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Le chant des sirènes - Quaerendo Invenietis [entries|archive|friends|userinfo]
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Le chant des sirènes [17e juin. 2011|12:57 pm]
RacReciR

dpal kun tu bzang po la phyag 'tshal lo
དཔལ་ཀུན་ཏུ་བཟང་པོ་ལ་ཕྱག་འཚལ་ལོ

Un défaut courant de la méditation s'appelle désir.
Je ne parle pas des désirs grossiers qui demeurent mais que l'observateur arrive à voir, parfois à contrôler et, toujours, à s'en amuser.
C'est d'un désir beaucoup plus subtil dont je souffre. Celui de trouver ma compagnie désirable. En sus du désir, il est aussi source d'orgueil - ce contentement de soi. Et ces poisons sont alimentés de façon subtile.
Le chant des sirènes.
Je parle de cet état mental où tout s'arrête. Les objets, les gens continuent leur train train quotidien mais, l'observateur est immobile. Il observe tout mais ne suit rien.
C'est alors qu'il lui arrive, assez souvent je dois le reconnaître, de s'adresser à lui-même.
Parfois il attire l'attention vers un détail du phénomène en train de se manifester. C'est aussi souvent la réalisation de phénomènes physiques ou psychiques internes.
L'observateur sait que la voix qu'il entend est celle du mental. Il observe cette voix en train de former, la pensée s'élaborer puis les mots venir habiller cette pensée. Le sentiment, l'émotion, l'affect sont alors le reflet de la conscience mentale sur les différents plans physiques de plus en plus grossiers.
Le désir de l'observateur de s'identifier à ce processus est très grand. Il ne s'agit pas d'imaginer qu'il y a autre chose que l'apparition de phénomènes suivie de l'imputation du mental. Ceci est bien observé comme dépourvu d'existence inhérente.
C'est la roue "apparition-imputation-pensée discursive" qui va donc automatiquement projeter des hypothèses sur l'observation en train de se dérouler.
Quand l'observateur se tait, il est plus aisément en mesure de réaliser que le temps n'existe pas. Que l'apparition et la dispersion des phénomènes sont continues et qu'il n'est nul besoin d'accorder une quelconque importance à cela puisque cela impliquerait de s'inscrire dans un cadre temporel tout au moins.
L'Observateur sait, sans qu'il n'y ait besoin de mots pour se le représenter d'aucune manière, que le cadre temporel est une cage conceptuelle. La pensée y est enfermée. C'est l'univers qui favorise son épanouissement. Il n'y a rien à redire à cela, les textes expliquent clairement comment faire le meilleur usage de cette pensée en vue d'être bénéfique aux autres formes de pensée.
Le désir de cette cage temporelle est ancré depuis toujours par définition. C'est ce désir qui en scelle les barreaux. Il ne sert donc à rien de les secouer en espérant démonter l'illusion. Cet effort est voué à demeurer vain.
La cage reste où elle est, elle enferme le temps.
Il y a aussi le désir d'observer, c'est l'observateur qui vient de me le souffler. C'est ce désir qui cimente la croyance en l'existence intrinsèque d'un "soi".

Il est impossible de s'affranchir du désir par la pensée. Elle l'induit forcément par la création du temps et de l'espace qui lui permettent de se développer. C'est ainsi, il n'y a pas à s'en formaliser. C'est le Monde du Désir.
Avec le temps, se développe l'espace auquel succède la lumière, la matière puis la pensée.
La pensée induit le désir de vivre.
Vivre n'est cependant qu'une pensée qui s'exprime par un simple mot mais qui est tellement ancré dans le Monde du Désir !

L'Observateur se joue de tout cela.
Ce sont des outils mis à la disposition du prisonnier pour remplir sa mission. S'évader en montrant le chemin aux autres.
L'Observateur voit tous les autres en effet. Il ne les identifie pas. Il ne s'y identifie pas non plus. Il sait (le mot est impropre mais on est du côté où les mots comptent). Dans le meilleur des cas, le singe qui pense ne perçoit qu'une partie tronquée par ses récepteurs sensoriels et filtrée par son cerveau. Vous parlez donc d'un sacré entonnoir ! Pas étonnant que ça mette des kalpas pour s'écouler.

L'Observateur sait et il n'y a jamais aucun mot, aucune pensée, aucun concept qui vienne troubler la Vue.
Il n'y a rien. La Vue observe la vue et l'univers se déroule comme des reflets se déployant entre les faces de miroirs parallèles. Avec les limites inhérentes à toute métaphore puisqu'il n'y a pas de miroir.
L'Observateur sait qu'il n'a pas d'existence inhérente et il s'en fiche éperdument !

Pas l'ombre d'un désir (effacer cette phrase qui induit le désir de temps et de pensée).

Puisse toutes les pensées être observées et transformées en un grand éclat de rire silencieux.

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