February 4th, 2006

Petit Prince

Asinus asinum fricat ~ Curiosités


- Nous avons un parc de 50 limousines pour les réunions.
- nous avons un réseau haut débit sécurisé et la vidéoconférence. Plus de déplacement. Echec.
- Nous avons une salle de yoga pour évacuer le stress.
- nous avons un réseau haut débit sécurisé. Plus de déplacement, pas de stress. Echec et mat.

C'est le texte d'une publicité que j'ai retrouvée dans les archives audio-video de 2006.
En deux dimensions. Les technologies étaient rustiques en ce temps.
Mais la vision du futur était là. Commerciale et simpliste comme il se doit.
Transformer le déplacement physique en déplacement d'informations.
Faire évoluer les opérateurs de transport en opérateurs de transports virtuels
Forcément, ce ne furent pas les mêmes.

BEYROUTH (Reuters) - Le ministre libanais de l'Intérieur, Hassan al Sabaa, annonce sa démission après l'incendie du consulat danois de Beyrouth et les dégâts occasionnés dans un quartier chrétien par des manifestants qui dénonçaient la publication de caricatures du prophète Mahomet dans la presse européenne.

J'ai eu une discussion épique avec Plume(O.).
La guerre du Liban aurait pu renaître de ses cendres aujourd'hui.
Le choc des cultures qui est venu faire irruption notre douillet pavillon de banlieue.
L'effraction a eu lieu par le biais du téléviseur rugissant à quelques mètres du piano.
Juste au moment où je réalisais que mes oreilles avaient enfin écouté le ricercar à 3 que j'entends dans ma tête depuis si longtemps.

Cette histoire de caricatures du prophète qui fait couler tant d'encre et sans doute bientôt du sang.
Au delà de l'émotion et de l'indignation que je partage, je suis bien obligé, regardant le même journal télévisé, de voir les milliers de gens manisfestant à travers le monde pour menacer les pays occidentaux.
Comment se fait-il que cela soit possible ?
Plume(O.) s'est, dans un premier temps, arrêté à l'explication "c'est des délinquants, il faut tous les arrêter et les mettre en prison".
Je peux être d'accord.
Je compte rapidement dans ma tête et je me dis qu'il va falloir en construire un sacré nombre, de prisons, si on y met tous ces gens que j'ai vus à la télé.
Il me semble alors plus économique de poser la question "Pourquoi sont-ils si nombreux à être encore aussi peu assurés de leur foi  pour la défendre par la violence ?"
Si je crois quelque chose et que je juge que cela est important, vital, pour ma cohérence interne, rien ni personne ne me fera jamais changer d'opinion.
Vous pouvez me forcer à prendre un emploi, à subir des contrôles policiers, à vivre la précarité économique, à supporter l'insécurité et je ne sais quelles autre fruit de l'imagination d'un brillant énarque (en profiter pendant qu'on peut encore se moquer des fonctionnaires) mais je suis bien planqué en France, à l'abri - provisoire - de la violence quotidienne.

Quand vous êtes dans une situation difficile sinon désespérée, où toutes vos convictions personnelles sont contrariées par la réalité que vous vivez, il ne reste plus que la foi pour continuer.
La foi est personnelle.
Chacun la sienne.
On peut en discuter mais en aucun cas l'imposer.
Supposez que vous tentiez de m'imposer votre religion.
N'importe laquelle, je suis agnostique.
Me voilà donc enjoint , dès demain, sous peine des pires sévices, d'épouser les préceptes de telle ou telle croyance.
Le pleutre que je suis va donc faire semblant, pour sauver sa peau.
Je peux faire semblant.
A moins que je me découvre, au hasard des événements, une fibre suicidaire.

Il est aisé en France, en 2005, de s'imaginer résistant.
C'est un peu plus difficile au Moyen-Orient, Liban, Syrie, Iraq, Iran, Palestine, Israël, etc.
La situation militaire et l'absence de démocratie induisent mécaniquement une minimisation des droits individuels.
C'est le prix à payer pour assurer, vaille que vaille, la sécurité du grand nombre.
Quand vous êtes dans un pays où le voisin dispose à domicile d'une armurerie et qu'il fait partie d'une milice au pouvoir, vous évitez d'en faire un ennemi personnel.
Si vous êtes sensé.
Vous êtes déjà une cible collatérale de ses ennemis.
Vous n'allez donc pas appeler la police s'il fait du bruit à 22 heures passées.

Vous pouvez aussi vous lancer dans la course aux armements.
La magnifique stratégie nucléaire.
C'est vous et moi les otages de cette stratégie.
Si tu rases ma ville, je rase la tienne (si, si, c'est de la stratégie).
Hé, Ho. Je n'ai jamais donné l'autorisation qu'on me prenne en otage, moi !
Et les pauvres gens en face, non plus.
Si on est en démocratie, je ne veux pas de bombe.
Nulle part.

Ce n'est pas parce que des gens s'entretuent qu'il ne faut pas résoudre les problèmes au fond.
Nous pouvons résoudre chez nous des problèmes pacifiquement.
Le Moyen-Orient a exporté pendant plus d'un demi-siècle son élite dans les pays occidentaux.
Ce sont ceux qui ont eu les moyens, les relations, l'éducation pour venir s'installer et vivre en Europe, en Afrique, en Australie, au Canada et aux Etats-Unis.
Je parle ici de l'immigration officielle. Les gens qui obtiennent des visas. Qui font leurs études, travaillent, vivent respectueux de la loi et tout se qui s'ensuit.
Après un demi siècle, ce sont trois générations qui sont liées aux deux civilisations, celle des pays d'accueil et celle du pays d'origine.
Il n'en demeure pas moins que l'histoire de ces origines et les injustices qui ont conduit les parents à s'expatrier sont issus de comportements coloniaux ou racistes dont les prémices sont généralement le quotidien de ces déracinés.
Je n'invente rien.
Etre arabe ou noir est un handicap pour l'emploi, le logement, les loisirs et que sais-je encore ?
Ce sont les chiffres officiels.

Comment voulez-vous que ça change ?
Les dirigeants de l'époque de la décolonisation sont encore en service de nos jours.
Il est risqué de penser qu'ils aient pu modifier  la vision du bon blanc qui apporte la civilisation aux indigènes.
Leur mentalité à tout le moins.
Cela est bien, dit-il, mais va donc cultiver ton jardin.
Je ne veux pas blesser les politiques de bonne foi.

Ils sont cependant régulièrement élus et le démocrate que je suis respecte la règle.
Vous avez le droit de croire ce que vous voulez.
A analyser la politique intérieure et extérieure de la France depuis que j'y vis, 1982, je ne suis personnellement pas convaincu.
Je ne peux pas reprocher à qui a grandi avec la croyance que quelqu'un de différent est par essence moins bien, d'avoir du mal à remettre cette croyance en doute.
C'est trop profond et ça remet forcément l'individu en cause.
Toutes ces pensées qu'il a eues, ces actions qu'il a commises, animé de cette croyance prouvée fausse par le calcul et qu'il lui faut juger d'un autre regard.
C'est sans doute parfois un calcul inhumain à effectuer.

Il faut, en revanche en tenir compte et interdire à cet individu de participer à une décision qui traite de cette croyance.
Qu'il ait raison ou tort n'est pas la question.
Il est concerné par la croyance et la majorité est, démocratiquement, opposée.
A l'extrême, c'est la privation de la liberté, la prison, décidée au nom de la collectivité et de sa représentation.

La loi contre le racisme s'applique à la représentation nationale qui l'a votée.
Que sa composition soit aussi peu le reflet de la société de ce XXIe siècle prouve bien que la machine de la démocratie coince quelque part.
Mécaniquement, rien qu'avec le nombre, les couleurs et la mixité auraient dû faire le quotidien de toutes nos assemblées.
Comme partout ailleurs, n'est-ce pas ?
Je ne vois cependant pas comment il serait possible d'assigner la représentation nationale en justice pour racisme avéré.
Je ne vais pas aller faire un testing à l'assemblée nationale, j'ai assez de mal à m'extirper de mon placard.
On devrait cependant pouvoir opposer des chiffres et des statistiques à nos assemblées, mais celles-ci ont interdit, par la loi, de compter les couleurs, origines et religions.
Il est interdit de compter, en France, en 2006.
Alors calculer un écart-type ?
Sous le fallacieux prétexte de ne pas donner des armes à des racistes.
Comme si les racistes ne savaient pas compter jusqu'à 1.

Toute différence est suspecte de porter préjudice aux supposées valeurs occidentales (et chrétiennes), porteuses de cette démocratie.
Le politiquement correct dans lequel se noie la pensée permet ainsi de faire l'économie d'une discussion franche, éclairée par l'histoire, la géographie, l'économie, l'écologie, la science, les arts, etc. et de faire évoluer pacifiquement la société.
La marmite bout alors et, de temps en temps, le couvercle saute.
C'est vrai en Europe et dans les pays occidentaux (cf les pubs que l'église fait régulièrement interdire).
Imaginez ce que c'est chez eux ?
C'est forcément pire, ils ne seraient pas chez nous sinon.
Vous vous expatrieriez par plaisir, vous qui me lisez ?
Dans ces pays qu'on nous montre tous les soirs au 20 heures ?

Ca ne suffit pas de le déplorer.
Il y a des millions de gens qui sont forcés de quitter leur pays sous le regard de la planète entière.
Par télé et Internet interposés.
En comptant les familles, les amis et les sympathisants, cela fait beaucoup de monde.
Il n'échappe à personne que le traitement de la situation au Moyen-Orient est inique.
Ou que la communauté internationale ne met rien en oeuvre pour remédier réellement à la situation.
Il faut comprendre pourquoi et appliquer la loi.
Quitte à la changer ou à l'adapter.
Nulle loi n'a de portée intemporelle.

Je ne voix pas comment quelqu'un va me faire réellement changer de foi.
Autrement que par la révélation.
Selon mes calculs, il n'y a personne qui soit capable de recevoir nos messages.

Où voulais-je en venir ?
Le fanatisme religieux.
Tous les gens civilisés sont contre.
Il existe cependant.
Quelle que soit votre religion, puisqu'il faut que vous ayez un niveau élevé de culture pour accéder à ces lignes, imaginez les contraintes qu'il faudrait introduire dans votre quotidien pour qu'il ne vous reste plus que votre foi personnelle pour supporter de vivre ?
Que vous appliquiiez ses préceptes respectueusement, pacifiquement, renforcés par le chaos du quotidien.
Tout le monde ne peut pas vivre sans point fixe.
Imaginez alors que l'on brocarde cette foi ?
Et, d'un dessin humoristique (que je n'ai même pas trouvé drôle mais je respecte tous les humours), vous mette dans le même sac que ceux dont vous crachez le nom, puisque responsables de la misère de votre quotidien ?

Nous jouissons d'un ensemble de libertés qui nous sont chères.
Certaines relèvent de la pure consommation et du gaspillage éhontés et, d'autres, des plus élémentaires des libertés individuelles.
Il est des contrées lointaines où l'ensemble des libertés individuelles est vide.
Il ne reste plus que la religion.
Ne pas entendre le désespoir dans le fanatisme consiste à faire preuve d'un esprit inculte, donc fanatique.

Notre liberté inclut fort heureusement celle de critiquer les croyances et les religions.
C'est un droit que chacun d'entre nous peut prendre avec sa religion personnelle ou celle de son voisin.
Je suis né chrétien. C'est la religion que l'on m'a imposée, âgé de quelques mois, alors mes hurlements auraient clairement dû faire entendre mon désaccord au prêtre qui me bassinait.
J'estime donc avoir le droit de critiquer cette religion qui veut absolument me compter dans ses rangs et qui n'applique pas ses propres réglements et préceptes.
Je ne discute pas la foi.
Je respecte, j'envie, la croyance de chacun.
Respecter impose, a minima, de ne pas faire mal volontairement.
Et de s'excuser et réparer si le mal est fait.

Je trouve donc un tantinet inopportun et irresponsable, vue la situation au Moyen-Orient depuis quelques années, qu'un journaliste européen, bien au chaud dans son studio, se permette d'allumer une étincelle dans une poudrière lointaine, sous prétexte d'user de son indiscutable libre-arbitre.

Il serait temps que les journalistes apprissent ces différentes cultures qui forment le monde moderne auxquel ils s'adressent.
Apprendre, c'est devenir responsable.
Et ça évite de tuer des centaines de personnes juste pour le plaisir de faire un bon mot.
Je pense que nous pourrions trouver un autre usage de ce libre-arbitre.
Pas besoin d'aller bien loin et en respectant les lois.

La lumière éclaire le vide à condition qu'il y ait un réflecteur ... et que quelqu'un se soit donné la peine d'appuyer sur l'interrupteur.
La musique affronte pacifiquement la violence du monde.
On se sent si fort et on est tellement vulnérable.
J'ai ainsi, si longtemps, eu peur d'une fugue à 3 voix.
A en perdre la mesure.
  • Current Music
    Bach - Ricercar à 3
Petit Prince

émotion=calcul

Le centre de calcul du cerveau est le cortex préfrontal ventro-médian droit.
C'est le centre qui traite des émotions.
Quoi de plus normal et de si contre-intuitif.
Le moi logé dans le cerveau frontal, calculé en temps réel par le surmoi du cerveau préfrontal.
C'est déjà ce qu'affirmait Leibniz en son temps.
Si homo-sapiens compte, c'est par ce que compter lui procure des émotions.
Il est donc normal, en retour, que les émotions soient transcrites par lui en nombres.
Le cerveau fait cette boucle en permanence : calcul, émotion, calcul, émotion, ...
Le système de pensées dans lequel il a été immergé (survivre au quotidien dans la chaîne évolutive) lui a longtemps interdit d'accepter que le centre des émotions, jugé irrationnel, soit aussi le centre de calcul principal. Celui qui va calculer l'action à accomplir.
Ce calcul altère celui du libre-arbitre tel qu'il est communément admis et qui fonde le dogme de certaines religions.
Le libre-arbitre se résumant in fine à résoudre une équation quantique en fonction de paramètres déterminés.
Arrivé à un chemin équiprobable, la balle va-t-elle aller à droite ou à gauche ?
Et là, ça ne sert à rien d'essayer de calculer.
Il faut regarder la balle.
Que vous soyez dieu ne change rien à l'affaire.
A moins que vous ne soyez en mesure de pousser la balle dans un sens, à l'insu de tous les observateurs.
Petit Prince

Test de Turing

Il est donc possible d'imaginer le voyage dans le temps.
L'imaginer c'est déjà voyager.
Il suffit d'attendre et, au bout d'une heure, notre voyageur aura avancé d'une heure dans le futur.
J'entends déjà des lecteurs se plaindre du rendement.
Attendez , ce n'est qu'un début. Le processus est récursif et c'est le premier pas qui compte.

Mettons que nous sommes à l'étape n. Celle où en une heure nous avançons de n heures dans le futur.
A moins de lire les journaux en permanence, vous ne pouvez pas vous tenir au courant de l'écart croissant entre vos connaissances et l'évolution de la planète pendant votre voyage.

Vous arrivez donc n heures plus tard, ne sachant pas que le billet de loto que vous avez dans la poche est gagnant. Vous partez avant le tirage et vous arrivez après.
Il est possible d'imaginer des scénarios où quelqu'un tente d'abuser de la situation.

Un cas simple. la femme qui veut quitter son mari et qui, au moment de l'annoncer le trouve en voyage.
Et, à son retour, ne voila-t-il pas notre mari en disgrâce, millionnaire.
Croyez-vous qu'il restera longtemps disgracieux ?

Le résultat loto étant stable par ailleurs, il aurait parfaitement pu rester chez lui où sa femme lui aurait signifié son désir de rupture... avant le tirage

Ma conclusion est relativement simple. Il sera (c'est dans le futur, je ne risque rien) sans doute un jour possible de voyager dans le temps mais toute interaction avec le futur modifiera les paramètres de l'équation quantique que nous ne connaissons pas.
Il est impossible d'en calculer les conséquences.
Elles peuvent s'avérer disproportionnées sauf cas exceptionnel.

Tout le monde sait voyager comme ça.
Oui, mais combien en ont conscience ?
C'est la conscience qui fonde le voyage.
Quand un quantum d'énergie prend une valeur 0 ou 1 suite à l'observation, la valeur prise devient le passé.
Celui qui est fixé en mémoire.
L'autre valeur est donc forcément renvoyée dans le futur.
Celui que l'observation a modifié.

Qu'est-ce qui interdit dans l'équation que nous résolvons en permanence qu'il y ait une cohérence ?
Se propagera-t-il ?
Regarder où va la balle lui fait-il garder sa trajectoire, calculée ?