RacReciR (ricercar07) wrote,
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Der Ring des Nibelungen

RingJe vais feindre d'oublier Bach en ce jour pascal.
Après avoir vécu la passion de Saint-Jean à quelques heures du 323è anniversaire du maître, je me suis replongé dans mes autres racines musicales : Wagner.
La Tétralogie ou plus exactement le "Ring".
Cela faisait quatre ans que je ne l'avais écouté.

L'Anneau.
Celui par lequel tout commence et par lequel tout finit.
C'est de la mort des dieux et de la naissance de l'Homme qu'il s'agit.
Quelle ironie que l'Histoire et quel tour nous jouent les maras !
Il a fallu la folie meurtrière de Hitler pour que l'évocation de la musique de Wagner (mort en 1883 faut-il le rappeler) suscite invariablement un commentaire persifleur inspiré de la célèbre blague de Woody Allen  : "Entendre sa musique me donne envie d'envahir la Pologne".
C'est cette même malédiction nazie qui a prostitué la swastika qui, croix indestructible et symbole de pureté absolue, s'est inversée (elle est lévogyre alors que la croix nazie est dextrogyre) et transformée en symbole porteur de l'horreur du XXe siècle.

C'est néanmoins un processus alchimique qui est représenté ici par le compositeur.
Wagner a même obtenu de Louis II de Bavière, la construction d'un temple à Bayreuth, dédié à ce Ring.
Lequel Temple continue à mettre en scène tous les étés la Tétralogie avec, en alternance d'une année sur l'autre, Tristan und Isolde d'une part et Parsifal de l'autre.
La flamme de l'Amour qui consume tout et la Quête du Graal.

Ecouter, déguisé en pingouin, ces opéras comme une simple musique un peu enlevée revient à peu près au même que d'aller à la messe en costume du dimanche en espérant que le Saint-Esprit se satisfasse de sa présence.
Ou encore de l'ânonnement d'un mantra qui, insignifiant (vidé de son sens), devrait par sa répétition induire la transsubstantiation.
Nenni.

Disposer de clés ne rend pas maître du Trésor pour autant.
Il faut posséder l'épée et terrasser le dragon qui garde les portes.


J'ai esquissé ailleurs une tentative de décryptage des innombrables symboles ésotériques qui émaillent cette œuvre, lesquels échappent pour la plupart à mon entendement limité.
J'espère simplement éveiller ou susciter la curiosité (la mienne pour commencer).
Une pléthore d'ouvrages en font par ailleurs une importante exégèse.
La description et le langage des centaines de leitmotivs qui émaillent ces œuvres mériteraient à eux seuls des dizaines de pages d'explication et d'analyse.
C'est donc ici un contrepoint (dont Wagner démontre la maîtrise tout au long de son oeuvre) qui relève d'autres considérations que celles banalement admises, qui laissent à entendre que le message principal est désormais rendu quasi-inaudible.

Alles was ist, endet.
Tout ce qui est, finit.
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