December 13th, 2006

Petit Prince

Mercredi 13

on the road from Möbius to KleinMercredi matin, l'emp'reur, sa femme et son p'tit prince...
Il y a des jours facétieux où toutes les activités prévues s'annulent les unes après les autres sans aucune raison apparente.
Mon agenda électronique m'indiquait ainsi depuis une petite semaine un concert brandebourgeois salle Gaveau, prévu pour ce soir et auquel je me faisais une joie d'assister.
J'ai, en effet, obtenu des places disposées en aplomb de la scène qui me permettent d'être immergé dans la formation de chambre qui se produit, d'où mon transport, parfois hors du commun.
Et, ce matin, 8h13, à l'heure de distribution des billets (je m'abonne en début de saison, ce qui m'évite de devoir faire des files abhorrées en dernière minute), j'ai constaté le vide dans l'enveloppe ad hoc.
Pas de billet pour la date de ce jour.
Railleries de Plume(O.) et d'Hercule(E.), engoncés dans le plumard, pas fâchés de mettre les ordinateurs à défaut et secrètement soulagés d'être dispensés d'une corvée nocturne.
Grommellements de votre serviteur, vexé de s'être mépris et frustré du contretemps, finissant de revêtir son harnais pour aller rejoindre sa petite cellule (grise).
Me consolant à l'idée du cours de chant que, du coup, je ne devrais pas annuler.
On ne peut pas être au chant et à la ville de concert (oui, je suis en plein vertige).
Titillé par ce premier contre-ut, je vérifie le site de l'organisateur des festivités et me rends à l'évidence : pas de concert aujourd'hui.
A peine le mulot reposé, mon portable sonne.
J'ouis alors la voix mélodieuse de ma professeur de chant qui, prétextant une remise de diplôme à 16h à laquelle elle se doit d'assister, tergiverse me proposant un autre horaire improbable que mon cours prévu à 19h.
Une cérémonie manifestement digne des plus grandes universités américaines avec levée de couleurs et tout le tralala.
Devant mon acquiescement inattendu, elle finit par s'embrouiller, invoque des divinités auxquelles je n'entends rien puis conclut par une annulation en s'excusant.
Je sais cependant qu'elle habite en lointaine banlieue et, finissant ses cours à 20 heures, ne se retrouve chez elle qu'après l'heure du couvre-feu.
J'entends, par ailleurs, le mensonge d'oreille, fût-il pieux.
La grève perlée des trains, combinée à son âge avancé (sa dernière année d'activité), justifiait sans aucun doute qu'elle annulât le cours (que j'aurais annulé si le concert avait eu lieu) et j'eusse préféré qu'elle me le dît tout de go.
J'appréciai qu'elle me prît pour une bille et la rassurai néanmoins de ma fidélité pour la semaine prochaine.
Et de deux !
La salle de sport où je m'entretiens le midi est fermée cette semaine pour cause de peinture.
Me voici donc réduit à une misère intellectuelle et physique impromptues.
Et de trois.
J'attends donc la suite avec intérêt.
Je pourrais m'évertuer à compter les heures ou alors tenter l'histoire du fou qui repeint son plafond.
Mais je craindrais de cultiver une certaine confusion.
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    Wagner - Tannhauser
Petit Prince

Un homme, ça ne pleure pas (tripalium sur un air de valse)

sainte CatherineJ'ai cru entendre la voix de ma grand-mère, gorgone disparue depuis près d'une décade, me rabrouant.
La phrase-titre était un de ses fétiches.
Judéo-chrétienne en diable.
Voilà donc qui m'apprendra à jouer avec des amulettes.
Je suis pourtant bien placé pour savoir que la frivolité est à classer au rang des turpitudes et, régulièrement, je me laisse aller à quelques écarts coupables que je sais devoir regretter.
Il a à peine fallu 3 heures pour le retour de bâton.
En trois temps.

Début d'après midi, une très bonne copine m'appelle.
- "Tu es dans ton bureau ? J'arrive."
Quelques minutes plus tard, je la vois débarquer avec un grand sourire et un cahier bleu méditerranée.
Contente de me faire plaisir, sans aucun doute.
- "Je viens de recevoir ça. J'ai pensé qu'il n'y avait que toi que cela intéresserait. Comme tu n'as pas pu y aller, ça te fera un bon souvenir. Je te le confie."
J'avais déjà la gorge nouée et, me brûlant le mains, le numéro 144 (12^2), daté de mars 2006 des Cahiers de l'IAURIF, intitulé : "LIBAN - retour sur expérience".
176 pages en couleur, pleines de photos magnifiques, préludées par un non moins magnifique édito : "De la reconstruction au développement".
Le numéro spécial, édité pour concélébrer la fin de la saga de la reconstruction du Liban (et, accessoirement, les aides de la région Ile-de-France).

Timeo danao et dona ferentes (ou, en bon français, coup bas et flûte de pan dans la gueule !)
Je l'ai donc remerciée, ai attendu qu'elle quittât mon bureau avant de tourner quelques pages.
Nul n'étant prophète en son pays, je n'ai pas réussi, en revanche, à murer les grandes eaux.
30 secondes de valse-fuguée vite endiguées.
Moins de 10 minutes plus tard, coup de fil derechef.
C'était ma prof de chant, la voix rauque, elle aussi, me semble-t-il (?).
"- Je me suis trompée, la remise des diplômes n'est pas aujourd'hui mais la semaine prochaine. Où avais-je la tête ? Le cours aura donc bien lieu comme convenu."
J'avais à peine eu le temps de tendre la joue, deuxième claque en moins de 10 minutes.

J'aurais sans doute mieux fait de conter mes déboires ancillaires à l'aï, dit paresseux, plutôt que me lancer dans un cancan de mauvais aloi (proverbe chinois : quand les murs ont des oreilles, explore un autre alpha-beta).
N'imaginant pas qu'elle ait eu accès à mon billet d'humeur, a posteriori médisant de ce matin et quand bien même, il ne me reste qu'à prendre les devants et battre ma coulpe.
Mea maximas culpa.
Puis prier que mes plus plates excuses et une boîte de chocolats tempèrent tantôt cette négligente frivolité.
Cela m'apprendra à laisser mes humeurs m'envahir et à sombrer dans la légèreté.
Sursum corda (comme dirait le pendule pour marquer le coup sans manquer de ressort).
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