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Monologue H (extraits) - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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Monologue H (extraits) [9e mai. 2002|12:08 pm]
RacReciR

[...]

On pourrait porter un jugement de valeur sur ce que je viens de faire.
J’ai considéré qu’être en couple est mieux qu’être célibataire.
J’ai déjà démontré que ce truc n’a aucun sens.
Il n’y a aucun critère qui mérite de porter un jugement.
L’expression même de jugement en est une et doit être proscrite.
Donc, quelle importance d’être seul ou en couple ?
Moi, j’ai décidé, parce que S., me l’a suggéré, qui se l’est fait suggéré par,….. que la société l’a bien suggéré à nos inconscients.
Et on est content comme ça.
On est juste un peu différents, parce que l’on aime des hommes.
Mais c’est notre côté original.
On ne fait pas comme les autres.
Et l’homosexualité c’est l’acceptation d’une valeur de jugement.
On accepte que 6 milliards de personne pense (au singulier, c’est ça qui fait le poids) qu’être PD c’est, quelque part, une insulte.
Que cette insulte c’est soi.
Qu’on n’a pas envie d’avoir mauvaise opinion de soi.
Donc on s’oppose à cette idée.
Et en s’y opposant on la renforce puisqu’on l’intègre en soi.
On l’intègre comme une pensée structurante.
Si j’y pense c’est que c’est bien ou mal quelque part, puisque j’y pense c’est que ça existe et que ça veut dire quelque chose.
Ce qui veut dire que dire est important.
C’est un jugement.
Il n’y a pas de jugement.
FIN.

Normalement, ce point après FIN aurait réellement dû être le dernier.
D’ailleurs dans un autre monde, c’est le dernier.
C’est celui que le John de cet instant-là a pensé le dernier.
Celui après lequel il est mort.
Puisqu’il est mort, ça n’a aucune importance que le John que je suis maintenant, continue à l’écrire.
Moi je l’écris parce que je vis encore et que j’ai fait le pari de John : je vais vivre suffisamment longtemps pour que je ne me pose pas la question du temps.
Je suis mort.
Le John qui a écrit FIN. est mort.
Et je suis là pour prouver que je vis, puisque j’écris et que tu me lis. Si tu me lis, ce n’est pas parce que j’existe. Que j’existe n’a aucun intérêt. Je n’existe que parce que tu m’as vu. Ce n’est pas une fin en soi.

Tu as vu la Joconde, ou entendu dire qu’elle existait. Cette Joconde, existe pour toi.
C’est celle que ton imagination a construite.
Celle que tu as en toi, le temps de voir la Joconde.
Quand tu l’as vue, c’est ta Joconde, c’est la Joconde qui ressemble a ce que tu as vu, ce qui est resté en toi.
Mais si tu regardes maintenant cette image, c’est la même image que celle que tu as vue il y a quelques minutes en toi avant de regarder la Joconde.

Le moi de maintenant est content parce qu’il a vu la Joconde, l’autre était content parce qu’il allait la voir.
Tous les deux étaient contents pour des raisons diverses.
Et tous ces deux c’est toi, et toi tu portes un jugement que le toi qui connaît la Joconde est meilleur que l’autre, plus cultivé.
Tu as accepté de porter un jugement sur toi-même, à quelques minutes d’intervalle.
L’un des deux est « meilleur » que l’autre !
Réfléchis, on est en plein jugement, et tu sais maintenant ce que ça veut dire.
Rien.

Encore une sortie ratée, mais ça n’a aucune importance ce livre se termine où il veut.
Je suis content de l’écrire et l’important c’est que je sois content.
Que je sois.
Je suis.

[...]

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