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Vivre le Présent (Bis, du quête?) : "Ah, je ris de me voir si belle en ce miroir !" - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
RacReciR

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Vivre le Présent (Bis, du quête?) : "Ah, je ris de me voir si belle en ce miroir !" [10e mai. 2008|11:25 am]
RacReciR
[Humeur |thoughtfulcontemplatif]
[Ecoute |Gounod - Faust]

Régression infinie

C'est hier, aux côtés d'O. qui m'avait accompagné pour la circonstance, écoutant la conférence de ChépaDorje Rinpoché (CDR) dont le thème "Vivre le temps présent" m'avait inspiré que j'ai brutalement réalisé être dans de beaux draps.
Et que je ne voyais pas de solution pour la simple et bonne raison qu'il n'y avait pas de problème (en dehors de votre serviteur).
La régression infinie de l'observateur, hypnotisé par un mille-feuilles de miroirs sphériques concentriques.

Petite digression pour planter le décor de cette saturnale.
CDR a entamé son exposé par une habituelle boutade : "Vivre le temps présent. C'est très facile n'est-ce pas ? Mais si l'on rentre dans une vision plus subtile du temps, on réalise qu'il n'existe pas !.. C'est l'Etat Naturel, un état indescriptible, au delà de notre intellect... Si vous le réalisiez, vous arrêteriez de vieillir, de vous faire des cheveux blancs,.... De façon plus grossière, c'est-à-dire la vôtre,  vous passez votre temps (sic) à saisir les perceptions de vos 6 consciences et vous êtes entraînés dans la roue de l'existence."
Je sais que le temps n'existe pas, je me le suis démontré moult fois, mais savoir et réaliser sont deux choses très différentes.
Il faut d'abord réaliser que l'on sait et c'est la principale transmission d'un enseignement : donner la certitude.

Le chemin de la Compassion continue néanmoins.
On appelle ça "briser la glace".

Nous n'étions pas nombreux dans la salle de conférence, une petite vingtaine de personnes, à tout casser !
WE de pentecôte et soleil rendent sans doute les esprits paresseux.
J'ai ainsi pu vérifier (et je ne m'étendrai pas là dessus mais j'ai un faisceau de preuves suffisant en ce qui me concerne) que CDR intercepte des pensées à peine conscientisées, sans même être vocalisées.
L'image suffit.


Quelle est votre plus grande peur ?
C'est la question que posait un autre lama dans une longue conférence que j'ai interceptée sur la noosphère.
On ne parle pas des petites peurs quotidiennes, celles qui meublent tout notre temps et toutes nos interactions.
Il s'agit de méditer sur La peur.
The peur bleue (si, si, c'est du bleu).


Peur de mourir ?
C'est sans nul doute une des plus importantes mais, j'ai réalisé que ce n'était pas celle qui m'effraie le plus.
J'aurais effectivement peur de mourir mais j'aurais encore plus peur de renaître.
J'accepte à peu près l'idée que tout ce qui est né doit mourir et, ayant signé le contrat qui m'a fait naître même sans m'en souvenir, je consens à honorer ce contrat en mourant un jour.
Je ne veux cependant pas être contraint d'en signer un autre et, surtout, de revenir en ayant tout oublié.
Devoir (avoir la chance de) redécouvrir le dharma !


Et c'est là que je me suis rendu compte que j'étais coincé.
Coincé d'une part parce que je n'ai aucune qualification qui me donne un moyen fiable de surmonter le bardo de la mort (ce qui vide le reste de ce texte de sa substance).
Il suffira donc de pas grand chose, un bonbon, un joli garçon, un contrepoint, pour que je signe distraitement n'importe quel papelard qui me sera présenté et hop, me revoilà !
Supposons cependant que, et par extraordinaire, je sois en mesure de garder conscience pendant ce bardo de la mort (j'ai dit supposons !).
Eh ben, je suis coincé quand même !
Je sais que je reviendrai volontairement et sans aucune hésitation.
C'est ma compassion pour O. qui sera la cause de cette renaissance.
Il suffira que je réalise que O. aura(it) besoin d'être aidé dans sa prochaine incarnation pour que, cadédis, je me précipite pour être à ses côtés !

Supposons, en effet, qu'il suffise de boire un philtre pour parvenir à l'éveil : prenez trois feuilles de salsepareille, mélangez-les à de la bave de crapaud, une aile de chauve-souris et une racine de mandragore....
Il suffirait de boire cette horrible mixture pour s'éveiller.
Je sais qu'en l'état de choses, O. refusera de la boire.
Je ne la boirai donc pas non plus.
Je vous dis que je suis coincé
!

La raison qui me coince n'est pas tant (seulement) mon attachement ou l'amour supposé que je porte à O.
Ce n'est qu'une partie du problème (problème étant ici un mot vide de sens).
Le coeur (dont la peur est le noeud principal) du problème réside dans la présomption de ma capacité à l'aider.
Je pense que je suis en mesure de l'aider.
C'est en grande partie ma compassion teintée d'orgueil qui s'exprime.
Qui se heurte au sien.
Les maras à l'oeuvre.


Bien qu'il respecte ma Quête qu'il encourage et qui alimente son inspiration par différents canaux.
Bien qu'il soit aussi capable d'entendre les arguments que je développe et de suivre toute la chaîne logique qui montre la vacuité de tout l'univers et l'absence d'existence inhérente de quelque phénomène que ce soit.
C'est
cependant trop que cette vacuité si on n'en perçoit pas la clarté.
La forme est vide, le vide est forme.
La forme n'est autre que le vide, le vide n'est autre que la forme.
Il refuse pour l'instant d'entendre, parce que je n'arrive pas à lui (dé)montrer en termes entendables - scientifiques, que la chaîne de causalité dans laquelle il s'est engagé est illusoire et donc clairement vide.
L'alternative, la saisir, c'est-à-dire croire en sa réalité, comporte un conséquent/fruit logique imparable : la réincarnation ou plutôt une succession de vies incontrôlée et en dépendance de causes.


Je me suis personnellement convaincu de ce point, non pas par quelque transmission ou don mystérieux mais en ayant suffisamment d'éléments qui me (dé)montrent que j'ai eu des incarnations passées.
Si j'ai déjà fait quelques milliers de tours auparavant, que j'ai des éléments tangibles qui me prouvent que x et y ont été des incarnations précédentes d'un "moi" hypothétique sans que le moi actuel n'en ait gardé le moindre souvenir conscient, je peux accepter sans l'ombre d'une hésitation que
, toutes choses égales par ailleurs, ce qui a émergé dans le passé émergera dans le futur de même qu'il émerge dans le présent (lequel temps, en sus de ne pas avoir d'existence inhérente, n'a pas de sens non plus).
O. se refuse, quant à lui, à contempler cette conséquence.
Il a beau avoir compris la logique, vu les mécanismes en oeuvre, il persiste à (en)f(o)uir sa peur fondamentale - ne voulant pas l'affronter - que ces hypothèses temporelles ne sont que le pur fruit du hasard et que je suis bien infoutu de démontrer quoi que ce soit.
Forcément, puisque c'est une régression infinie indémontrable.
Il tombe donc dans le nihilisme en supposant qu'une fois mort, la messe sera dite.
No future !
Il ne va donc pas mobiliser toute son intelligence, et hypothéquer les fruits de son unique existence, présente, sur la base d'une hypothèse qu'il persiste à repousser, en la pensant "farfelue".
Il reste encore une étape à franchir avant d'envisager la vacuité des causes et des effets.
Il faudra ensuite réaliser tout ça.
Rien, en l'occurrence.
Clairement.
Y a qu'à !


Pour n'importe qui d'autre, je serais tenté de laisser tomber.
J'ai accompagné ma mère dans les derniers pas de cette vie-ci et sais où elle va reprendre vie.
Son entendement limité, éternaliste, ne lui permettait pas d'accepter les conséquences d'une vacuité, encore moins auto-connaissante.
Elle a écouté les conseils que je lui ai prodigués sur son lit de mort et revient en garçon dans une famille qui pourra pourvoir à son éducation.
Elle aura un frère de deux ans son ainé dont je connais le gentil caractère.
C'était le mieux que je pusse faire pour elle/lui.


O. entend - bien qu'il s'en défende - le silence assourdissant de sa vacuité mais il tombe, s'en saisissant d'effroi, refusant de prendre le temps de contempler sa clarté auto-connaissante (je ne prétends pas non plus m'y baigner, ça n'aurait pas de sens).
N'étant pas en mesure de savoir qu'il aura la chance de rencontrer d'autres qui l'aideront à franchir cette étape cognitive, je ne peux donc absolument pas considérer que j'ai accompli ma mission.
S'il advenait donc que je fusse dans le bardo de la mort, vouloir aider O. à s'en sortir (présomptueusement, vue mon efficacité à briser ma propre chaîne des causes et des effets) suffira à me faire signer volontairement le contrat de ma (re)naissance.
C'est l'illusion d'être en mesure d'aider quelqu'un, que je sais ne pas avoir d'existence inhérente, qui causera ma perte ou ma renaissance.
Je sais que l'objet, le sujet et la mission elle-même sont vides quoique apparents mais je refuse néanmoins, pour l'instant, de lâcher prise.
A mourir de rire !
Mes gênes de pitbull qui s'expriment à mon corps défendant.


Je sais que je n'existe pas mais refuse(rai) - par manque de clarté induite par l'orgueil - de le réaliser tant que je n'aurai pas réussi à convaincre mon entourage de sa vacuité.
Je suis donc coincé dans tous les cas : inconscient je plonge et conscient je choisirai sûrement de plonger pour aller me noyer auprès d'O.
Vanitas vanitatum...
Fin de cette séquence.


J'ai alors réalisé que ce résultat était le pur fruit de mes dédicaces : "Puissé-je aider tous les êtres, dont le nombre est aussi vaste que vaste est l'espace, à atteindre les portes de l'Eveil et puissé-je atomiser ces p... de portes après le passage du dernier d'entre eux".
Je ne suis pas certain que CDR approuverait les termes de ma dédicace.
Mon côté Libanais sauvage et psychopathe qui s'exprime sans doute !


Je suis voué à aider tous les êtres dont le nombre est aussi vaste que vaste est l'espace
O. est juste le premier élément de cette récurrence infinie.
Ne sachant/voulant pas comment sortir mon épingle du jeu tout en continuant à être en mesure d'aider les autres, ceux qui me sont proches pour commencer (non pas seulement pour quelque raison d'attachement coupable mais parce que je suis en mesure de disposer du temps suffisant et de quelques moyens plus ou moins habiles pour prodiguer cette aide), je n'ai pas d'autre choix que de piquer et repiquer.
La broderie d'un contrepoint implacable dont je vois les rouages.
L'Eveil est une question de volonté/vision personnelle (sic) et personne ne peut être poussé à franchir sa porte à supposer qu'il la voie.
Vide.
Je me rends ainsi compte, brodant depuis des années sur un même thème, que j'ai finalement résolu la question de la peur de la (re)naissance ainsi que celle de la mort.
Ce sont les conditions secondaires qui entoureront ces moments - la saisie éventuelle de ces temps - qui pourraient encore me faire peur.
Il me reste à méditer cela pour obtenir des certitudes qui atomiseront les quatre maras qui m'assiègent.


Je n'ai donc pas de meilleure solution (à défaut de trancher dans le vif) que de tout faire pour acquérir un apprentissage bien plus difficile qu'un putatif Eveil : apprivoiser la peur de cette renaissance, la contrôler, implique de garder conscience dans le bardo de la mort pour transférer cette conscience (ce qui pourra l'être) dans la prochaine carcasse (et être en mesure de la choisir).


Je n'ai, bien entendu, pas l'ombre d'une idée du travail (à façon) pour qu'un chameau (ma conscience) passe par le chas d'une aiguille (le temps).
Lequel temps, autre nom du mara de la mort (qui efface tout), presse.
Il ne me fait plus vraiment peur, il m'impressionne, c'est déjà ça de gagné.
J'espère l'attendre calmement, assis en tailleur dans mon canapé.


C'est à moi que ce discours s'adresse.
Puisse-t-il me convaincre et tempérer mon orgueil.
Demain eût été le jour du 69ème anniversaire de ma mère.
Puisse-t-elle connaître des jours meilleurs.

Puissé-je aider tous les êtres, dont le nombre est aussi vaste que vaste est l'espace, à atteindre les portes de l'Eveil et puissé-je atomiser ces p... de portes après le passage du dernier d'entre eux
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Comments:
From: flo75
2008-05-23 09:55 pm (UTC)
Il y a une vue complètement fausse dans ce que tu dis, c'est que tu supposes que tu es plus utile aux êtres étant ignorant plutôt qu'éveillé. Comme le dit Amma, l'être véritablement utile aux autres est celui qui est omniscient car il voit les millions de vies antérieures des autres et sait comment défaire le noeud depuis l'intérieur. Ne sachant rien d'O. (par rapport à un être omniscient), comment donc pourrais-tu l'aider ? Tout ce que tu peux faire c'est l'amener une fois chez Amma. Le contrat sera rempli car tu ne seras jamais en mesure de faire plus qu'elle. Tu peux aussi essayer avec NDR qui vient à Paris les 14 et 15 juin, il paraît que c'est un bouddha.
Qqn avait déjà posé la question à CDR, qui avait déjà répondu qu'un bouddha peut davantage qu'un boddhisattva car le second a encore des motivations égoistes. De plus, seul celui qui a un corps illusoire peut garder sa mémoire en revenant. Un boddhisattva des terres 8 9 10 peut choisir sa renaissance mais ne gardera pas sa mémoire.
(Répondre) (Thread)
[User Picture]From: ricercar07
2008-05-24 07:50 am (UTC)
J'ai p'tet une vue fausse mais pas sur ce point (et j'ai évoqué mon orgueil). Mon premier supposons restait conscient et comprend donc le CI.
Quand au reste, je suis d'accord. C'est pour cela que je l'emmène voir CDR afin (que celui-ci fasse ce qu'il peut) que je puisse ensuite le prendre chez Amma et/ou d'autres maîtres.
Je vais aller voir NDR mais ne pense pas qu'O. acceptera. J'ai encore 3 semaines pour manoeuvrer.
(Répondre) (Thread)
From: flo75
2008-05-24 11:28 am (UTC)
"J'ai p'tet une vue fausse mais pas sur ce point"
Tu veux dire que tu pense être plus en mesure d'aider O. en étant ignorant qu'en étant omniscient ?
(Répondre) (Parent) (Thread)
[User Picture]From: ricercar07
2008-05-24 02:26 pm (UTC)
J'ai parfois l'impression que tu me lis de travers (exprès ?).
Je relis le billet et je ne vois absolument pas d'où tu peux sortir cette inférence que je préfèrerais l'ignorance (ce qui est un comble ;-).
(Répondre) (Parent) (Thread)
From: flo75
2008-05-24 02:44 pm (UTC)
Tu écris : "Supposons, en effet, qu'il suffise de boire un philtre pour parvenir à l'éveil : prenez trois feuilles de salsepareille, mélangez-les à de la bave de crapaud, une aile de chauve-souris et une racine de mandragore....
Il suffirait de boire cette horrible mixture pour s'éveiller.
Je sais qu'en l'état de choses, O. refusera de la boire.
Je ne la boirai donc pas non plus."

J'en déduis que tu penses que tu aideras mieux O. dans un état d'ignorance. En effet tu écris plus bas : "Le coeur (dont la peur est le noeud principal) du problème réside dans la présomption de ma capacité à l'aider. Je pense que je suis en mesure de l'aider."

En quoi t'ai-je lu de travers en posant la question : "Tu veux dire que tu pense être plus en mesure d'aider O. en étant ignorant qu'en étant omniscient ?" Par ailleurs tu déformes mes propos, puisque tu traduis cette question par "je ne vois absolument pas d'où tu peux sortir cette inférence que je préfèrerais l'ignorance". Mais ce n'est pas ce que j'ai dit. Je n'ai pas employé le mot "préférer". La préférence n'a d'ailleurs rien à voir avec la discussion.
(Répondre) (Parent) (Thread)
[User Picture]From: ricercar07
2008-05-24 02:59 pm (UTC)
Le philtre c'est comme le lapin à corne, SI on a envie de croire qu'il existe ALORS toutes les conclusions sont également valables - ignorance ou omniscience (ce qui vide le reste de ce texte de sa substance).
(Répondre) (Parent) (Thread)
From: porteedisparate
2008-05-24 09:32 pm (UTC)
Je trouve qu'il y a une incohérence logique dans ton propos : tu dis
"Je pense que je suis en mesure de l'aider " Je suppose que tu veux signifier 1) que tu constate que tu ne peux pas l'aider (d'où l'italique) 2) mais qu'une autre partie de toi, la partie "pensées discursives", mettons, pense le contraire.

Or tu sais d'autre part qu'un Bouddha a plus de pouvoir que quiconque pour aider les êtres. En te supposant le CI, pourquoi ne boirais-tu pas le filtre, et ne choisirais tu pas de devenir Bouddha et de revenir quand-même ?

J'en déduit que la vue qui est insidieusement cachée dans/malgré ton propos, c'est que tu pense qu'un Bouddha ne peut pas aider les êtres.
En d'autre termes encore, tu ne pense pas que Dieu est amour (et non, je ne me suis pas fait laver le cerveau par les Chrétiens).

Cela dit, puisqu'il y a sans doute une autre explication à ce hiatus bizarre qui a frappé flo, il se peut fort bien que je me trompe.





(Répondre) (Parent) (Thread)
[User Picture]From: ricercar07
2008-05-24 10:04 pm (UTC)
J'aime bien qu'on m'explique ce que je pense ;-)
Décidément !
Ce billet est une arborescence où il y a une branche CI et tout et tout et le reste de l'arbre où ça n'a aucun intérêt puisque c'est noyé dans l'ignorance/impuissance (philtre compris, ma parole, vous croyez au Père Noël ?).
Donc, dans ma pensée c'était CI XOR Philtre (pas ET) : je ne peux pas être dans le bardo de la mort (avec ou sans CI) ET boire un philtre d'éveil, c'est forcément exclusif.

Ton premier paragraphe est cependant une analyse correcte
(Répondre) (Parent) (Thread)