet ;-)
Je n'ai la prétention d'être arrivé nulle part et je ne joue pas au faux modeste.
Pratiquer n'est pas, n'a jamais été un but en ce qui me concerne ce qui ne m'empêche pas de souhaiter être capable de le faire 24h/24 (pas forcément sur un zafu). De même que le souhait de réduire les souffrances (avec tte la vanité d'un tel voeu) n'en est pas non plus.
On a tellement et il y a tant d'horreurs que je n'oublie jamais la différence de potentiel (ni mes carences propres).
(Répondre) (Thread)