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Rapport d'Étonnement : Le Livre du Mîm, du Wâw et du Nûn - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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Rapport d'Étonnement : Le Livre du Mîm, du Wâw et du Nûn [18e juin. 2008|04:23 pm]
RacReciR
[Humeur |ecstatic19e anniversaire à la RATP]

mîm,wâw, nûnIbn 'Arabi a consacré une partie importante de son oeuvre (dont quelques chapitres des futuhât - les préliminaires) à l'enseignement et à la transmission du symbolisme des mots et des lettres, considérant que la science qui s'y rapporte fait partie des mystères d'Allah.
La science des lettres étant une science secrète qui est "le privilège des initiés aux coeurs purs d'entre les prophète et les saints".
Cette science précède celle des noms, car ce qui est simple précède ce qui est composé.

Quelques rares langues (sanscrit/tibétain, hébreux, arabe, ...) ont été le vecteur de textes sacrés.
Il est sans doute risqué (et faux) d'extrapoler des enseignements pratiques à partir d'une d'elles, l'arabe en l'occurrence.
Toujours est-il que la constitution de ces langues (le tibétain semble présenter des caractéristiques semblables) offre une interpénétration de différents niveaux de langage, de représentation (où la forme fait sens) et de compréhension, bien plus que dans les langues profanes portées à ma connaissance (à quelques rares exceptions près comme les "Voyelles" de Rimbaud).

Je me suis ainsi replongé ces jours derniers dans la pile de livre bilingues que j'avais acquis il y a quelques mois et qui attendaient patiemment leur tour.
J'ai donc rapidement lu "le dévoilement des effets du voyage" et me suis retrouvé dévorant un petit livre (moins de trente pages effectives) étonnant : Le Livre du Mîm ( م ) , du Wâw ( و ) et du Nûn ( ن ).
Ce sont ici trois lettres de l'alphabet arabe qui concentrent 24 sections organisées en ce petit livre qui en explicite quelques remarquables singularités.
Il y aurait beaucoup à ajouter mais cela dépasse mon entendement et nécessite que le lecteur ait une certaine compréhension de l'Arabe et de sa calligraphie.
Il est, par ailleurs, impossible à une pâle copie de résumer en quelques lignes ce qu'Ibn 'Arabi a dépeint en 24 sections, aussi ai-je intitulé ce billet "Rapport d'Étonnement".


De façon générale, en arabe, les lettres prennent différentes formes selon leur position.
On distingue ainsi la lettre placée en début de mot, en milieu de mot et à la fin.
En l'occurrence, et en tenant compte du sens de lecture qui va de la droite vers la gauche, on distingue si la lettre est liée à gauche (début), des deux côtés (milieu) ou à droite (fin).
En tenant compte des liaisons avec les lettres précédente et suivante, il est possible d'envisager quatre formes pour une même lettre.
Ainsi le mîm et le nûm connaissent-ils trois graphies alors que le wâw reste quasi-invariable, supportant parfois une liaison à droite (qui modifie le caractère de droite mais pas le sien).

le م se dit donc Mîm qui s'écrit ميم , c'est à dire Mîm-Yâ-Mîm
le و se dit Wâw qui s'écrit واو , c'est-à-dire Wâw-Aleph-Wâw
le ن se dit Nûn qui s'écrit نو ن , c'est-à-dire Nûn-Wâw-Nûn.

Ces lettres sont remarquables dans la mesure où ce sont les trois seules dont la translitération se fait sur trois lettres (l'alphabet arabe est comparable au grec où la lettre Ω, par exemple, s'appelle et se lit "omega").
Autre particularité, chacun de ces mots de trois lettres commence par la lettre en question et finit de même.
Comme le dit Ibn 'Arabi, "Ceci est une Demeure sublime qui te confère les Connaissances divines métaphysiques réservées à celui qui contemple le mîm, le wâw et le nûn, dont la fin est le commencement de sorte qu'il n'y a ni fin ni commencement".

Les trois lettres du milieu sont les trois (seules) voyelles qui existent en arabe (A-aleph, I-et OU-wâw).
Le wâw dénotant accessoirement, et par ailleurs, la conjonction "et".
L'aleph est également appelé al-harf al-hawi.
Harf
voulant dire lettre et hâwi étant d'une remarquable polysémie : aérien, précipité, mis en abîme...
A noter que le mot même hâwi - qui est de la même racine que hâwa, l'air - s'écrit -aleph-wâw-.
Il commence donc par la lettre inspirée la plus intérieure, celle qui part du coeur, suivie des trois voyelles dans leur ordre décroissant (d'où la mise en abyme)

- Le mîm représente ainsi la transmission (le central avec ses deux points qui indiquent le début et la fin des temps) du message divin depuis Adam (ﺁﺪﻢ - le mîm étant la dernière lettre) à Mùhammad (ﻣﺤﻤﺪ - commençant par mîm) - paix sur eux deux.
- le premier wâw du wâw représente l'Ipséité et le second l'univers manifesté selon la Forme d'Allah. L'aleph central étant le voile qui permet de les distinguer.
- le nûn, quant à lui, représente la "mission angélique", formant l'union (le "et" du wâw central) d'une figure du Ciel et de la Création (ﻜﻭﻦ - kâf-wâw-nûn). Le demi-mandala (centre-circonférence) de sa graphie évoquant la partie visible de l'univers.



Section 24
A cette Station initiatique, le mîm comporte de nombreux secrets que nous laisserons aussi, comme pour le nûn. Le qu'il renferme est relié (dans l'écriture) aux deux mîm, car c'est une "cause d'abaissement" : "Je ne suis qu'un homme semblable à vous" (Cor. XVIII, 110) ; l'ordre existentiel établit un lien entre lui et nous à ce point de vue. Telle est la raison pour laquelle le est relié aux deux mîm, à la différence de ce qu'il en est pour l'esprit.
C'est pour cela qu'Il a dit : "Il a envoyé aux illettrés un envoyé issu d'eux" (Cor. LXII, 2); "Un envoyé est venu, issu de vous-mêmes" (Cor. IX, 128); "Le Prophète est plus proche des croyants qu'eux-mêmes" (Cor. XXXIII, 6) : tout ceci implique une connexion étroite. C'est pour cela que le est rattaché ainsi 
ميم que le wâw est rattaché au premier nûn, et non au second, pour la raison que nous avons dite, de cette manière نون et que l'aleph n'est rattaché à aucun des deux wâw, pour la raison que nous avons dite, de cette manière واو . Si tu réalises cette Sagesse, l'objet sera terminé et (wâw) à chacun (de trouver le sujet de) sa quête.
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