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Par ici le chocolat [7e déc. 2013|09:54 pm]
RacReciR
[Humeur |amusedamused]

idée sur la philosophie de l'usage des machines et des technologies en général : servir l'humain ou l'asservir ?
A développer abondamment.
Comment se fait-il que dans notre société dite civilisée, la machine ait pris le pas sur l'homme ?
Tous les critères d'évaluation de la bonne santé de la société sont basés sur des éléments tirés de la finance : quel bénéfice (à court terme ?), quel prix ? Y a-til moins cher ailleurs ? Combien de temps pour l'avoir ? A-t-il un emploi ? Un revenu garanti ? Des cautions ? Comment gère-t-il ses mots de passe ?
Tous ces éléments sont aujourd'hui connus de la machine. Les différents systèmes de suivis individuels mis en place par les services de renseignement mais aussi par les grands acteurs du net permettent tous de faire du tracking assez fin des individus : Google, Apple, Microsoft, Cisco, Tomtom, Amazon, ebay, Paypal, etc. Tous ces gens vivent d'une façon ou d'une autre des informations personnelles que nous consentons à diffuser par commodité : pour servir le système.
C'est plus pratique de saisir mon identifiant une fois pour toutes et d'être reconnu comme un bon client dès l'accueil du magasin, fût-il virtuel. C'est peut-être encore plus critique dans le monde virtuel où la fidélité à un magasin virtuel n’est pas du même tonneau : elle est virtuelle. Les grandes marques, Google, Apple, Amazon, l'ont bien compris et vous incitent vivement à vous identifier pour bénéficier de services adaptés à la connaissance que l'on a de vous. Il faut donc impérativement que les utilisateurs consentent de façon illimitée dans l'espace et le temps à ce que l'on utilise les données qu'ils fournissent comme devant servir à mieux cerner leurs besoins.

Sauf qu'aujourd'hui, il n'est pas possible de qualifier de façon émotionnelle, la régularité qui sera détectée par le système.
Le système sait que je fréquente tel magasin et en déduit que j'aime telle ou telle chose… qu'il me propose spontanément. En fonction du modèle qu'il s'est construit de moi. Et à aucun moment vous n'avez donné votre accord pour servir la machine.
C'est même plutôt le contraire le plan d'origine. Automatiser les tâches répétitives et laisser aux humains celles qui requièrent une expertise émotionnelle et qui ne sont donc pas automatisables.

La machine c'est tout compte fait, un amas de tôle et nous n'avons aucun raison d'exiger d'un tas de tôle qu'il se soucie de sentiment ou d'une quelconque émotion. C'est le privilège du vivant de rationaliser, a posteriori donc, des émotions qui dans le temps ont vu leur naissance apparaître à des millions de cycles que compte un ordinateur.
Comment voulez-vous qu'un tas de tôle réalise que l'action qu'il voit se manifester est le fruit d'une pensée qui a émergé dans le cortex visuel, il y a 600ms ? C'est impensable pour un ordinateur !
Quelle que soit donc l'intelligence dont ces machines seront dotées et je ne suis pas ignorant en la matière, il n'est pas raisonnable d'en attendre des comportements, des actions amenant des résultats tangibles dans le monde réel.
Celui de tous les jours, pas le monde virtuel. Faire 4% d'économie, c'est diminuer une case dans un tableur. Ça peut être celle des coûts, des délais ou des frais de personnel. Et, soudain, ce chiffre n'a plus beaucoup de sens lié à la réalité du quotidien.
Qu'est-ce qu'on a à faire de savoir que les chinois fabriquent beaucoup moins cher, plus vite et sans avoir beaucoup d'exigences sur les droits des travailleurs ou leurs conditions de travail ?! C'est loin la Chine. La Tunisie, le Maroc ou même nos banlieues sont des endroits ou le bien individuel n'est manifestement pas la priorité des priorités ! Ou alors il y a un bug ! Mais je ne crois pas. La diffusion anarchique des technologies numériques mises en place par des gens compétents mais asservis aux ordres d'une génération qui ne maîtrise pas l'effet démultiplicateur de l'informatique...ou ne voit que la possibilité de tout mettre en chiffre.

Le cacao pour eux, ce n'est pas le fruit d'un arbre qui a mis 10 ans à murir, a dû être traité, soigné, arrosé. Pendant tout ce temps.
Qu'il a ensuite failli cueillir la cabosse, en extraire les fèves, les faire sécher au soleil pendant des jours entiers, les retourner régulièrement, vérifier l'hygrométrie, etc. Du vrai travail ! La transformation du réel. Pas un chiffre dans un tableau !
Du sang et des larmes.
Il faut ensuite torréfier les fèves et cela nécessite une compétence assez rare pour réussir un bon chocolat. Le choix des essences et la torréfaction sont les conditions principales d'obtention d'un bon chocolat.
Mais nous sommes en France. Tout le monde aime le chocolat et connaît un bon chocolatier pour en avoir du bon.
Sinon c'est les grandes marques et c'est un niveau ou deux en dessous. Parfois de bonnes surprises mais ça ne dure pas longtemps. Il y a forcément un moment où la fabrication est optimisée. Sur des critères qui ne relèvent pas forcément du goût.
Le système modifie donc les paramètres et dégrade le goût, non mesurable, par un élément qui peut l'être. La quantité, le temps, le mélange, le poids, la température. Que sais-je ?
Le chocolat sera moins bon mais ça le système ne le goûtera jamais. La machine ne concevra jamais aucune émotion liée à la saveur de ces fèves torréfiées qui ont parcouru tant de distance et de temps avant de fondre dans un palais raffiné.
Aucune machine ne disputera d'ailleurs jamais le concours du meilleur chocolatier !
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