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le 09 avril 2008 - Quaerendo Invenietis — LiveJournal [entries|archive|friends|userinfo]
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9e avril 2008

Examen de l'état de puissance de l'Être nécessaire [9e avr. 2008|11:53 pm]
RacReciR
Ce qui est admis et reconnu parmi le commun des gens, c'est ceci : le puissant est celui qui fait s'il le veut et qui ne fait pas s'il ne le veut pas - non pas celui qui à la fois veut faire et veut ne pas faire; en effet, il y a beaucoup de choses à propos desquelles ces gens-là disent que jamais le Créateur ne les veut ni ne les fait tout en ayant puissance sur elles (par exemple, commettre injustice). Or la condition porte non sur le syllogisme de proposition attributive mais sur le syllogisme de proposition conditionnelle, à savoir que le Créateur fait s'il le veut et ne fait pas s'il ne le veut pas. La vérité de la proposition conditionnelle ne consiste point en ce que ses deux termes soit vrais, car il se peut que tous deux soient faux. Il en est ainsi quand on dit: « Si l'homme volait, il se meuvrait dans l'air. »

Ce jugement est vrai, mais son antécédent et son conséquent sont faux. Il se peut aussi que l'antécédent soit faux et que le conséquent soit vrai; par exemple on dira: « Si l'homme était oiseau, il serait animal ». Par conséquent, notre discours: « S'il ne veut pas, il ne fait pas» ne nécessite point que « ne veut pas» soit vrai, afin que « ne fait pas» soit vrai. [Car] il se peut qu'il veuille et fasse, et que ce soit juste; en effet, s'il ne voulait pas et s'il convenait qu'il ne voulût pas, il ne ferait pas; et s'il voulait et s'il convenait qu'il voulût, il ferait. Par conséquent, l'Être nécessaire fait s'Il le veut et ne fait pas s'Il ne le veut pas; l'un et l'autre sont vrais en étant [jugement] conditionnel.

Si quelqu'un dit: « S'il ne veut pas exprime le futur et l'état de ce qui sera après un temps ; et il n'est pas concevable que l'Être nécessaire ait nouvelle volonté, surtout d'après les principes énoncés plus haut », nous lui répondrons de deux manières : 1) cette question repose sur le fait que l'antécédent [du jugement] conditionnel n'est pas vraie et ne peut pas l'être (ce à quoi l'on déjà répondu) ; 2) c'est que nous employons ici au sens figuré les termes si, ne veut pas, n'a pas voulu ; et voici comment il fallait dire: « Tout ce dont Il est le voulant existe, et tout ce dont Il n'est pas voulant n'est pas de ce qui procède de Lui ; et la chose dont Il est le voulant existerait [même] s'il ne convenait pas qu'Il fût le voulant; la chose dont Il est le non-voulant n'existerait pas même s'il fallait qu'il voulût. C'est en ce sens qu'on dit que la chose est puissante. Le puissant n'est pas celui qui tantôt fait tantôt ne fait pas, tantôt veut tantôt ne veut pas ».

D'après tout cela, il devient évident que Sa puissance est identique à Sa science par rapport aux choses, et qu'en Son essence science et puissance ne sont pas deux [choses différentes].


Ibn Sīnā (Avicenne) - Le Livre de Science - Métaphysique, pp.206-207
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