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Fils à maman - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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Fils à maman [20e déc. 2007|04:37 pm]
RacReciR
Comme vous le savez, je célèbrerai à Noël le 41e jour du décès de ma mère.
Ce sera la première nativité où elle sera absente et omni-présente.
Non, rassurez-vous, je ne viens pas pleurnicher.
Je voulais juste faire un petit contre-point, fort de cette expérience unique.

Ami lecteur, si tout se passe bien et si ce n'est déjà fait, tu enterreras un jour ton père et ta mère.
Je dis si tout se passe bien car, le cas échéant, c'est toi qui y passes en premier ce qui n'est pas dans l'ordre des choses.
Quels que soient les griefs que tu puisses avoir fort justement nourri à leur encontre, tu réaliseras à ce moment-là brutalement tout ce que tu as manqué de faire pour les remercier de tous les bienfaits qu'ils t'ont accordés.
Il te reviendra en nombre toutes les occasions que tu auras laissé passer pour toutes les bonnes raisons du monde.
Et tu sauras alors qu'il est trop tard pour bien faire.
Je suppose que tu le réaliseras d'autant plus que tu as des enfants et constates, à l'épreuve, que l'on n'apprend nulle part à devenir un bon père ou une bonne mère.
Que c'est l'éducation que l'on a reçue et les circonstances qui déterminent l'éducation que l'on dispense et que celle-ci est forcément imparfaite (ce qui peut être un euphémisme).

Tu as donc intérêt, étant ton juge le plus impitoyable, à créer le faisceau de preuves qui te permettra d'être acquitté devant le tribunal que tu ne manqueras pas de convoquer dans les semaines qui suivent leur départ.
Qu'il y ait alors plus de circonstances réussies que ratées à ton bilan et que tu puisses réellement plaider de tout ce que tu auras fait, de bon coeur, pour tes parents.
Je me souviens ainsi avoir raté le départ de ma grand-mère il y a 11 ans, soi-disant absorbé par la réalisation de ma thèse (une très mauvaise justification). Il m'a fallu des années et des excuses demandées et accordées en rêve pour que mon malaise cessât.

Fort heureusement, cela n'est pas le cas pour ma mère que j'ai accompagnée ces dernières années du mieux que j'ai pu tout en préservant ma vie personnelle.
Il n'en demeure pas moins qu'elle me manque pour mille et une raisons égoïstes.
Je ne lui souhaiterais en aucun cas de revenir mais, si je n'y prenais garde, justement à cause de cette vie personnelle que j'ai choisi de préserver, ma conscience serait là à me reprocher telle ou telle vétille que j'aurais commise ou plutôt omis de commettre.
Je n'ai pas beaucoup de peine à la faire taire en l'occurrence mais je réalise que, bien que correctement préparé, j'avais néanmoins sous-estimé ce surligneur implacable et indélébile qu'est la fatalité.

C'était donc la minute du fils à sa maman.
Ici Cognac-Jay, à vous les studios.
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