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le 23 mars 2008 - Quaerendo Invenietis — LiveJournal [entries|archive|friends|userinfo]
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23e mars 2008

Der Ring des Nibelungen [23e mar. 2008|03:23 am]
RacReciR
[Ecoute |Wagner - Der Ring des Nibelungen - Furtwangler alla Scala di Milano, 1950, live]

RingJe vais feindre d'oublier Bach en ce jour pascal.
Après avoir vécu la passion de Saint-Jean à quelques heures du 323è anniversaire du maître, je me suis replongé dans mes autres racines musicales : Wagner.
La Tétralogie ou plus exactement le "Ring".
Cela faisait quatre ans que je ne l'avais écouté.

L'Anneau.
Celui par lequel tout commence et par lequel tout finit.
C'est de la mort des dieux et de la naissance de l'Homme qu'il s'agit.
Quelle ironie que l'Histoire et quel tour nous jouent les maras !
Il a fallu la folie meurtrière de Hitler pour que l'évocation de la musique de Wagner (mort en 1883 faut-il le rappeler) suscite invariablement un commentaire persifleur inspiré de la célèbre blague de Woody Allen  : "Entendre sa musique me donne envie d'envahir la Pologne".
C'est cette même malédiction nazie qui a prostitué la swastika qui, croix indestructible et symbole de pureté absolue, s'est inversée (elle est lévogyre alors que la croix nazie est dextrogyre) et transformée en symbole porteur de l'horreur du XXe siècle.

C'est néanmoins un processus alchimique qui est représenté ici par le compositeur.
Wagner a même obtenu de Louis II de Bavière, la construction d'un temple à Bayreuth, dédié à ce Ring.
Lequel Temple continue à mettre en scène tous les étés la Tétralogie avec, en alternance d'une année sur l'autre, Tristan und Isolde d'une part et Parsifal de l'autre.
La flamme de l'Amour qui consume tout et la Quête du Graal.

Ecouter, déguisé en pingouin, ces opéras comme une simple musique un peu enlevée revient à peu près au même que d'aller à la messe en costume du dimanche en espérant que le Saint-Esprit se satisfasse de sa présence.
Ou encore de l'ânonnement d'un mantra qui, insignifiant (vidé de son sens), devrait par sa répétition induire la transsubstantiation.
Nenni.

Disposer de clés ne rend pas maître du Trésor pour autant.
Il faut posséder l'épée et terrasser le dragon qui garde les portes.


J'ai esquissé ailleurs une tentative de décryptage des innombrables symboles ésotériques qui émaillent cette œuvre, lesquels échappent pour la plupart à mon entendement limité.
J'espère simplement éveiller ou susciter la curiosité (la mienne pour commencer).
Une pléthore d'ouvrages en font par ailleurs une importante exégèse.
La description et le langage des centaines de leitmotivs qui émaillent ces œuvres mériteraient à eux seuls des dizaines de pages d'explication et d'analyse.
C'est donc ici un contrepoint (dont Wagner démontre la maîtrise tout au long de son oeuvre) qui relève d'autres considérations que celles banalement admises, qui laissent à entendre que le message principal est désormais rendu quasi-inaudible.

Alles was ist, endet.
Tout ce qui est, finit.
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Préparation à la mort [23e mar. 2008|11:40 am]
RacReciR
Il faut mourir; on ne meurt qu'une seule fois; rien n'est important comme la mort, parce que du moment de la mort dépend notre bonheur ou notre malheur éternel: autant de vérités dont tout le monde convient. Tout le monde sait également que la mort sera bonne ou mauvaise, suivant qu'on mène une bonne ou une mauvaise vie. Comment se fait-il néanmoins que les chrétiens vivent pour la plupart comme si on ne devait jamais mourir ou que ce fût indiffèrent de bien ou de mal mourir? On vit mal, parce qu'on ne pense pas à la mort. « Souviens-toi de tes fins dernières et jamais tu ne pécheras » (Ecclésiastique 7, 40). Il faut bien se persuader que le temps de la mort n'est pas le temps favorable pour se mettre en mesure d'assurer la grande affaire du salut éternel. C'est par avance que les personnes prudentes prennent, dans les affaires de ce monde, toutes les dispositions nécessaires pour s'assurer tel avantage, tel poste, tel alliance; et s'il s'agit de la santé du corps, elles recourent aussitôt aux remèdes prescrits. Que diriez-vous de celui qui, devant concourir pour une chaire de professeur, ne voudrait s'appliquer à l'étude avant l'ouverture du concours? Ne serait-ce pas une folie à un général d'attendre, pour se pourvoir de vivres et d'armes, qu'on vînt l'assiéger? Ne serait-ce pas une folie à un pilote de ne vouloir se procurer des ancres et des câbles qu'au moment de la tempête? Voilà de point en point ce que fait ce chrétien qui attend, pour régler les affaires de sa conscience, que la mort frappe à sa porte. « Quand tout à coup arrivera la mort comme une tempête, alors ils m'invoqueront et alors je ne les exaucerai pas et alors ils mangeront les fruits de leurs errements » (Proverbes 1, 27). Le temps de la mort est un temps de trouble et de confusion. Les pécheurs implorent alors le secours de Dieu; mais c'est uniquement par la crainte de l'enfer, dont ils se voient si proches, et sans songer vraiment à se convertir; aussi Dieu refuse-t-il de les exaucer. Au surplus, c'est justice qu'alors ils recueillent les résultats de leur mauvaise vie. « Ce que l'homme aura semé, il le recueillera » (Galates 6, 8). Hélas! Il ne suffit pas alors de recevoir les sacrements; il faut, en mourant, haïr le péché et aimer Dieu par-dessus toutes choses. Mais comment haïr ces plaisirs défendus qu'on a jusqu'alors tant aimés? Et comment aimer par-dessus toutes choses ce même Dieu, auquel on n'a pas cessé de préférer les créatures?

Le Seigneur traita de vierges folles, celles qui voulaient préparer leurs lampes à l'approche de l'Époux (cf. Matthieu 25, 112). Et de ce fait, tout le monde craint la mort subite, précisément parce qu'elle ne laisse pas à l'âme le temps de régler ses comptes. Tout le monde reconnaît que les saints furent de vrais sages, parce que, à l'arrivée de la mort, ils se trouvèrent tout prêts pour l'accueillir. Et nous, que faisons-nous? Voulons-nous courir le risque de ne nous préparer à bien mourir qu'au moment où la mort sera déjà là? Il faut faire maintenant ce qu'à la mort nous serons bien aise d'avoir fait. Oh! Quelle peine cause alors le souvenir du temps perdu et surtout du temps mal employé! Le temps, Dieu nous l'avait donné comme un moyen de salut; mais c'est fini et il n'y en a plus de temps. Avec quelle épouvante on s'entendra dire: « Désormais vous ne pourrez plus administrer mon bien » (Luc 16, 2). Non, il n'est plus temps de faire pénitence, de fréquenter les sacrements, d'assister aux sermons, de visiter Jésus Christ au Tabernacle, de méditer et de prier. Ce qui est fait est fait. Il vous faudrait alors plus de présence d'esprit, et plus de tranquillité, pour faire une confession convenable, pour résoudre certaines difficultés fort importantes et mettre ainsi votre conscience au repos. « Mais il n'y aura plus de temps » (Apocalypse 10, 6).

St Alphonse de Liguori Préparation à la mort
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