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Une fête d'enterrement - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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Une fête d'enterrement [17e nov. 2007|11:39 pm]
RacReciR
Saint Julien
MontParnasse

Tout compte fait, c'est une très bonne journée qui s'est écoulée.
Mémorable même.
Si l'on m'avait dit que je ne verserais pas une seule larme le jour de l'enterrement de ma mère !
Sans retenue.
Une très jolie cérémonie religieuse dans une très jolie église Melkite, Saint Julien le Pauvre.
O. et moi sommes arrivés une demi-heure avant le corbillard.
J'avais décidé de ne pas assister à la levée du corps, le funerarium étant aux antipodes franciliens de mon domicile et n'ayant pas particulièrement envie de revoir ma mère froide.

Sa présence a disparu le 13 novembre vers 19h30.
Son corps et son coeur ont arrêté de se battre 9 heures plus tard.
Une infinie agonie. Je l'ai ensuite vue morte, l'ai embrassée chaude puis de moins en moins chaude.
Ce que j'ai embrassé la dernière fois n'était déja plus ma mère.
C'est d'ailleurs ce qui a permis que cette journée ensoleillée fût belle : elle brillait par son absence.
Une vraie sensation physique et une palette d'émotions absentes en moi.
Je les voyais se déployer de ci ou de là, coaguler autour de quelques points dans la nef, mais à aucun moment n'ai-je eu envie de m'y plonger.
Je savais que le cercueil posé devant moi contenait un corps mais je savais aussi sûrement que ce n'était plus ma mère.
Il n'y avait donc aucune prise pour qu'une émotion se manifestât.
J'ai ainsi pu jouir des cérémonies funèbres comme d'un théâtre auquel j'ai même prêté mon concours, lisant de larges extraits du "Quantique du petit Jésus" en oraison.

Nous nous sommes ensuite rendu au cimetierre sous un ciel bleu et un soleil rayonnant et, derechef, rien.
Le cercueil qui arrive, le prêtre qui ânonne quelques phrases de circonstance, les croque-morts qui descendent le cerceuil au fond du caveau.
Un étage au dessus des appartements qu'occupe ma grand-mère Eugénie depuis dix ans.
Et rien.
Une présence attentive de ma part mais pas de sensation désagréable.
Un sentiment de plénitude s'il fallait en décrire un.

Suivi d'un déjeuner entre cousins au restaurant italien où nous avions l'habitude d'inviter ma mère, un crochet en voiture pour aider ma soeur à vider et débarrasser son appartement, et retour à la case départ en fin d'après-midi.
C'était un très bel enterrement.
Une semaine réglée comme du papier à musique.
Sol lucet omnibus.
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